22 août 2017

Êtes-vous de gauche ou de droite?

Beaucoup de discussions autour des «appellations contrôlées» de gauche et de droite.

Quand un chien grogne et montre les dents ou quand il bouge joyeusement la queue en vous voyant, vous savez à quoi vous attendre. Les animaux humains, prétendument supérieurs et plus futés, utilisent plutôt les mots pour s'exprimer. Or le langage est un outil efficace pour camoufler ses véritables sentiments et intentions. Les actes des animaux humains sont de ce fait extrêmement imprévisibles.

Comme disait le sage Albert Schweitzer :
CE QUE VOUS FAITES PARLE PLUS FORT QUE CE QUE VOUS DITES  

«On ne peut pas dire la vérité à la télévision : trop de monde regardent.»
(Coluche) - valable pour Twitter, Facebook, Instagram...

Collage : Expenses par Joe Webb http://www.joewebbart.com/

Parenthèse

Comptons la multitude de morts derrière les coulisses du pouvoir, et cessons de «vénérer» des animaux humains (aussi imparfaits que vous et moi, sinon carrément ignobles) qui, éventuellement, finiront par tomber de leur piédestal à la lumière des «faits» avérés de l'histoire.

Le 19 août dernier, le gouvernement fédéral rendait hommage aux soldats qui ont participé au débarquement de Dieppe.

      En 1942, les Alliés préparent un débarquement à Dieppe en France. Les dirigeants canadiens et britanniques assument le leadership de l’opération. La majorité des troupes provient de la deuxième division canadienne. Dès juin 1942, les soldats sélectionnés subissent un entraînement intensif. En juillet, le plan stratégique est revu pour prendre le nom d’Opération Jubilee. 
      Le raid sur Dieppe démarre le 18 août par l’embarquement de 10 000 hommes. Au large de l’Angleterre, or ils doivent engager le combat avec des navires allemands. L’effet de surprise est perdu. Au matin du 19 août, les troupes allemandes sont en état d’alerte maximum pour repousser le débarquement. Le bilan est désastreux : 3 627 Canadiens sont tués, blessés ou faits prisonniers. La forteresse de Dieppe reste au main des Allemands. 
      Le fiasco du débarquement de Dieppe a longtemps été présenté comme un sacrifice nécessaire pour la réalisation ultérieure du débarquement de Normandie. Cette interprétation est propagée rapidement à partir de 1944 pour justifier le massacre des soldats canadiens. Des historiens dénoncent maintenant ce point de vue pour présenter le débarquement de Dieppe comme une opération bâclée n’ayant servi qu’à alimenter les ambitions personnelles de certains dirigeants militaires.  

