20 octobre 2017

Mélimélo urbain

Ah, les élections municipales, nous y sommes.

Les fusions municipales furent initiées par le gouvernement de Lucien Bouchard en 2000. Elles continuent de contrarier plusieurs maires et mairesses. Le système fait en sorte que dans certaines grandes municipalités, chaque arrondissement a son propre maire et conseil d’administration. Cependant, les membres d'un conseil d'arrondissement doivent siéger à deux conseils, soit celui de la municipalité et celui de l'arrondissement... Montréal compte une vingtaine d’arrondissements : l’art de se compliquer la vie et de susciter des chicanes de balcons. Brrr.

Journée de smog léger (j’ai vu pire) à Montréal, qui aurait bien besoin de respirer avec plus de verdure et d’arbres. Mais M. Coderre, le maire sortant à la fois de Montréal et de l'arrondissement Ville-Marie, préfère les parcs à condos, les tours en béton, les pistes de courses et les stades de baseball. Hé! Les bouchons de circulation quotidiens aux heures de pointe sont de plus en plus intenses et longs.

Mais qu’est-ce qu’une grande ville? Voici la réponse.

Petits et grands kaléidoscopes
Marie-Noëlle Agniau

Extrait

[...] Mais la ville, cette ville, est d’abord de l’ordre de l’usage. Elle est un lieu qui signale notre activité humaine et par elle la satisfaction de nos besoins vitaux et sociaux. Nous voilà des hommes et des femmes affairés. Occupés, préoccupés. À l’image du Businessman planté sur sa planète (la quatrième) dans Le Petit Prince. Nous comptons, mesurons : temps et espace et choses. Chaque acte est comme orienté par une fin utile. Du connu au connu. Aller à la pharmacie, faire ses courses, aller à l’école, au bureau, au travail etc. La ville est le lieu de la «vita activa». À rebours, elle est aussi un «non lieu» : celui des laissés-pour-compte qui n’ont qu’un souci, une seule activité : survivre, autant dire ne pas mourir de faim et de froid. La ville, elle-même issue du travail et de l’intelligence des facultés humaines, est le lieu perpétuel des antithèses. Son système est mobile tout comme les chantiers qui ne cessent de la métamorphoser et d’étager en elle sa propre histoire : depuis la domestication de l’espace jusqu’au besoin de rationaliser les échanges et les pouvoirs, la ville s’organise comme circulation de flux (qu’ils soient objectifs ou subjectifs) mais aussi circulation dans les oppositions qui la traversent et la fabriquent. Nulle liste d’ailleurs n’est possible ou alors je vous mets au défi de les sérier toutes. Ou bien, à mieux comprendre la genèse d’une ville, on peut encore regarder un western mythique. Cela dit, si la ville fut (et est encore) une sorte de conquête (plus ou moins violente et plus ou moins légitime) sur des forces multiples de résistance (la nature, le climat, les matériaux, les organisations déjà en place, les hommes, les cités extérieures), elle incarne aussi ce qui fixe et solidifie ces oppositions : l’ancien et le moderne, le sacré et le profane, le centre et le faubourg, le riche et le pauvre, la raison et la passion, l’esprit et le corps, la vie et la mort, l’horizontal et le vertical, le superficiel et le profond, le propre et le sale, l’un et le multiple, ici et là-bas, le même et l’autre, le présent et le passé, le légal et l’illégal, le jour et la nuit, l’entrée et la sortie, l’actif et le contemplatif, l’ordre et le désordre, le vélo et la voiture, l’intérieur et l’extérieur, la sphère privée et la sphère publique, la destruction et la construction, le réel et l’idéal, l’individu et la foule, le connu et l’inconnu, le beau et le laid, etc. Je veux bien vous laisser une petite place pour continuer cette liste ou même changer de point de vue la prochaine fois que vous irez en ville. Villes tentaculaires!

La ville est le visible : elle rend visible ce même système d’oppositions, construites et déconstruites, comme elle sait le rendre invisible ou le plus inaccessible possible. Du visible, certaines «choses» ne doivent précisément pas être vues. La ville invente en tous sens les marges, les périphéries, les souterrains, précisément parce que ces mêmes oppositions traduisent une échelle de valeurs : un bien et un mal, un bon et un mauvais. Précisément parce que la ville est humaine, trop humaine, peut-être : en elle le carnaval est perpétuel. Le centre-ville est parfois un leurre. La «tristesse» des grandes zones industrielles nous laisse sans voix. Ville(s) dans la ville. Elles sont innombrables.

Ville proprement intersubjective : chacun y invente sa trajectoire. Mais où donc courez-vous, quand je vous vois si pressés? Les trajectoires se perdent, finissent par se perdre, anonymes, indifférentes et pourtant, à un moment donné ou à un autre, sous le regard de quelqu’un. Renversons notre constat : la ville en fait ne cesse de fuir. Elle témoigne sans cesse de ce qui se présente et de ce qui s’absente. La ville ne cesse pas de se faire et de se défaire sous nos yeux. En nous, elle s’imagine comme image : affective, singulière, collective, historique, littéraire, cinématographique. Etc. Et comme nous sommes à la fois les présents et les absents, nous ne la voyons pas toujours. ...

