30 septembre 2014

Baby boomers, pouvez-vous encore?


Marre, marre, des horreurs. On peut se défouler et dépenser son trop plein d’énergie autrement qu’en agressant le monde. Quand on dansait le swing, le jitterbug ou le rock, on n’avait pas envie de se battre, on avait vraiment du fun et on gardait la forme! Pas mal plus sympa que la gym en plus…

Les tenues avaient leur importance… 

Jitterbug 

Swing, Boogie Woogie  

Rock & Roll : jupes amples, jacket de joueurs de baseball ou V-neck, loafers ou running shoes, et les p’tits bas blancs (yuck!). Coiffure : poneytail, bien sûr.

Allez, laissez-vous entraîner, bougez, même si les articulations craquent... C'est irrésistible.  
Boogie Woogie Twins

28 septembre 2014

La terre n’est pas cruelle

La terre n’est pas cruelle, ce sont les hommes qui le sont.

«Notre vie est un livre qui s’écrit tout seul. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l’auteur.» ~ Julien Green

Vivre dans l’Espagne catho-franquiste devait être hallucinant. Federico Garcia Lorca n’a malheureusement pas échappé aux moralisateurs politico-religieux de l’époque. Toujours la même question : pourquoi sommes-nous incapables de vivre et de laisser vivre?

Photo : Ralph Gibson

Aujourd'hui tremble en mon cœur
Un vague frisson d'étoiles
Et toutes les roses sont
Aussi blanches que ma peine.

(CHANSONS; Chanson d’automne)

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AUBE (août 1919, Grenade)

Mon pauvre coeur oppressé
Sent à l'approche de l'aube
La douleur de ses amours
Et le rêve des distances.
Le clair de l'aurore apporte
Des graines de nostalgie
Et la tristesse sans yeux
Du plus profond de mon âme
Le sépulcre de la nuit
Soulève son voile noir
Pour cacher avec le jour
L'immense voûte étoilée.

Que ferai-je en ces campagnes
À cueillir branches et nids
Environné par l'aurore
Et l'âme remplie de nuit!
Que ferai-je si tu gardes
Tes yeux morts à la lumière,
Si ma chair ne doit sentir
La chaleur de tes regards!

Ah, pourquoi t'ai-je perdue
Pour toujours en ce soir clair?
Aujourd'hui mon coeur est sec
Autant qu'une étoile éteinte.

Je cherche sur mon corps
la chaleur de tes lèvres.
[...]
J'ai le Non que tu m'offris
dans la paume de ma main.

(CHANSONS; Chansons de lune : Mort au petit matin

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Je regardais tes yeux,
Étant tout jeune et sage.
Et toi, tu m’effleuras
La bouche d’un baiser.

(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)

Mon cœur s’épanouit
Tel la fleur au soleil
Pétales de luxure
Étamines de rêve.

(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)

Chez moi je sanglotai
Comme un prince de fable
Pour la bergère d’or
Qui s’en fut des tournois.

(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)

Je m’éloignais de toi
(Je t’aimais en secret.)
J’ignore comment sont tes yeux
Tes mains ou bien ta chevelure,

Mais il me reste sur le front
Le papillon de ton baiser.

(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)

(Poésie de Federico Garcia Lorca)



Un hommage à Garcia Lorca, Soleil d’Espagne, performé par Richard Desjardins, Alexandre Da Costa et Alexandre Éthier – encore quelques représentations (en région) et une dernière à Montréal le 4 octobre. Calendrier/réservations :  
http://www.richarddesjardins.com/spectacles/evenements-speciaux.html

Soleil d'Espagne - Vies et poésies de Lorca

«C’est une rencontre entre Richard Desjardins porteur de la parole du poète Federico Garcia Lorca, le violoniste Alexandre Da Costa et le guitariste Alexandre Éthier. Ce concert spectacle est un hommage à l’œuvre de Lorca ainsi qu’à la musique espagnole des Albeniz, Manuel de Falla, Gaspar Sanz, Pablo Sarasate. Musicien en plus d’être écrivain, Lorca nous a légué un cycle d’une trentaine de chansons dont il a écrit la musique et les paroles. Vous serez plongé dans un monde de toréadors, de romances et de fierté et certainement émus par la poésie et la prose d’un grand poète assassiné par les franquistes en 1936.»