Fin de la parenthèse 

~~~

Les mots ont le sens qu’on leur donne, alors, que signifient extrême droite et extrême gauche? Voici quelques définitions intéressantes.

Extrait d’une entrevue de La Presse canadienne avec David Morin, professeur à l’Université de Sherbrooke et codirecteur de l’observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent.

Source : ICI Radio-Canada Info, 19 août 2017

[...]
Qu'est-ce que l'extrême droite?

D. M. : L'extrême droite renvoie à un courant idéologique qui est clairement positionné à droite, qui a souvent un discours contre-révolutionnaire et donc très conservateur, qui est très centré sur les valeurs nationales et qui va aussi avoir une espèce de nostalgie du passé et un discours souvent exclusif, donc pas très porté sur l'inclusion des autres.

Historiquement, elle renvoie aux pires heures de l'Europe. Aujourd'hui, elle a quand même évolué, parce qu'on a une extrême droite qui est devenue beaucoup plus légaliste et qui essaie de ne pas se faire appeler extrême droite. Le meilleur exemple, c'est la France, le Front national. Aujourd'hui, Marine Le Pen refuse le qualificatif d'extrême droite.

À partir de quand peut-on, de façon objective, dire d'un groupe qu'il fait partie de l'extrême droite?

D. M. : Il faut le regarder au cas par cas [...] mais je vous dirais que vous avez peut-être trois grandes catégories. Vous avez l'extrême droite qui s'assume, qui va tenir parfois des discours haineux ouvertement ou plus ou moins ouvertement et même des discours incitant carrément à la violence.

Vous avez une extrême droite plus légaliste, donc on assume les principaux thèmes de l'extrême droite, mais on fait attention à ne pas paraître raciste.

Et puis vous avez un troisième mouvement, qui est probablement le plus important actuellement, qui est un mouvement plus populiste, nationaliste identitaire, avec un peu de conservatisme, pas forcément du conservatisme partisan, mais du conservatisme politique.

Si on va dans l'autre sens complètement, le président américain Donald Trump a récemment parlé de l'«alt-left» comme contraire à la soi-disant droite alternative. Est-ce que l'extrême gauche est aussi présente?

D. M. : On est dans la cour de récréation à savoir qui a jeté le caillou en premier. Je pense que quand le président Trump fait ça, il essaie évidemment de renvoyer dos à dos deux idéologies pour finalement non pas légitimer, mais moins discréditer l'idéologie d'extrême droite aux États-Unis, qui correspond à une bonne partie de son électorat.

Je veux bien qu'on rejette de manière globale toutes les formes de violence [...], mais renvoyer ces deux idéologies dos à dos me pose problème, notamment parce qu'historiquement, l'extrême gauche, malgré tous ses déboires, a quand même eu un discours […] beaucoup plus inclusif qu'exclusif. Le discours d'extrême gauche ne rejette pas l'immigrant, ne rejette pas l'autre. Il rejette certaines formes de capitalisme, mais je le trouve plus porteur d'une cohésion sociale que d'une exclusion sociale.
[...]

D. M. (conclusion) : Ce qu'il faut éviter et absolument refuser, c'est que ce genre de discours-là [d'extrême droite] se normalise, devienne un discours banal, accepté, qu'on puisse avoir une espèce de racisme ordinaire qui s'installe tranquillement et qu'on trouve ça bien correct.
[...]

Article intégral :

18 août 2017

Les «choix» par défaut

Négocier avec Trump c’est comme lire la Convention d’utilisation d’un logiciel. À la fin vous devez tout ignorer et cliquer sur «J'accepte».


Quel est le pire en démocratie?
Que les citoyens doivent choisir, pour la fonction publique suprême, entre deux candidats qui sont poursuivis pour des faits avérés de détournement de fonds publics. (9 avril 2017)

«En fait on ne peut pas démissionner de la politique. Démissionner de la politique serait démissionner de notre humanité. Si cela a pu advenir dans l’histoire, ce ne fût toujours que par parenthèses, en des épisodes laissant de lourdes traînées de violence et de sang derrière eux. Nous ne pouvons pas démissionner de la politique parce que c’est lorsque nous pensons et visons collectivement un Bien Commun que nous vivons le plus humainement.» (5 mai 2017)

~ Pierre-Jean Dessertine
Professeur de philosophie; auteur de Pourquoi l'homme épuise-t-il sa planète?    

14 août 2017

«Tradition masculiniste» non biodégradable

En 2017, on pousse encore les jeunes garçons américains à valoriser ce qui est interprété comme typiquement masculin – héros violents, armes à feu, sports, etc. Pleurer, démontrer de l’affection et de la compassion sont des attitudes féminines proscrites car c’est faire preuve de faiblesse.
   Le lavage de cerveau commence en très bas-âge. Avec le temps, les adolescents peuvent s’enliser dans un cycle infernal de racisme, d’homophobie et de misogynie, dont découlent les actes de violence. Encore une fois, l’éducation parentale, puis sociale, y contribue largement. L’administration Trump, dont les membres sont de parfaits prototypes de cette mentalité ‘breitbartiste’ passée date, ne fait qu’envenimer les choses. Méchant cul-de-sac.

Une jeune animatrice qui maquillait des enfants à un pique-nique, retrace l’origine du problème en quelques tweets. Pas de papillon bleu pour le jeune garçon; plutôt une tête de mort – le choix plus viril de sa mère.


Sanduhruh‏ @boguspress
Twitter - August 12, 2017

Hey everyone I'm a clown and I just got back from facepainting at a picnic and here's my take on male violence in America:

It starts young. And it's more than just letting boys play with guns, it's how we shame them for feeling anything that isn't anger.

A 4yo boy asked me to paint a blue butterfly on his face. Then his mom told me "no, he doesn't want that."

"Butterflies are beautiful, he said that's what he wants, shouldn't I paint what he wants?" "No give him something for boys"

She turns to dad, a big guy in a jersey, and says accusingly, "Do you want your son to have a butterfly on his face?" He says "No."