Méditations du temps présent
La philosophie à l’épreuve du quotidien 2
L’Harmattan, 2008

15 octobre 2017

Drôles de prix Nobel

@Twittakine Je ne sais pas pour vous, mais je trouve qu’il se perd beaucoup de temps en recherches scientifiques ridicules, et d’argent quand elles sont subventionnées. Mais, rien ne se perd, selon Ig Nobel.

Le prix Ig Nobel est une version parodique du prix Nobel officiel. Le but est de «récompenser des recherches qui font d’abord rire les gens, et réfléchir ensuite». Les prix sont également utilisés pour souligner que même si les recherches paraissent absurdes, elles peuvent apporter des connaissances utiles. Les lauréats sont tous volontaires pour recevoir le prix et aucun ne l'a refusé excepté Volkswagen en 2016.

L'Ig Nobel est organisé par un magazine scientifique humoristique Annals of Improbable Research (AIR); les recherches sont présentées lors d'une cérémonie au Sanders Theater de l'université Harvard. Ensuite, une série de conférences publiques est offerte par les lauréats au Massachusetts Institute of Technology.

Prix décernés en 2017

Physique : au physicien français Marc-Antoine Fardin, pour son étude sur les chats, afin de déterminer s'ils sont liquides et solides.


Les chats qui semblent se mouler parfaitement à l’intérieur de vases et d’éviers ont inspiré cette question au chercheur : est-ce qu’un chat peut être à la fois un solide et un liquide? Selon lui, les chats semblaient le modèle tout indiqué pour mieux étudier la mécanique des fluides. Il a donc exploré la capacité des chats d’épouser une forme comme du liquide. Il a utilisé ce qu'on appelle le nombre de Deborah pour aller au fond de la question. Le nombre est basé sur l'idée qu’avec suffisamment de temps, tout devient fluide... même les chats!

Obstétrique : à une équipe espagnole pour déterminer si les foetus écoutent mieux la musique diffusée par le ventre ou par le vagin et au docteur Marisa López-Teijón pour avoir créé un appareil (Babypod) destiné à diffuser de la musique par le vagin.

Paix : à une équipe suisse, canadienne et hollandaise qui a démontré que jouer du didgeridoo permet aux personnes souffrant d'apnée obstructive du sommeil d'améliorer leur état.

Anatomie : au médecin britannique James Healthcote pour sa recherche sur la taille croissante des oreilles avec l’âge. 


Pour son étude, publiée en 1995 dans le British Medical Journal, le médecin a mesuré l’oreille gauche de 206 patients âgés de 30 à 93 ans et constaté qu’elles s’allongeaient de 2 mm par année. Le papier n’en spécifiait pas la raison, seulement que même si le reste du corps semble cesser de croître, les oreilles continuent de grandir. Chez les femmes aussi, mais puisque les oreilles des hommes sont plus visibles à cause de la calvitie, on tend à le remarquer davantage.

Médecine : à une équipe française de neurosciences pour leurs études sur les structures cérébrales impliquées dans l’aversion à certains fromages (roquefort, parmesan, tomme, cheddar et chèvre)

Nutrition : à l'équipe dirigée par Enrico Bernard (département de zoologie de l’Université du Pernambouc, Recife, Brésil) pour une étude montrant que les chauves-souris vampires se nourrissent de sang humain.

Biologie : à une équipe formée d'un Japonais, d'un Brésilien et d'un Suisse pour avoir démontré l'existence d'un pénis chez le représentant femelle d'un insecte et d'un vagin chez son représentant mâle.

Cognition : à une équipe de psychologues italiens de l’Université de Rome qui ont démontré que les jumeaux homozygotes ne savaient pas distinguer leur propre visage de celui de leur frère.

Résumé : Wikipédia

Photo : Paul  J. Richards AFP

En 2014, le prix en neurosciences a été attribué à une équipe de l'Université de Toronto qui a examiné ce qui se passe dans le cerveau des personnes qui voient le visage de Jésus dans des choses comme une tranche de pain grillé. Ils ont découvert que la reconnaissance des formes est programmée (hardwired) chez les gens. Le scientifique Kang Lee a déclaré lors de l'événement diffusé sur le site web Annals of Improbable Research : «vous êtes tout à fait normal si vous voyez des visages qui n’existent pas dans les objets du quotidien».

Site officiel, vidéo de la cérémonie 2017 :

11 octobre 2017

«Dieu» approuve la guerre contre la Nature

L’administration Trump prétend être guidée par la main de Dieu, ce qui signifie qu’une force divine influence leurs décisions et fait en sorte que l’ordre social est géré par un pouvoir surnaturel. Oh boy!
   Toutefois, les décisions de la main invisible en matière d’environnement portent à croire que Dieu déteste les Américains au point de les exterminer tous. Si le rejet du Clean Power Act Plan ne concernait que les Américains, on se dirait «bah, s’ils veulent se suicider collectivement, c’est leur choix», mais, c’est la planète en entier qui va en pâtir, à commencer par leurs voisins immédiats.