«Rien n’est plus vivant qu’un souvenir.» ~ Federico García Lorca

Le droit à la culture

«J'attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles: ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu'ils profitent de tous les fruits de l'esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l'état, à les transformer en esclaves d'une terrible organisation de la société.» 

Extrait du discours de Federico Garcia Lorca à la population de Fuentes Vaqueros (Grenade), en septembre 1931

26 septembre 2014

Comme une douce résurrection

Cette pièce de Zack Hemsey incite à visiter son jardin intérieur. La première fois que je l’ai entendue, je voyais un personnage recroquevillé émergeant de sa coquille avec lenteur pour finalement se tenir debout devant un horizon infini, comme une résurrection ou une ascension. Aujourd’hui je vois autre chose. Sa musique est parfois inconfortable parce qu’elle nous fait explorer des recoins de nous ignorés.

La musique modifie notre humeur et nos fonctions neuronales. Elle peut pacifier, stimuler la créativité, revitaliser, déranger (comme celle qu’on nous impose dans les espaces publics). Elle peut éveiller la nostalgie, faire éclore des émotions bien enfouies, nous faire voyager dans le temps et l’espace. C’est selon les besoins, les états d’âme et les prédispositions de chacun, et il n’y a pas de musique-recette. Personne ne réagit de la même manière à la musique, sans compter que le milieu culturel et l’éducation ont aussi leur influence…

Image : Omar Galliani 




Zack Hemsey - "The Zoo"; Album RONIN
http://www.zackhemsey.com/
https://www.youtube.com/user/ZackHemsey

24 septembre 2014

Ingéniosité architecturale écolo

Quand ça va très mal comme en ce moment, j’ai tendance à trouver nos petites préoccupations quotidiennes vraiment superficielles. Au point de ne plus savoir quoi publier.

J’essaie donc de trouver des projets "positifs", entre autres en architecture. Des initiatives moins énergivores, plus respectueuses de l’environnement, etc. Une hutte pourrait faire notre bonheur en Martinique, mais les latitudes nordiques nous contraignent à plus de protection vu les intempéries hivernales.


Voici une initiative intéressante. Il s’agit d’un refuge touristique, mais l’on pourrait facilement s’en servir comme résidence. Simple IS beautiful!

Pédaler son popcorn…

L'entreprise Les habitations Vertendre en Estrie offre des séjours dans des chalets débranchés du réseau d'électricité, mais sans sacrifier le confort.

Zoobox

Des panneaux solaires alimentent l'éclairage et le frigo, et un vélo stationnaire fait fonctionner la machine à popcorn (c’est parfait, on élimine les calories d’avance!). «Le vélo, c'est plus ludique qu'autre chose. Le concept sert avant tout à montrer comment on peut intégrer des pratiques plus énergétiques dans notre quotidien.» ~ Julien Lamarche, cofondateur de LaFabrique.

Chaque pied carré est utilisé au maximum. Par exemple, grâce à un système de poulies, le lit est suspendu au plafond le jour.

L’orientation du chalet, la fenestration abondante du côté sud, l'utilisation de matériaux récupérateurs de chaleur et le choix des électroménagers sont autant d'outils qui rendent ce chalet complètement indépendant de l’hydroélectricité.



https://levertendre.com/fr/location/zoobox/

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Les petites maisons ont la cote en ce moment.