Which, cool, let's bring your husbands masculinity into it too. Because your 4yo kid needs to know that his father would be ashamed too.

I really tried you guys, but this woman was so scared of her son wanting a butterfly she made me paint a skull and crossbones on his cheek.

When I finished the skull I said to kiddo "You want a little blue butterfly too?" He nods. Mom interrupts "You didn't ask me."

I say in my kindest fuck you voice "Oh I'm sorry, I thought this was for HIM." "I'm his MOTHER. You need to ask me." She says.

"SORRY." I say and wave good bye to the kid. And I am. I'm sorry that he is not allowed to love something as miraculous and beautiful as a butterfly.

I'm sorry that he was shamed for wanting to share in the joy that is the miracle and wonder of nature.

I see this all the time. And I really feel for these boys, because the girls don't get it as bad. Being a tomboy is slightly more normalized.

And when girls want skulls or sharks the parents shrug and laugh like "haha she's a kooky kid!" Because maleness and masculinity isn't a sin.

But when a boy want to enjoy something for its beauty, they are told it's not for them. Not in this house. Not in this family.

We are teaching them that anger & violence r the only things they are allowed to experience. That to value beauty & elegance is shameful.

I know that it was just facepaint, but that's sort of my point. Why in the hell are these parents shaming their boys over FACEPAINT.

Honestly don't even get me started on the balloons.

So the next time you are incredulous about how the govt could shut down our national parks, or build the pipeline, or nuke the planet...

Think about what this four year old boy asked for (butterfly) and what he got (a skull and crossbones).

Epilogue: the mom complained to my boss.

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D’autres symboles (moins KKK/Skinhead que la tête de mort) que la mère du bambin de 4 ans aurait pu apprécier : cowboy, arme à feu et rodéo – il ne manque que l’indissociable puits de pétrole : 


COMMENTAIRE  

À mon point de vue, les Américains savent très bien que leur suprématie décline, et ils en sont terrifiés. C’est pourquoi ils bombent le torse, négligent toute saine diplomatie et organisent des rallies de Suprématie Blanche. Ils me font penser au moribond qui se révolte violemment contre sa propre mort, alors que s’il l’acceptait, le passage se ferait plus harmonieusement.

Les super puissances atteignent leur apogée puis elles chutent, les unes après les autres.

«Nous nous considérons comme des individus virils, des personnages à la Clint Eastwood, sûrs d’eux et capables de prendre des décisions en faisant fi des pressions du groupe. ... Les groupes sociaux peuvent se toiser et prendre des poses agressives, menacer, s’allier et parfois lutter jusqu’à la mort sinistre et sanglante. Le dogme du moment déclare avec emphase que la créature qui se bat seule, ou qui aide occasionnellement ses proches, est celle dont les efforts commandent les moteurs de l’évolution. ... Les plus grandes fautes humaines ne sont pas celles que les individus font en privé, ces petites transgressions d’une norme sociale fixée arbitrairement que nous appelons péchés. Les fautes suprêmes sont les meurtres collectifs perpétrés au cours des révolutions et des guerres, les sauvageries à grande échelle qui surviennent lorsqu’un groupe d’êtres humains essaie de dominer l’autre : les actes du groupe social.
   Sous le stoïcisme viril, l’indépendance hautaine, la dignité et l’assurance d’un leader se cache un chaudron bouillonnant d’insécurité. ... Il s’agit d’une mascarade conçue pour augmenter l’impression d’importance, de magnificence et de force. ... Mais sous le masque de l’indépendance, même les leaders les plus redoutables sont vulnérables à l’opinion des autres. Les hommes de pouvoir se parent d’une attitude distante assez réussie pour tromper jusqu’aux experts en psychologie. Pourtant, le succès de leur comédie  cause notre perte, en nous imposant une fausse idée d’autosuffisance et en nous imprégnant de culpabilité face à notre dépendance au superorganisme.»

~ Howard Bloom (Le principe de Lucifer, Une expédition Scientifique dans les forces de l'Histoire; Le jardin des Livres 2002)

13 août 2017

Les «faits» : une anomalie ... – suite

Dans le premier article il était question de maillage entre loi, justice, corruption, crime organisé et services de police, tel que décrit par Roger Jon Ellory dans son roman Les Anges de New York. Et je faisais un parallèle avec ce qui se passe chez nous. Drôle de coïncidence, un ex-enquêteur des Affaires internes du SPVM porte plainte pour racisme, harcèlement psychologique, abus du droit de gérance, vol de temps, traitements de faveur, règlements de comptes, etc.

Revenons aux «faits»...

   «Il est naturel de condenser et d’associer des éléments pour en faciliter le stockage dans notre cerveau. Puisque nous n'avons pas la capacité de capter chaque détail, nous choisissons ce que nous pouvons, bloquant les portions que nous n'aimons pas et acceptant celles qui corroborent notre version de ce qui se passe. Bien qu'efficace, cette pratique nous laisse vulnérables aux angles morts. Avec le stress, la mémoire devient encore moins fiable. Au fil du temps nous trions et jetons ce qui semble impertinent pour faire de la place à des données  additionnelles. En fin de compte, c'est un prodige si l’on arrive à se souvenir de quoi que ce soit. Ce que nous arrivons à préserver est sujet aux  interprétations erronées.
   Penser est un travail exigeant, c’est pourquoi on voit peu de gens qui le font.» 
~ Kinsey Millhone, private investigator (Mystery novels by Sue Grafton; U is for Undertow; 2009, p. 35)

Voici un sympathique guide de base pour évaluer notre propre niveau d’objectivité... et celui des autres.

Esprit Critique #1 – L’Objectivité

Mise en garde de l’auteur :