«Dieu est le seul être qui pour régner n’ait même pas besoin d’exister.»
~ Baudelaire

«Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui.»
~ Claude Lévi-Strauss


Cette délicate boule de plumes VIVANTE, l’hirondelle bicolore, pèse environ 20 grammes et mesure environ 15 centimètres. Elle n’a ni valeur ni poids dans la balance des exterminateurs Monsanto, les humains non plus d’ailleurs. Tapez Monsanto Papers dans votre moteur de recherche – l’un des composants du Roundup, le glyphosate, un cancérigène avéré, est tout partout, comme Dieu.

Au Canada, en 2012, il y avait plus d'espèces en diminution que d'espèces en progression. On estimait à 44 % le nombre d'espèces qui déclinaient au pays, tandis que 33 % étaient en augmentation. Parmi les oiseaux les plus touchés par une baisse de population, on retrouvait les oiseaux des prairies, les oiseaux de rivage migrateurs et les insectivores aériens. Tous ces groupes avaient diminué de 40 % en moyenne, et certaines espèces avaient vu leur population chuter de 90 %. Les insectivores aériens, ces oiseaux qui se nourrissent d'insectes en plein vol, sont en diminution constante depuis 1970. Leur déclin est plus important que chez toutes les autres espèces d'oiseaux. Les hirondelles et les moucherolles ont été sérieusement touchés par ce déclin dont les causes sont méconnues. Pour corriger cette situation de déclin, le Canada ne doit pas agir seul. La conservation des oiseaux est une responsabilité internationale. Les Canadiens doivent agir à l'échelle internationale pour obtenir du succès en matière de conservation, et être conscients du fait que nous partageons "nos" oiseaux avec de nombreux autres pays. Seulement 22 % des espèces d'oiseaux du Canada sont résidants à l'année. La plupart des autres espèces migrent à destination des États-Unis (33 %), de l'Amérique centrale, du Mexique et des Caraïbes (23 %) ou de l'Amérique du Sud (15 %). Certaines se dirigent vers l'Europe ou l'Asie ou séjournent pendant de longues périodes en mer (7 %).»

La Nature à l’Homme
Louise Ackermann  

Dans tout l’enivrement d’un orgueil sans mesure,
Ébloui des lueurs de ton esprit borné,
Homme, tu m’as crié : «Repose-toi, Nature!
Ton œuvre est close : je suis né!»

Quoi! lorsqu’elle a l’espace et le temps devant elle,
Quand la matière est là sous son doigt créateur,
Elle s’arrêterait, l’ouvrière immortelle,
Dans l’ivresse de son labeur?

Et c’est toi qui serais mes limites dernières?
L’atome humain pourrait entraver mon essor?
C’est à cet abrégé de toutes les misères
Qu’aurait tendu mon long effort?

Non, tu n’es pas mon but, non, tu n’es pas ma borne
A te franchir déjà je songe en te créant;
Je ne viens pas du fond de l’éternité morne.
Pour n’aboutir qu’à ton néant.

Ne me vois-tu donc pas, sans fatigue et sans trêve,
Remplir l’immensité des œuvres de mes mains?
Vers un terme inconnu, mon espoir et mon rêve,
M’élancer par mille chemins,

Appelant, tour à tour patiente ou pressée,
Et jusqu’en mes écarts poursuivant mon dessein,
A la forme, à la vie et même à la pensée
La matière éparse en mon sein?

J’aspire ! C’est mon cri, fatal, irrésistible.
Pour créer l’univers je n’eus qu’à le jeter;
L’atome s’en émut dans sa sphère invisible,
L’astre se mit à graviter.

L’éternel mouvement n’est que l’élan des choses
Vers l’idéal sacré qu’entrevoit mon désir;
Dans le cours ascendant de mes métamorphoses
Je le poursuis sans le saisir;

Je le demande aux cieux, à l’onde, à l’air fluide,
Aux éléments confus, aux soleils éclatants;
S’il m’échappe ou résiste à mon étreinte avide,
Je le prendrai des mains du Temps.

Quand j’entasse à la fois naissances, funérailles,
Quand je crée ou détruis avec acharnement,
Que fais-je donc, sinon préparer mes entrailles
Pour ce suprême enfantement?

Point d’arrêt à mes pas, point de trêve à ma tâche!
Toujours recommencer et toujours repartir.
Mais je n’engendre pas sans fin et sans relâche
Pour le plaisir d’anéantir.

J’ai déjà trop longtemps fait œuvre de marâtre,
J’ai trop enseveli, j’ai trop exterminé,
Moi qui ne suis au fond que la mère idolâtre
D’un seul enfant qui n’est pas né.

Quand donc pourrai-je enfin, émue et palpitante,
Après tant de travaux et tant d’essais ingrats,
A ce fils de mes vœux et de ma longue attente
Ouvrir éperdument les bras?

