4 janvier 2016

Un brin de flexibilité et d’attention


Illustration : Emanuela [Paduraru], infographiste 

The limbs of a newborn
are soft and supple.
The limbs of a corpse
are stiff and rigid.
Trees and plants begin
as pliant sprouts
but finish dry and brittle.

Therefore the stubborn inflexible person
is a follower of death;
While the tender and yielding person
is a follower of life.

The ability to adapt will nurture life.
The ability to bend, while remaining rooted,
will accomplish what is needed.

The Tao Te Ching, Chapter 76 – trans. William Martin

Article intégral : Have a Flexible New Year http://www.taoistliving.com/

[Les membres d'un nouveau-né
sont doux et souples.
Les membres d'un cadavre
sont durs et rigides.
Les arbres et les plantes sont
des pousses flexibles 
qui finissent par sécher et casser.

Par conséquent, l’individu inflexible
est un partisan de la mort;
Tandis que l’individu tendre et conciliant
est un partisan de la vie.

La capacité d'adaptation permettra d’entretenir la vie.
La capacité de plier, tout en restant enraciné,
permettra d'accomplir ce qui est nécessaire.]

~~~

Pourquoi manquons-nous de temps?
Jacob Needleman, philosophe 

La technologie n'est pas en soi la cause de notre problème de temps. Son influence sur notre vie est une conséquence et non une cause – le résultat d'un processus invisible d'accélération qui se déroule en nous, dans notre être intérieur. Même si l’on accuse la technologie (comme la messagerie électronique) et sa tyrannique communication instantanée; ou l'informatisation menant à la mentalisation de tant d'activités humaines qui avant nécessitaient au moins une certaine présence physique; ou les innombrables transformations de la vie humaine suscitées par les nouvelles technologies, l’essentiel du problème vient de ce que nous appelons le «progrès» qui a fait en sorte que les humains ont de moins en moins besoin d’exercer leur attention dans leurs activités, ou pour gérer leur vie.

L'attention, méconnue de la science moderne, est une faculté centrale et indispensable à l’espèce humaine, et, sous divers symboles elle a été au coeur de tous les grands enseignements spirituels du monde.

Le progrès technologique, avec toutes les promesses matérielles qu'il offre au monde (ainsi que ses dangers, bien sûr) a mené notre civilisation, qui ne savait pas ce qu'elle faisait, à placer la satisfaction du désir au-dessus du développement de l'être. Le sens profond derrière les règles de conduite et les principes moraux du passé – dont plusieurs furent abandonnés sans qu’on tienne compte de leur ancrage dans la nature humaine – impliquait le développement du pouvoir de l'attention et la connaissance de son action sur le corps, le coeur et l'esprit. Être présent, réellement présent, c’est pratiquer l'attention consciente. Cette capacité est la clé de ce que signifie être un humain.

Par conséquent, ce n'est pas la rapidité des changements comme tel qui est à l’origine de notre problème de temps, mais le fait métaphysique que la présence consciente de l'homme est en diminution. Dans le monde entier, tout comme en soi-même, le temps est en train de disparaître parce que nous avons cessé d’habiter consciemment notre vie, d’exercer notre attention consciente quand nous vaquons à nos occupations.

http://www.awakin.org

«Si vous êtes totalement attentif dans la nature, elle vous parle. Si vous avez déjà ressenti en forêt une profonde nostalgie, ou un sentiment d’émerveillement ou d’appartenance à quelque chose de plus vaste, c’est que la nature vous parlait. Elle nous relie à l’intemporel, à ce qui nous dépasse.» (J.N.)

~~~

Transistors
Louis-Jean Cormier

On court vers le vide
Se remplir le cœur
Des jours stupides
Des bulldozers dans le journal

On court vers le vide
Se remplir le corps
Des pluies acides
Des transistors qui nous avalent
On se fait mal c’est à croire qu’on se sent bien à bout de souffle
Un pied sur le bord du gouffre
Et l’autre qui devine ce qui s’en vient

On court vers le vide
Se remplir les poches
D’argent liquide
Et d’idées croches qui mènent le bal
On se fait mal c’est à croire qu’on se sent bien à bout de souffle
Un pied sur le bord du gouffre
Et l’autre qui devine ce qui s’en vient

(Album Le treizième étage)

~~~

Pensée du jour :

Je me demande si les Chinois sont déçus (ou fiers) quand ils achètent un souvenir du Québec et découvrent qu’il a été fabriqué en Chine...!

Photo : Jacques Nadeau, Le Devoir

Aucun commentaire:

Publier un commentaire