Je vous demande donc de douter de tout, d’avoir un esprit critique, même envers moi, même quand je n’utilise pas le conditionnel, même quand je ne dis pas à chaque fois «à mon avis». Même quand le subjectomètre* est au minimum ça ne veut pas dire que c’est vrai à 100%. Parce que rien n’est jamais vrai à 100%. Ça voudra simplement dire que je trouve ça très très probable en l’état actuel de mes connaissances et jusqu’à preuve du contraire. J’aimerais bien répéter toute cette phrase à chaque fois que j’affirmerai quelque chose, mais vous comprendrez que pour des raisons pratiques c’est pas tellement faisable. Pour conclure, dans Esprit Critique il n’y aura aucune vérité objective car je n’ai pas vraiment la vocation de gourou. Je vous donnerai mon avis subjectif en vous disant d’où je pars en vous citant mes sources, et en essayant de vous présenter le plus honnêtement possible les autres façons de penser. Et puis qui sait, peut-être qu’un jour vous finirez par me considérer comme une source fiable. 

* La jauge en bas à droite est un "subjectomètre", indiquant le niveau de subjectivité de ce que je suis en train de raconter.   



En marge du «White Supremacist Rally» à Charlottesville en Virginie, je vous suggère l’épisode 4 d’Esprit Critique : «Nique ta race!».

Neo-nazis have applauded Donald Trump’s response to the violent clashes between white supremacists and anti-fascists which swept Charlottesville. The US President has refused to condemn the actions of the neo-Nazis, skinheads, and members of the Ku Klux Klan who descended on the Virginia city on Saturday yelling racial abuse, brandishing flaming torches, carrying assault rifles and wearing paramilitary clothing. (The Independent)


Mon opinion subjective : ces Néonazis et KKKistes sont des psychopathes, des brutes, des tarés d’une violence inouïe, au même titre que les djihadistes que la White House condamne pour actes terroristes. Pourquoi Trump ne parle-t-il pas d’acte terroriste dans ce cas-ci? Pour ne pas froisser une large part de ses électeurs?

Plus d’éducation, moins de racisme!
Tout dépend du genre d’éducation bien sûr. Impossible de compter sur la secrétaire à l’Éducation Betsy DeVos pour contrer le racisme, la misogynie, l’homophobie, etc., dont elle fait la promotion...

9 août 2017

«Qui se lèvera?»

Puisque c’était La Journée internationale des droits des peuples autochtones, voyons un exemple concret démontrant que ces droits ne sont pas respectés au Canada et aux États-Unis. La lutte contre l’oléoduc Keystone XL continue de défrayer les manchettes. C’est le genre de problème qu’on ne peut pas résoudre en étant «moitié-moitié», à la fois pour et contre. Or c’est l’attitude du gouvernement libéral. On ne peut pas réduire notre impact environnemental tout en continuant d’extraire des sables bitumineux et de les faire circuler d’ouest en est, du nord au sud et outre-mer. On ne peut pas prétendre respecter les Premières Nations tout en détruisant leurs terres ancestrales et en les expropriant des sites d’exploitation pétrolière, forestière et minière.

Justin Trudeau et des membres des Premières Nations. 

Photo: Ryan Remiorz, La Presse canadienne. Le 16 octobre 2013. Un jeune autochtone habitant la réserve de Fort Hope, en Ontario, photographié dans sa chambre. Après avoir visité pendant neuf jours des communautés autochtones dans six provinces, le rapporteur spécial de l’ONU, James Anaya, a dressé un portrait très sombre de la situation. Au Canada, «les peuples autochtones vivent dans des conditions comparables à celles des pays qui arrivent au plus bas dans ce classement et où la pauvreté abonde», a-t-il dit.

La notion de propriété privée est une illusion. Si quelqu’un se trouve sur le trajet d’un oléoduc, en vertu de la clause d’expropriation administrative pour cause d’utilité publique, il n’aura pas un mot à dire. Cette manœuvre est élastique et sert généralement des intérêts privés. Les promoteurs industriels ressemblent à des bandes d'hyènes.

Cette semaine, TransCanada défend, devant une Commission, le parcours de l’oléoduc Keystone XL au Nebraska. Des opposants présentent leurs objections. J’en ai écouté un bout  en direct sur CBC. C’est révoltant. En fait, c’est complètement inutile puisque personne ne les empêchera de faire à leur tête. Les cinq membres élus de la Commission comptent quatre républicains et un démocrate qui devront soit approuver ou rejeter le parcours d’ici le 23 novembre prochain. C’est du tout cuit!

CBC -- Opponents of the Keystone XL pipeline questioned its proposed pathway through Nebraska on Tuesday in hopes that state regulators will reject or reroute it, a decision that would create more delays for the 9-year-old project.
   But pipeline builder TransCanada defended its proposal to the Nebraska Public Service Commission, arguing that the company's "preferred route" makes the most sense and causes the least amount of disruption.
   The proposed pipeline faced another day of scrutiny in a hearing Wednesday before the Nebraska Public Service Commission, whose five members must decide whether the Keystone XL serves the public interest. Approving the project would allow TransCanada to gain access to holdout landowners' property using Nebraska's eminent domain laws.
   The 1,900-kilometre crude oil pipeline has faced relentless criticism from environmental groups, Native American tribes and a well-organized minority of Nebraska landowners who don't want the project cutting through their property. Business groups and some unions support the Keystone XL, saying it will provide jobs and property tax revenue for local governments.
   The Nebraska Public Service Commission must decide by Nov. 23 whether to approve or reject the project, based on evidence presented at hearings that could continue through Friday. The elected commission is comprised of four Republicans and one Democrat.
   Outside the hearing, about 40 Native American tribe members and supporters gathered to protest the project. The tribes voiced concerns about the pipeline contaminating the state's groundwater.

Il se peut que le débat se poursuive vendredi :