De toute éternité, certitude sublime!
Il est conçu ; mes flancs l’ont senti s’agiter.
L’amour qui couve en moi, l’amour que je comprime
N’attend que Lui pour éclater.

Qu’il apparaisse au jour, et, nourrice en délire,
Je laisse dans mon sein ses regards pénétrer.
– Mais un voile te cache. – Eh bien! je le déchire :
Me découvrir c’est me livrer.

Surprise dans ses jeux, la Force est asservie.
Il met les Lois au joug. À sa voix, à son gré,
Découvertes enfin, les sources de la Vie
Vont épancher leur flot sacré.

Dans son élan superbe Il t’échappe, ô Matière!
Fatalité, sa main rompt tes anneaux d’airain!
Et je verrai planer dans sa propre lumière
Un être libre et souverain.

Où serez-vous alors, vous qui venez de naître,
Ou qui naîtrez encore, ô multitude, essaim,
Qui, saisis tout à coup du vertige de l’être,
Sortiez en foule de mon sein?

Dans la mort, dans l’oubli. Sous leurs vagues obscures
Les âges vous auront confondus et roulés,
Ayant fait un berceau pour les races futures
De vos limons accumulés.

Toi-même qui te crois la couronne et le faîte
Du monument divin qui n’est point achevé,
Homme, qui n’es au fond que l’ébauche imparfaite
Du chef-d’œuvre que j’ai rêvé,

A ton tour, à ton heure, if faut que tu périsses.
Ah! ton orgueil a beau s’indigner et souffrir,
Tu ne seras jamais dans mes mains créatrices
Que de l’argile à repétrir.

Nice, novembre 1867 (Poésies Philosophiques)


Vous aimerez peut-être :

7 octobre 2017

La nature est généreuse avec ses bourreaux

La Terre doit avoir le syndrome de Stockholm. Malgré tout ce qu’on lui fait subir, elle trouve le moyen de nous offrir beautés, couleurs et saveurs. En cette fin de semaine de l’Action de grâce, je pense qu’on peut lui exprimer notre profonde gratitude, lui dire un GROS MERCI, ainsi qu’aux maraîchers qui cultivent avec amour et respect -- il y en a qui ne sont pas sous l'emprise de Monsanto...

Les marchés publics : une bénédiction! 
  


Des ruelles vertes 
  

Un terrain vague transformé en ruelle comestible

«Quand les gens se rendent compte que les fruits et légumes de la ruelle sont pour tout le monde, ils sont soulagés, car ils se sont déjà servis», explique David-Alexandre Boutin, qui a supervisé le projet de transformation de la ruelle qui se situe entre le Maxi Masson et le jardin communautaire Basile-Patenaude à Montréal, dans l'arrondissement de Rosemont La Petite-Patrie.

La ruelle est un projet de réhabilitation d’un terrain, vague depuis plusieurs années, qui a reçu l’appui de l’arrondissement. «On a un champ de maïs au coeur de notre quartier. C’est libre-service et verdi de A à Z par des bénévoles», souligne David-Alexandre Boutin. On y a planté 150 arbres fruitiers, du maïs, des champignons, des plantes pour attirer les abeilles. L’objectif est autant de nourrir les gens que de les informer. Cette ruelle est située dans l’un des quartiers les plus défavorisés de Rosemont La Petite-Patrie.

4 octobre 2017

L'avenir des enfants...

Pour imiter les propos d’un célèbre président américain (qui ne fut malheureusement pas un modèle à suivre) : ‘demandez-vous ce que vous pouvez faire pour vos enfants, non pas ce qu’ils pourront faire pour vous quand vous serez au CHSLD’. Que leur laisserez-vous en héritage, mis à part des gadgets et des jeux électroniques abrutissants?

Citation officielle : “My fellow Americans, ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country.” ~ John F. Kennedy]

Humains, réveillez-vous! Regardez au-delà de l'illusion... 

Les enfants à venir…
Patrice Cosnuau

Dites-moi, professeurs et maîtres de savoir,
Patentés et laïcs, jongleurs fous de programmes,
Êtes-vous ignorants du complot qui se trame
Contre l’humanité de l’homme et son pouvoir?

Quelles valeurs et qualités font notre gloire?
Les paravents du siècle ont jaspé nos neurones
Mais le coeur se grisaille : en ces cités atones
Se crache une douleur sans espoir ni mémoire,

Violente et creusant nos puits d’intolérance.
Dites bien aux enfants le lieu de leur naissance :
La Terre... Ils sauront tôt – n’en déplaise aux pillards –
Qu’un si rare berceau peut devenir tombeau;
Les enfants à venir seront privés d’oiseaux
Si l’on n’arrête pas cette ignoble fanfare...


Pendant que certains détruisent, d’autres reconstruisent et pansent les plaies.  