The happy cheap house
http://www.treehugger.com/modular-design/happy-cheap-house-precisely.html



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A long brick house built around books
http://www.treehugger.com/interior-design/long-brick-house-built-around-books.html

Celle-ci ferait mon affaire, vu la quantité de livres hébergés dans mon espace. Mais le coût, peut-être pas…
 

23 septembre 2014

Il en reste… un peu


Derniers brins verts 

Si la vie est immédiate et verte au bord des étangs, pour la rejoindre, il nous faut d'abord rejoindre ce qui en nous est comme de l'eau, comme de l'air, comme du ciel. (Souveraineté du vide, coll. folio #2680, p. 53)

La promenade est un art amoureux, un art du tissage. Le mouvement des corps et celui des pensées, le fou rire d'un ruisseau et l'effarouchement des bêtes sous les buissons, tout va ensemble, tout fait une seule étoffe, entrelaçant l'air et le songe, le visible et l'invisible. (Isabelle Bruges, coll. folio # 2820, p. 102)

Marcher dans la nature, c'est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles. (La lumière du monde, p.33, Gallimard nrf, 2001)

La vie en société c'est quand tout le monde est là et qu'il n'y a personne. La vie en société c'est quand tous obéissent à ce que personne ne veut. (L'inespérée, coll. folio # 2819, p. 43)

À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie. (Une petite robe de fête, coll. folio #2466, p. 27)

J'ai toujours craint ceux qui partent à l'assaut de leur vie comme si rien n'était plus important que de faire des choses, vite, beaucoup. (La folle allure, p. 33, Éditions Gallimard 1995)

À quoi reconnaît-on ce que l'on aime. À cet accès soudain de calme, à ce coup porté au coeur et à l'hémorragie qui s'ensuit - une hémorragie de silence dans la parole. Ce que l'on aime n'a pas de nom. Cela s'approche de nous et pose sa main sur notre épaule avant que nous ayons trouvé un mot pour l'arrêter, pour le nommer, pour l'arrêter en le nommant. (Une petite robe de fête, coll. folio #2466, p. 28)

Piano grass art: Nancy Fouts

Je regarde pousser l'herbe sur mon piano  

[...] je n'aime que cette musique que je n'ai plus besoin d'entendre [...] (La plus que vive, coll. L'un et l'autre chez Gallimard p. 67)

J'ai appris ça en écoutant le gros [Bach] : le bonheur, ce n'est pas une note séparée, c'est la joie que deux notes ont à rebondir l'une contre l'autre. Le malheur c'est quand ça sonne faux, parce que votre note et celle de l'autre ne s'accordent pas. La séparation la plus grave entre les gens, elle est là, nulle part ailleurs : dans les rythmes. (La folle allure, p. 33, Éditions Gallimard 1995)

Citations : Christian Bobin (1951- )

Source de la sélection : http://www.gilles-jobin.org  

21 septembre 2014

Florilège Leonard Cohen

Des fleurs pour son 80e anniversaire 

Toute notre dualité mise à nu
Descente du Tabor aux enfers
Psalmodiée à voix rauque

Tous nos regrets exhibés 
Les trahisons, les fuites, les deuils
Les silences, les soupirs rendus

Tous nos espoirs murmurés 
Les amours, les retrouvailles 
Les promesses, la main sur le cœur

Toute notre vulnérabilité en sourdine
Chaleur, douceur, tendresse
Violon et guitare en bandoulière 

Boudacool, 21.09.2014

Voilà comment je ressens Cohen...   

Photo via http://1heckofaguy.com/

Ce que je souhaiterais? Qu’il chante encore à 90 ans...

«J'ai toujours eu un grand sens de la composition, parce que mes chansons m'ont aidé à surpasser beaucoup de ressacs et de relations humiliantes. Quand j'écoute quelques unes d'entre elles à la radio je pense qu'elles sont réellement bonnes. C'est merveilleux de les avoir faites, et encore plus qu'elles ait élu domicile dans le coeur des gens.»

La poésie de Cohen a quelque chose d’universel, d’immortel. Dans tous les domaines de la vie, il y a des êtres exceptionnels qui voient plus clair et plus loin que nous. Des visionnaires, des sages, des héros. Ils vivent parmi nous, attentifs à ce qui se passe, et ils proposent des rêves dans un monde où règne l’indifférence. Bien sûr, nous ne sommes pas comme eux, mais nous pouvons nous inspirer des œuvres qu’ils laissent en héritage.