~~~

Photo : Sunny 

Neal Young est un ardent adversaire de l'oléoduc Keystone XL (qui part de l'Alberta pour rejoindre le Golfe du Mexique au Texas). Après avoir étudié l'impact environnemental des sables bitumineux à Fort McMurray, en Alberta, il a déclaré que la région ressemblait à Hiroshima au lendemain de sa destruction par la bombe atomique. Voulant s'impliquer davantage, Young a travaillé directement avec la Première Nation Athabasca Chipewyan. Pour attirer l'attention et s'exprimer publiquement sur cette question, il a organisé des concerts-bénéfices. En 2014, il a offert quatre concerts au Canada pour le mouvement Honor the Treaties, amassant des fonds pour la défense juridique des droits de la nation Athabasca Chipewyan. En 2015, Neal Young et Willie Nelson ont tenu un festival à Neligh, au Nebraska, appelé Harvest the Hope, pour conscientiser les gens sur l'impact de l'exploitation des sables bitumineux et des oléoducs sur les populations Amérindiennes et les familles d’agriculteurs. Les chanteurs ont été honorés par les leaders des nations Rosebud, Lakota Oglala, Ponca et Omaha.

Young a dû faire face à la critique des représentants de l'industrie pétrolière canadienne qui affirmaient que ses déclarations étaient irresponsables. Son opposition à la construction d'oléoducs a influencé sa musique. Les chansons «Who’s Going to Stand Up?» et «Ban fossil fuel and draw the line / Before we build one more pipeline» en sont des exemples.

Je vous propose celle-ci.


Who's Gonna Stand Up?

Protect the wild, tomorrow's child
Protect the land from the greed of man
Take out the dams, stand up to oil
Protect the plants and renew the soil

Who's gonna stand up and save the Earth?
Who's gonna say that she's had enough?
Who's gonna take on the big machine?
Who's gonna stand up and save the Earth?
This all starts with you and me

End fossil fuel, draw the line
Before we build one more pipeline
End fracking now, let's save the water
And build a life for our sons and daughters

Who's gonna stand up and save the Earth?
Who's gonna say that she's had enough?
Who's gonna take on the big machine?
Who's gonna stand up and save the Earth?
This all starts with you and me

Damn the dams, save the rivers
Starve the takers and feed the givers
Let's build the green and save the world
We're the people known as EARTH

Who's gonna stand up and save the Earth?
Who's gonna say that she's had enough?
Who's gonna take on the big machine?
Who's gonna stand up and save the Earth?
This all starts with you and me

8 août 2017

J.I. du Chat


L’incontournable Journée internationale du chat (1). J’en profite pour tourner le dos à la laideur et ce soir je voguerai sur le net pour admirer ces créatures d’une beauté incomparable. Sourires et rires garantis. Et, l'on sait que "rire est la meilleure façon de montrer les dents au destin"

[Les photos ci-jointes sont tirées de diaporamas n’indiquant pas le nom des photographes malheureusement.]


«Le chat, comme le chien, sait que l'homme est un être qui sait ouvrir les portes, et il sait aussi comment il faut s'y prendre pour décider l'homme à les ouvrir. C'est un commencement de conversation. L'intelligence des animaux, dégagée de la légende et des mauvaises observations, est bien intéressante à étudier. Elle aide singulièrement à mieux comprendre le mécanisme de l'intelligence des hommes. À mon avis, toute bonne psychologie humaine doit commencer par la psychologie animale. M. Georges Bohn a osé faire des études sur la psychologie des actinies, humbles animaux marins, plus connus sous le nom d'anémones de mer. Cela a donné des résultats étonnants : dès qu'il y a vie, il y a choix; il y a des rudiments de volonté. Tout le monde devrait savoir observer un animal domestique et prendre plaisir aux lueurs d'intelligence qui se manifestent dans ses actes.» ~ Rémy De Gourmont, 1858-1915 (Les chats)


ODE AU CHAT
Pablo Neruda

Au commencement
les animaux furent imparfaits
longs de queue,
et tristes de tête.

Peu à peu ils évoluèrent
se firent paysage
s’attribuèrent mille choses,
grains de beauté, grâce, vol...
Le chat
seul le chat
quand il apparut
était complet, orgueilleux.
parfaitement fini dès la naissance
marchant seul
et sachant ce qu’il voulait.

L’homme se rêve poisson ou oiseau
le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l’ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu’être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d’or.

Il n’y a pas d’unité
comme lui ni lune ni fleur dans sa texture :
il est une chose en soi
comme le soleil ou la topaze
et la ligne élastique de son contour
ferme et subtil
est comme la ligne de proue d’un navire.
Ses yeux jaunes
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit.

Ô petit empereur
sans univers
conquistador sans patrie
minuscule tigre de salon,
nuptial sultan du ciel
des tuiles érotiques
tu réclames le vent de l’amour
dans l’intempérie
quand tu passes
tu poses quatre pieds délicats
sur le sol
reniflant
te méfiant de tout ce qui est terrestre
car tout est immonde
pour le pied immaculé du chat.

Oh fauve altier de la maison,
arrogant vestige de la nuit
paresseux, gymnaste, étranger
chat
profondissime chat
police secrète de la maison
insigne d’un velours disparu
évidemment  
il n’y a aucune énigme  
en toi :
peut-être que tu n’es pas mystérieux du tout
qu’on te connaît bien
et que tu appartiens à la caste la moins mystérieuse
peut-être qu’on se croit
maîtres, propriétaires,
oncles de chats,
compagnons, collègues
disciples ou ami
de son chat.

Moi non.
Je ne souscris pas.
Je ne connais pas le chat.
J’ai sais tout de la vie et de son archipel
la mer et la ville incalculable
la botanique  
la luxure des gynécées
le plus et le moins des mathématiques
le monde englouti des volcans
l’écorce irréelle du crocodile
la bonté ignorée du pompier
l’atavisme bleu du sacerdoce
mais je ne peux déchiffrer un chat.