Les enfants de l’avenir présentés dans «Les pépites»
André Lavoie – Collaborateur
Le Devoir | 28 avril 2017

Des humains de cœur

Beaucoup a été dit, écrit et filmé sur les horreurs perpétrées par les Khmers rouges qui ont mis le Cambodge à feu et à sang. Mais que sont devenus les survivants de ce massacre, et leur progéniture? À sa manière, le documentariste Xavier de Lauzanne en fournit une réponse bouleversante, mais pleine d’espoir, dans Les pépites.
   Cet espoir s’incarne dans le couple formé de Christian et Marie-France des Pallières, un tandem hors du commun, passionné de voyages au bout du monde (avec leurs quatre enfants dans une caravane !), de musique (ils furent l’équivalent français de la famille von Trapp) et empreint d’un humanisme inspirant. Bref, ils n’ont rien fait comme les autres, une singularité que Christian (décédé le 24 septembre 2016 à l’âge de 82 ans) explique par le triste spectacle du château familial en flammes avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, alors qu’il était enfant. De cela, il a appris la précarité des choses et l’urgence de vivre. [...]


LES PÉPITES Bande Annonce (Documentaire - 2016)



Inspiration


La résistance passive des Catalans : durant la grève du 3 octobre, des manifestants ont bloqué une autoroute; ils jouaient aux échecs. En tout cas, ils ont le sens de l'humour. Plus ça va, plus je les aime!
   L'appel à la grève générale lancé par des syndicats catalans a été massivement suivi et, selon la police municipale, 700 000 personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer la violence policière lors du référendum d'autodétermination tenu, dimanche, dans cette région autonome de l'Espagne. (ICI Radio-Canada Info)


L'Écosse bannit la fracturation hydraulique. Triple bravo!

30 septembre 2017

Retour à l’Éden!

Je suis tombée dans les pommes : déjà un mois que je me régale. C’est tellement formidable de croquer dans des pommes bios, non cirées, non irradiées, non génétiquement modifiées, sans glyphosate, etc.

En passant, j’ai réfrigéré mes pommes dans des sacs de papier brun au lieu de sacs ou contenants en plastique. Elles restent croquantes et se conservent pas mal plus longtemps. Grosse différence. Je teste avec d’autres fruits et légumes. J’ai hâte de voir le résultat.

Cueillette au Mont Saint-Hilaire

Photo : Terroir & saveurs du Québec

Quelques-unes des variétés de pommes Qualité Québec : Ginger Gold, Jerseymac, Sunrise, Wolf river, Délicieuse rouge, Belle d’août, Red Cort, Melba, Paulared, Lobo, McIntosh, Spartan, Empire, Cortland, Golden Russet, Honeycrisp, Royal Gala, etc. 

Le rouge-gorge

Le rouge-gorge est au verger;
Ah! qu'il est joli, le voleur;
Il ne pèse pas plus que plume
Et le vent le balance à son gré
Comme une fleur;
Ah! qu'il est joli, le voleur de prunes.

Oiseau, bel oiseau d'automne,
Voici l'oseille qui rougit
Dans l'herbe,
Et la feuille du poirier jaune;
Tout se couvre de pourpre et de vieil or superbe
Avant l'hiver gris.

~ Tristan Klingsor  

28 septembre 2017

VIVE LES CHEVAUX... LIBRES!



Ces magnifiques chevaux en liberté me faisaient penser aux Catalans.

D’une réflexion à l’autre, sur le thème de la liberté, je me demandais si, aujourd’hui, Charles de Gaulle clamerait haut et fort du haut d'une tribune à Barcelone :
«Vive la Catalogne. Vive la Catalogne... liiiibre!» 

Photo : Josep Lago / Agence France-Presse. Une femme dépose des fleurs sur une voiture de la police catalane lors d'une manifestation pro-référendum, à Barcelone. 

Je souhaite de tout mon coeur que tout se déroule pacifiquement dimanche. Les quelques agressions isolées survenues ces derniers jours venaient de manifestants d’extrême droite anti-référendum. Depuis une semaine, les autorités ont multiplié les perquisitions et les menaces de sanctions. La Garde civile a saisi des millions de bulletins. Même si la population de la Catalogne est divisée sur l'indépendance, la majorité des habitants de cette région du nord-est de l'Espagne souhaite un référendum légal. Le ministère espagnol de l'Intérieur a affrété trois ferries pour loger les renforts policiers – deux à Barcelone et un à Tarragone – en prévision du référendum illégal du 1er octobre organisé par les dirigeants indépendantistes.

Peur et violence sont quasi inséparables : «Je dois dire un mot sur la peur. C'est le seul adversaire réel de la vie. Il n'y a que la peur qui puisse vaincre la vie. C'est une ennemie habile et perfide ... Elle n'a aucune décence, ne respecte ni lois ni conventions, ne manifeste aucune clémence.» (Yan Martel, L'histoire de Pi)

Si vous avez accès à la zone de tou.tv, je vous recommande chaudement le film du peintre et documentariste Alexandre Chartrand (non cadenassé dans l’Extra...).

L’auteur suit le processus d’autodétermination catalan depuis 2006. Un documentaire de grande beauté, sobre, humain, émouvant. On «ressent» l’amour qu’il éprouve envers les Catalans. Lors des manifestations, ils expriment leurs espoirs avec enthousiasme, mais sans hystérie ni débordement de colère, c’est plutôt joyeux. Les célébrations de la «Diada» des dernières années, sous la bannière de l’indépendance, ont parfois compté plus d’un million de personnes, et à ma connaissance, aucun incident violent n’a eu lieu.

Le peuple interdit (1/2) 

En 2014, un vote portant sur l’indépendance de la Catalogne a été déclaré nul par le Tribunal constitutionnel de l’Espagne. Ce documentaire nous transporte au cœur des plus grandes manifestations d’Europe et des activités de militants engagés défiant les interdictions pour exiger une démarche démocratique digne de leurs aspirations : la création d'un nouvel état européen.
Année de production : 2017
Date de diffusion : 22 septembre 2017
Production : Le Grand Imagier Inc.
Réalisateur : Alexandre Chartrand

~~~

Retour sur l’origine du conflit entre Madrid et la Catalogne

Pourquoi autant de tension autour du référendum en Catalogne?
Radio-Canada avec Agence France-Presse
Un texte de Ximena Sampson

Des milliers de Catalans descendent quotidiennement dans les rues de Barcelone pour défendre leur droit à l'autodétermination, tandis que leurs dirigeants et le gouvernement espagnol multiplient les bravades. Jusqu'où ira la confrontation? Et d'où viennent ces tensions?


~~~ 
 
Interview

Le documentariste québécois Alexandre Chartrand est aux premières loges de l'escalade des tensions entre Madrid et le gouvernement indépendantiste de la Catalogne, à quelques jours de la tenue d'un référendum sur l'autodétermination de la région. En attendant son prochain film, il fait part à Michel Désautels de ses observations et réflexions sur la situation qui règne en Espagne et qui semble se diriger vers une impasse.
Audiofil :

Site d’Alexandre Chartrand  https://chartrand.jimdo.com/
Sociofinancement :

24 septembre 2017

La mort des mots de passe

Nous sommes déjà soumis à la reconnaissance faciale (biométrie) puisque nous sommes filmés/surveillés partout à l’extérieur. Mais un jour il faudra sans doute fournir nos empreintes digitales comme de présumés assassins, un échantillon d’ADN, et porter une puce électronique comme les animaux. Tout ça au nom de la sécurité. La sécurité de qui et de quoi au juste?

Autrefois les esclaves portaient des chaînes, aujourd’hui ils portent des iPhones.

Face ID 

Les «révolutions» d'Apple rencontrent toujours des sceptiques en chemin. Ce 12 septembre, la toute dernière innovation de l'entreprise fondée par Steve Jobs, Face ID une technique de déverrouillage de l'iPhone X au moyen de la reconnaissance faciale, en a fait l'expérience. Dès la fin de la keynote, de nombreux internautes s'en sont ainsi donné à cœur joie pour imaginer sur Twitter les situations les plus loufoques qui pourraient naître de l'utilisation de Face ID. (HuffPost FR)
La vidéo est trop drôle :

Supposons que vous marchez dans la rue en textant et que vous vous pétez la face en tombant. Est-ce que votre iPhone X vous reconnaîtra (s’il n’est pas brisé!) avec un œil au beurre noir, le nez cassé et des égratignures? Hum...


Identification réussie :

Hitler et son Mac. Auteur inconnu (dommage, c’est astucieux à divers degrés d’entendement).

~~~

Reconnaissance faciale : pas si anodin. La reconnaissance faciale a été présentée comme la grande innovation du nouvel iPhone X. Catherine Mathys explique que ce n'est pourtant pas nouveau. Malgré les failles et les erreurs fréquentes, en Chine, on utilise déjà cette technologie pour poursuivre les piétons indisciplinés. En Russie, on l'utilise pour identifier des manifestants. Bientôt, un inconnu pourrait prendre une photo de vous à votre insu et en apprendre beaucoup sur vous.
Audiofil :

~~~

L’art de dévisager... Quand j’étais jeune, on nous demandait de ne pas dévisager les gens en public, c’était considéré impoli. Les temps ont changé! 