Ma raison glisse sur son indifférence
ses yeux sont en chiffres d’or.

Dans Navegaciones y regresos. Buenos Aires, Éditoriale Losada, 1959

Si vous aimez Neruda voilà un site très bien documenté : 
http://pablo-neruda-france.blogspot.ca/


LE CHAT ET LE SOLEIL
Maurice Carême

Le chat ouvrit les yeux
le soleil y entra
le chat ferma les yeux
le soleil y resta

Voilà pourquoi le soir
quand le chat se réveille
j'aperçois dans le noir
deux morceaux de soleil

L'Arlequin

 


 




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Illustrations Erica Read, Dear Janit Letters http://www.dearjanit.com/ :

Speaking 

Dirty protest 

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(1) La journée internationale du chat a été créée en 2002 à l'initiative du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW en anglais, pour International Fund for Animal Welfare) dans le but d'encourager aussi bien les propriétaires de chats que les passionnés des félins à les célébrer et à en prendre soin. À cette occasion, les organisations de protection et d'accueil des chats devraient proposer l'adoption de chats (en général stérilisés afin d'éviter leur prolifération). Les adorateurs de chats en profitent pour échanger des photos de leurs compagnons félins sur les réseaux sociaux. C'est aussi le moment privilégié où des internautes commentent ou postent des vidéos de chats comiques, parfois étonnantes, ainsi que des lolcats.
   Le Musée du cinéma de New York (New York's Museum of the Moving Image) a déjà organisé une exposition consacrée au phénomène : «How Cats Took Over The Internet», et depuis 2012, il existe un festival de vidéos (Internet Cat Video Festival). Source : Wikipédia.

6 août 2017

À quand l’extinction des chevaux sauvages?

Bientôt l’événement le plus ignoble du 375e de Montréal – le NomadFest Rodéo Urbain (fin août). Intolérable. Seules les villes les plus barbares et rétrogrades offrent encore des spectacles où l’on brutalise des animaux pour divertir le public.
IL N’EXISTE AUCUNE FAÇON ÉTHIQUE DE BRUTALISER.
Vous pouvez exprimer votre désaccord en signant la pétition, même si la Ville n’a pas annulé l’événement : http://www.nonaurodeo.com/

Photo : François Vincent http://sfvincent.fr

«Tout au début de la Genèse, il est écrit que Dieu a créé l'homme pour qu'il règne sur les oiseaux, les poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme et pas par un cheval. Il n'est pas du tout certain que Dieu ait vraiment voulu que l'homme règne sur les autres créatures. Il est plus probable que l'homme a inventé Dieu pour sanctifier le pouvoir qu'il a usurpé sur la vache et le cheval. Oui, le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité toute entière soit unanimement d'accord, même pendant les guerres les plus sanglantes.
   Ce droit nous semble aller de soi parce que c'est nous qui nous trouvons au sommet de la hiérarchie. Mais il suffirait qu'un tiers s'immisce dans le jeu, par exemple un visiteur venu d'une autre planète dont le dieu aurait dit : ‘Tu règnerais sur les créatures de toutes les autres étoiles’ et toute l'évidence de la Genèse serait aussitôt remise en question. L'homme attelé à un charroi par un Martien, éventuellement grillé à la broche par un habitant de la Voie lactée, se rappellera peut-être alors la côtelette de veau, qu'il avait coutume de découper sur son assiette et présentera (trop tard) ses excuses à la vache.»

~ Milan Kundera 

 Photo : Pollyana FMS; Pollyana & Mesquita

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«Que l'on regarde en revanche la scélératesse révoltante avec laquelle notre populace chrétienne se comporte à l'égard des animaux; elle les tue vainement, et en riant, les mutile ou les torture; même à ceux d'entre eux qui la pourvoient immédiatement en nourriture, à savoir les chevaux, elle impose l'effort le plus extrême à l'âge adulte, pour en extraire la dernière moelle de leurs pauvres os jusqu'à ce qu'ils plient sous ses coups.
   Le plus grand bienfait des chemins de fer est qu'ils épargnent à des millions de chevaux de trait une existence misérable.
   On pourrait vraiment dire : les hommes sont les diables de la terre et les animaux les âmes tourmentées.»

~ Arthur Schopenhauer (1788-1860)

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Il est courant en Amérique, en Australie et ailleurs, d’abattre des mustangs à la carabine par hélicoptère, sous prétexte qu’ils représentent une nuisance pour l’environnement. En réalité, comme il y a des sécheresses et que les méga ranches (qui fournissent les usines à viande) s’accaparent des réserves d’eau, c’est évident que les chevaux sauvages en pâtissent. Or, l’impact environnemental de l’agrobusiness est mille fois supérieur à celui des chevaux sauvages. Parfois les grands propriétaires les tuent eux-mêmes en les empoisonnant. À l’automne 2016, le Bureau of Land Management (US BLM) prévoyait en abattre 45 000; mais les militants ont réussi à changer la donne. Entre 2013 et 2017, en Australie, c’est par dizaine de milliers qu’on les a exterminés.
   Quand il n’y aura plus de chevaux sauvages, allez, on trouvera d’autres espèces à exterminer... il en reste quelques-unes.
   Comme disait l’anthropologue Serge Bouchard, en 1999 : «Malgré tout ce que les gens disent, à long terme y’a pas de place pour les animaux sur terre avec nous. Malgré tout ce qu’on dit, y’a pas de place pour les arbres non plus. Y’a pas de place pour rien d’autre que nous, et ce que nous faisons, et ce que nous détruisons. L’être humain détruit, change, aménage, il humanise tout.» La cohabitation humains/animaux est de plus en plus problématique. Je suis parfois saisie d’un profond dégoût devant les comportements humains; la cohabitation avec des cannibales et des tueurs est beaucoup plus problématique.