La reconnaissance faciale est une technologie très efficace qui est utilisée dans de nombreuses applications liées à la sécurité. Elle est un outil très fiable pour aider les forces de police à identifier des criminels, ou bien pour permettre aux services de douanes de vérifier l’identité des voyageurs. Utilisée dans des applications commerciales, elle permet de sécuriser des transactions en ligne. La reconnaissance faciale est sans contact et son utilisation ne nécessite aucun outil spécifique, ce qui en fait la solution idéale pour l’identification de personnes dans une foule ou dans des espaces publics.
   Le système tente-t-il de faire la distinction entre des sujets coopérants et non coopérants? Les sujets coopérants sont ceux qui autorisent volontairement que leur image faciale soit capturée. Les sujets non coopérants sont ceux dont le visage est capturé par des caméras de surveillance ou par des témoins utilisant leur Smartphone.
   Un logiciel de reconnaissance faciale installé sur un dispositif mobile (tel que Smartphone, tablette ou ordinateur) équipé d'une caméra, permet à un utilisateur d'accéder à un compte, et remplace ainsi l'utilisation d'un mot de passe pour s'authentifier. Cette technologie permet d'identifier des suspects. Pour le contrôle aux frontières, elle permet d'alléger les procédures tout en renforçant la sécurité. Un autre cas d'usage de la reconnaissance faciale est le contrôle d'accès à des sites sensibles. Dans le secteur commercial, les analystes adoptent cette technologie dans le but de recueillir des données démographiques stratégiques.
(Texte piqué sur le site d’un vendeur de technologies de reconnaissance dont je ne veux pas faire la publicité...)

~~~

Les inquiétudes de la vie privée

Même si elle est précise, la reconnaissance faciale soulève des problèmes importants sur la vie privée. Le principal souci est similaire aux bases de données ADN.
Les caractéristiques faciales et les photos sont stockées par des agences gouvernementales qui peuvent surveiller une personne n’importe où ce qui supprime le concept d’anonymat et de vie privée. Et de nouveaux problèmes de la vie privée continuent d’apparaitre. Une nouvelle application, FindFace, permet de prendre la photo d’une personne et d’utiliser la reconnaissance faciale pour trouver ses comptes de réseaux sociaux. Comme l’enfer est pavé de bonnes intentions, les développeurs estiment que c’est pour “mieux se connecter avec ses proches”, mais on peut l’utiliser pour révéler l’identité réelle derrière un pseudo ou harceler des personnes.
   On a également des utilisations abusives potentielles sur les images publiques. Quand la police publie la photo d’un enfant disparu, on n’a aucune législation qui encadre cette pratique. Et on ignore si ces images publiques sont utilisées par la reconnaissance faciale.
   Et on ne parle même pas de la combinaison de la reconnaissance faciale avec d’autres technologies telles que les scanners corporels de la police, les logiciels de géolocalisation ou le machine learning pour avoir une surveillance de masse en temps réel.
   Cela va bien au-delà de la simple identification, car la combinaison de ces technologies nous mène dans le royaume de la prédiction où on pourra prédire les comportements futurs d’une personne. Cela offre de nouvelles perspectives pour le combat contre le crime et approfondit les fissures de la vie privée.
   La technologie offre des outils puissants et la loi est souvent en retard pour gérer ces nouveaux développements. Mais si nous utilisons la reconnaissance faciale dans l’immigration et les forces de l’ordre, alors nous devons comprendre ses possibilités et ses abus avec les problèmes dans la précision, la vie privée et l’éthique.

Source : Comment fonctionne la reconnaissance faciale, et quels sont les risques qu’elle représente pour la vie privée? Jacqueline Charpentier, 5 avril 2017

Un brin d’humour pour les internautes encore à l’âge des mots de passe.

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements...
Changez souvent.

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements...
Ne les partagez pas avec vos amis.

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements...
Plus ils sont longs, mieux c’est.

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements...
Soyez mystérieux.

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements...
Ne laissez pas trainer les vôtres.

21 septembre 2017

Ballet de papillons

Je suis sortie très tôt ce matin. Ce qui m’a valu l’immense joie d’observer une farandole de monarques. Assise dans l’herbe au soleil je les ai regardés voler en silence. Des années que je n’avais pas vu un tel rassemblement. Peut-être que les campagnes de sensibilisation ont porté fruit, que les gens ont fait pousser de l’asclépiade dans leurs cours et qu’on n’a pas pulvérisé d’insecticides/pesticides sur les plants qui bordent les champs et les routes.

Mais leur sort dépend de tellement de facteurs, qu’il est difficile de prédire leur espérance de vie. Les monarques passent l’hiver au Mexique – comme beaucoup de Québécois! Or ce pays vit de très durs moments à bien des points de vue. Alors, on peut supposer et comprendre que la survie des monarques soit sans doute le dernier de leurs soucis...


Le monarque en voie de disparition?
Par Daphné Laurier Montpetit
Mission papillon

Le Comité sur la survie des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a publié la semaine dernière sa plus récente liste des espèces sauvages jugées en danger. Parmi la liste figure le monarque, que le Comité recommande de qualifier «en voie de disparition». Quel impact peut avoir cette nouvelle désignation sur la population de l’emblématique papillon? Nouvelle inquiétante ou source d’espoir?
[...]