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How wild horses of the West would die under Trump budget
USA Today Network | Reno Gazette-Journal Published | July 12, 2017
By Benjamin Spillman  

RENO — Wild horses, a living symbol of the wide-open West, could be killed in greater numbers under a budget proposal from President Trump.
   The proposal upsets wild horse advocates who prefer non-lethal management methods such as birth control.
   “America is not a horse-eating nation, horses are our partners in work and recreation,” said Suzanne Roy, executive director of the American Wild Horse Campaign.
Restrictions added in 1988, 2004 and 2010 prohibited destruction of healthy animals and sale of horses to companies that slaughter them for food, the proposal states. Removing the restrictions during the appropriations process would allow for the revival of the practice of selling wild horses for slaughter. “Congress should reject the BLM’s budget request to lift the ban on selling wild horses for slaughter and destroying healthy wild horses,” says Roy. [...]

While the ban essentially prevents horse slaughter in the U.S., people who wish to sell horses for meat can still sell to slaughterhouses in Mexico and Canada.


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No, the Federal Government Will Not Kill 45,000 Horses
Source: The New York Times
By Niraj Chokshisept
Sept. 15, 2016

The Bureau of Land Management used a helicopter to trap wild horses in Utah in 2015, though several escaped. It is costly to manage the animals, some critics say. Credit Jim Urquhart/Reuters.

Angry animal advocates can calm down: Tens of thousands of wild horses and donkeys will be spared the threat of an untimely death.
   The federal government said this week that it will not consider a suggestion to euthanize the animals or sell them to slaughter.
   The pronouncement, issued by the Bureau of Land Management, followed a public outcry over an advisory board’s recommendation on Friday that the agency kill or sell all of the 45,000 horses and donkeys in its custody that cannot be adopted.
   In a statement and blog post in response, the Humane Society of the United States described the recommendation as “unhinged advice,” “a complete abdication of responsibility,” and “a sort of ‘Final Solution’. ”
   An online petition has collected more than 118,000 signatures so far.
   But a spokesman for the bureau made clear in an interview that it had no plans to act on the advice.
   “We’re making no change in our current policy,” the spokesman, Tom Gorey, said on Thursday. “We’re not going to sell to slaughter or put down healthy horses.”


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3,600 wild horses shot down in mass aerial killing in northern Australia
Source:  express.co.uk | March 22 2017
By Vincent Wood and Maria Ortega

Rangers have shot down roughly 20 per cent of the wild animals of Kakadu Park, a Unesco world heritage site in the Australian Northern Territory, because the animals could cause ‘damage’ to the region.

Reader comment – Louie C March 23, 2017
“Damage” to the region? What about URANIUM?

Radioactive acid spill in Australian national park
By Michael Slezak / December 9, 2013

Pollution in paradise
Home to many indigenous Australians and unique wildlife, Kakadu National Park is a UNESCO World Heritage Site and also where much of Crocodile Dundee was filmed. The Ranger mine is not technically part of the park, but is completely surrounded by it.
   Energy Resources Australia, which runs the mine, says there has been “no impact to the environment” because the spill was contained with the mine site. A spokesperson for the government’s Supervising Scientist Division said a thorough investigation has confirmed the leak did not escape the site. But environmental groups are not satisfied.
   The Australian Greens party has called for the mine to be shut down. “Lines on a map do not protect Kakadu from the impact of the toxic uranium mine,” says Scott Ludlam, its spokesperson on nuclear issues.
   The mine’s lease expires in 2021.


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Opponents of wild horse cull in the Kimberley say some have been left to die slowly
Source: ABC News | 5 Nov 2013
By Caitlyn Gribbin

Ça me fend le coeur. 

Opponents of a cull of thousands of wild horses in Western Australia say they have evidence the animals are not being killed humanely.
   Over the past week, more than 7,000 brumbies have been shot dead in the remote East Kimberley, using rifles fired from mustering helicopters. “You have two people in a small mustering helicopter and the shooter has a high-calibre semi-automatic weapon. My major concern is when they shoot the mares, the foals that are left there have no way of surviving, they die slowly, it's pretty terrible.” Vet admits some horses are still alive after being shot.


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Les Cahiers antispécistes | Anima, animus, animal

Carol J. Adams (writer, feminist and animal rights activist)

[...] Les idées que l'on se fait de la nature humaine exagèrent les différences et minimisent les similarités entre les autres animaux et nous-mêmes. Nous parlons des animaux comme si nous n'en étions pas nous-mêmes. Ceci permet aux humains dans les seuls États-Unis d'emprisonner près de six milliards d'animaux dans des systèmes d'élevage intensif qui enfreignent leurs besoins physiques et comportementaux de base; de tolérer la mise à mort de trois animaux par seconde dans les laboratoires; d'acheter des vêtements en fourrure qui impliquent la souffrance et la mort d'au moins 70 millions d'animaux chaque année; de chasser et tuer 200 millions d'animaux chaque année pour le «sport»; et d'exhiber des millions d'animaux dans les cirques, les rodéos et les zoos, où ils endurent l'ennui, les mauvais traitements, le manque d'intimité et la privation de leur environnement naturel.

La littérature et la théorie féministes ont établi de façon répétée des parallèles entre les expériences des femmes et celles des autres animaux. Les animaux sont de la viande, des cobayes pour des expériences, et des corps objectifiés; les femmes sont traitées comme de la viande, comme des cobayes, et comme des corps objectifiés. Nous voyons des images pornographiques de «chasseurs de castors» qui «mettent la main sur» une femme, ou de femmes passées à travers un broyeur à viande. Des auteurs de violences conjugales ont forcé leurs victimes à assister à la mise à mort d'un animal favori. Des enfants victimes d'abus sexuels sont parfois menacés de la mort d'un animal familier pour assurer leur soumission. [...]

On accuse les droits des animaux d'être anti-humains. (Ceci rappelle l'accusation d'être «anti-hommes» portée contre les féministes.) Il est facile de séparer la question des droits des animaux des questions des droits des humains, pour se plaindre que nous nous préoccupons des animaux alors que des humains meurent de faim. Mais cette division est perpétuée par l'ignorance; car l'agriculture animale contribue grandement à la dévastation de l'environnement et à l'iniquité de la distribution de nourriture. Frances Moore Lappé a décrit comment la moitié de toute l'eau que consomment les États-Unis, qui est tirée en grande partie de ressources non renouvelables, est utilisée pour arroser des récoltes servant à nourrir des animaux d'élevage. Plus de 50 % de la pollution de l'eau est due aux rejets de l'industrie de l'élevage (comprenant le fumier, la terre érodée et les pesticides et engrais synthétiques). La production de «viande» pèse aussi lourdement sur les sources d'énergie : les 500 calories d'énergie alimentaire que fournissent une livre de «bifteck» cuit demandent 20 000 calories de carburant fossile à produire. Certains environnementalistes argumentent que nos besoins d'importation de pétrole chuteraient de 40 % si nous adoptions un régime végétarien (à cause de l'énergie utilisée à produire la nourriture pour les animaux, à les maintenir vivants, à les tuer, et à traiter leurs corps). Les animaux d'élevage sont responsables de plus de 85 % de l'érosion de la couche fertile. [...]

De fait, c'est l'exploitation des animaux qui est anti-humaine. En posant la souffrance animale comme essentielle au progrès humain et en conceptualisant la moralité de façon à ce que cette souffrance soit déclarée non pertinente, on fait prévaloir une définition déformée de l'humanité. En plus de la dégradation de l'environnement, de nombreuses maladies humaines sont liées à la consommation alimentaire des animaux. [...] La recherche animale aujourd'hui gaspille des milliards de dollars des deniers publics, en fournissant des résultats trompeurs faute d'utiliser des modèles qui pourraient fournir les informations plus rapidement, de façon plus fiable, et pour un coût bien plus faible que ne le font les «modèles» animaux.

Les accusations portées contre les droits des animaux d'être ant-ihumains signifient en réalité : «Le mouvement des droits des animaux est contre ce que je suis en train de faire et par conséquent est contre moi.» Si les arguments pour les droits des animaux sont persuasifs, alors le changement personnel devient nécessaire. De même que pour le féminisme, si vous acceptez les arguments, les conséquences sont immédiates. Vous ne pouvez pas continuer à vivre comme vous avez vécu, car tout-à-coup vous comprenez votre complicité avec une quantité immense d'exploitation. Ceci peut mettre très mal à l'aise si vous aimez manger ou porter les animaux morts, ou si vous acceptez les prémisses de l'expérimentation animale. [...]

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Autre chapitre des horribles histoires des Pays-d’en-Bas :

SPCA de Montréal | 4 août, à 16:30
UN AUTRE INCIDENT DE CALÈCHE DANS LE VIEUX-QUÉBEC
Effrayés par des bruits soudains et la présence de touristes, d’automobiles, d’autobus et de véhicules d’urgence bruyants au centre-ville, les chevaux de calèche provoquent régulièrement des accidents, causant parfois des blessures à leurs passagers ainsi qu’à des piétons.

SPCA de Montréal | 25 juillet, à 07:41
Dans le but de maintenir l’industrie des calèches, la Ville de Montréal a mis en place une formation en matière de «service à la clientèle» destinée aux cochers et ne tente nullement d’améliorer le bien-être des chevaux ni la sécurité des passagers et des piétons qui risquent d’être blessés lors d’accidents impliquant des calèches. En soutenant cette industrie archaïque et cruelle, Montréal continue de mettre en danger les chevaux et les citoyens. Ensemble, rappelons au Maire Coderre que les chevaux n’ont pas leur place au centre-ville de Montréal :

À bas les CALÈCHES (bis) et le RODÉO du 375e MTL