Suite à la plus récente évaluation, le COSEPAC recommande de faire passer le statut du monarque de «préoccupante» à «en voie de disparition» au Canada, ce qui représente un saut important.

Plusieurs menaces pèsent sur le monarque : les pesticides, les changements climatiques, la destruction de leurs habitats de reproduction… Mais ce qui justifie ce drastique changement de statut, selon le comité, c’est la réduction continuelle de la taille des aires d’hivernage, au Mexique. En effet, les forêts de sapins oyamels ont connu une recrudescence de coupe illégale de bois, malgré les efforts de protection du gouvernement mexicain. Puisque toute la population migratrice de l’est de l’Amérique du Nord se retrouve à cet endroit durant l’hiver, la région est névralgique pour la survie du monarque.

Piedra Herrada, Mexique. Photo : Maxim Larivée 

Bonne ou mauvaise nouvelle?

Plusieurs sont attristés par ces recommandations, mais est-ce réellement une mauvaise nouvelle? La situation du papillon, qu’on savait déjà précaire, n’a pas empirée de ce fait. Même si le constat nous met face à une dure réalité, on peut y voir une source d’espoir.
[...]  

Une aide en marche

La bonne nouvelle, c’est qu’on n’a pas besoin d’attendre les procédures officielles pour donner un coup de main au monarque : Mission monarque est là pour ça! [...]  


Au revoir!

Alors que l’orangé des ailes de monarque est remplacé par celui des feuilles d’arbres, brandissons nos mouchoirs et souhaitons bonne chance à nos chers papillons! Depuis déjà quelques semaines, ces monarques que vous avez observés en fin d’été (peut-être même à l’étape de chenille), entreprennent le grand voyage vers les montagnes du centre du Mexique, où ils passeront l’hiver.

Une migration unique

Peu d’espèces peuvent se vanter d’un tel exploit. Parcourir 4000 km à coup d’ailes de papillons n’est pas une mince affaire. Comment les monarques surmontent-ils ce défi titanesque? Ils ont plus d’un tour dans leur sac!

Alors que les générations précédentes vivent environ un mois au stade d’adulte, les papillons de la génération migratrice, eux, peuvent vivre plus de neuf mois. Ils mettent en pause le développement de leurs organes reproducteurs, au moment de l’émergence (à la sortie de la chrysalide), et terminent le développement au printemps suivant. Cette pause permet aux papillons d’investir plus d’énergie dans l’accumulation de réserves pour la migration. Les papillons utilisent les grands vents des corridors migratoires pour se déplacer sur d’immenses distances. En cours de route, ils arrêtent lorsque les conditions ne sont pas favorables, ou lorsqu’ils arrivent à un grand point d’eau, où ils se ravitaillent en eau et en nectar. Année après année, les foules de papillons en migration sont observés sur les mêmes sites de repos, le long des grands lacs.

Comment savent-ils où arrêter? Qu’est-ce qui les guide  vers les aires d’hivernage que leurs arrière grands-parents avaient visité? Quels autres trucs utilisent-ils pour réussir un si grand voyage? Mystère! L’impressionnante migration des monarques, inimitée dans le monde, préserve son lot de secrets. Si les monarques disparaissent, la migration disparaît aussi, emportant avec elle les réponses aux questions que se posent de nombreux scientifiques.
[...]


MISSION MONARQUE

À chaque année, les citoyens sont invités à prendre part à la recherche de plants d’asclépiades, la plante essentielle à la survie des monarques, et à vérifier la présence de chenilles de monarques sur cette plante. Vous pouvez colliger les données dès l’apparition des asclépiades au printemps jusqu’au départ des monarques, à l’automne.

http://espacepourlavie.ca/actualites/le-blitz-mission-monarque-vous-connaissez  

Asclépiade 

Chenille monarque 

Belle-dame ou Monarque?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque

On l’appelle la belle-dame (vanessa cardui), et c’est l’espèce de papillon la plus répandue au monde. Au Canada, elle semble suivre un cycle : rare certaines années, elle revient en nombre d’autres étés. Cette année, les observations de cette espèce foisonnent. Avec ses ailes orangées, elle peut rappeler le monarque et tromper l’œil de plusieurs observateurs.

Savez-vous la différencier du monarque?

Des ressemblances…
Comme le monarque, la belle-dame appartient à la famille des nymphalidés. Il s’agit aussi d’une espèce migratrice qui, après avoir volé au Canada d’avril à octobre, migre vers le sud des États-Unis ou au Mexique pour l’hiver. On peut observer deux ou trois générations au cours de l’été.

… et des différences!
Si ses couleurs peuvent rappeler celles du monarque, les patrons affichés sur ses ailes sont bien différents. La belle-dame ne présente pas de nervures noires, comme celles du monarque, mais plutôt des taches brunes. Sur le revers de ses ailes postérieures, visible lorsque le papillon a les ailes fermées, on distingue quatre ocelles – taches rondes rappelant des yeux.

D’une envergure d’environ 6 cm, la belle-dame est aussi plus petite que le monarque, qui, peut atteindre jusqu’à 10 cm d’envergure. Le vol de la belle-dame est rapide et erratique, contrairement au flottement lent du monarque.

Vous avez vu des belles-dames?
À première vue, on peut facilement confondre les deux papillons orangés. Pour vous assurer de rapporter la bonne espèce de papillon, prenez des photos de vos trouvailles. Les clichés sont d’une grande aide pour confirmer les identifications. Fiez-vous aux fiches d’identification du monarque et à la fiche “À ne pas confondre” pour valider vos observations.

Pensez à rapporter vos observations de monarques sur le site de Mission monarque. Et s’il s’agit de belles-dames? Contribuez à la recherche sur les papillons, en rapportant vos observations sur le site iPapillon! Vos informations de connexion de Mission monarque fonctionnent aussi sur ce site.

Belle-dame

Monarque (photo André Sarrazin)