Les grands écrivains et poètes ont habituellement du vécu, et c’est sans doute ce qui leur permet de traduire les sentiments et les émotions du commun des mortels.

Par exemple, l’expérience monastique de Cohen a modifié sa perception de la religion, de la spiritualité, du monde, et peut-être aussi de l’amour.

Le moine Jikan 

Extraits d’une rencontre entre Cohen et Javier Ortiz au mont Baldy en 1998 :

Un petit homme, vêtu d'un habit orange fait son apparition et deux assistants l'aident à monter sur un podium. «Qu'est-ce que nous appelons l'amour?» demande l'homme qui parle en japonais tandis qu'un interprète traduit simultanément en anglais. «Un enfant peut se faire l’ami d'un chien et lécher son derrière. Est-ce de l'amour? Est-ce de l'amour que lécher la main d'une autre personne? Les chiens, les chats et les insectes s'accouplent. Est-ce de l'amour?»
       Nous nous rencontrons sous un ciel bleu éblouissant. «Il est à peine neuf heures du matin, dit Cohen, et déjà nous avons vécu plusieurs vies aujourd'hui.» Le chanteur s'impose de dures retraites tous les mois, qui ne consistent en rien d'autre que de rester assis en posture zazen durant une semaine. Le reste du temps, Cohen travaille au centre, balaie la neige, astique les planchers, et se charge de la cuisine, sa tâche de prédilection. Ici on le connait sous le nom de moine Jikan, ce qui signifie, «le silencieux». «Ici, tout le monde est joyeux dans la désespérance», dit-il radieusement. «Personne ne vient dans un tel lieu à moins d'être désespéré.»
       … Il s'est fait moine depuis deux ans parce que Roshi le lui a conseillé. … Cohen fait un effort énorme pour se retrouver en lui même. En réalité, il ne peut expliquer ce qu'il fait exactement dans un lieu comme celui-ci : «Je ne crois pas que personne sait en réalité pourquoi je suis là... Si tu arrêtes une personne et que tu lui demandes ‘où vas tu?’ dans un sens profond, tu n'obtiendras aucune réponse. Il ne sait pas pourquoi il est ici. Mais, que pourrais-je faire d’autre? … En descendant de la montagne je me suis rendu compte que mon séjour dans le centre est l'expérience qui m'a le plus marqué depuis ces dix dernières années. Roshi sait qui je suis réellement, et il ne veut pas que je sois une autre personne.»
       «Roshi m'a dit il y a quelques jours que à mesure que tu vieillis, tu te sens plus seul et tu as besoin d'un amour plus profond.» 
       … Le désillusionné de tous les désillusionnés, veut maintenant s'enfoncer et flotter dans le panthéisme. Ce n'est pas plus mal que le bouddhisme. Tant qu'à ne pas croire en une religion, c'est le moindre des maux.  

«Je crois que nous traversons une époque très dure, dit Cohen. Pas plus l'expérience littéraire ou musicale ne sont parvenues à prendre le pouls de cette crise. Nous sommes au milieu d'un déluge de dimension biblique, à tel point que n'importe qui se cramponne à quelque chose qui flotte, une caisse d'oranges vide, un morceau de bois... Et les gens persistent à se définir eux mêmes comme libéraux ou conservateurs. Cela me semble une hérésie totale.»

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(Au sujet d’un de ses autoportraits)

Ces portraits sont bien au-dessous
de mon développement actuel
par exemple :
j’ai abdiqué le trône
le temporel
comme le spirituel
alors que
dans ces pages
j’ai l’air d’être
profondément
préoccupé
par une chose
ou l’autre
c’est seulement
une vieille habitude
du visage

2 septembre 2003 (p. 70) 

Source :
Livre du constant désir
Éditions de l’Hexagone, 2007
(Traduction : Michel Garneau)
 
Parmi les titres de Popular Problems j’aime beaucoup Did I Ever Love You et Slow :
 
SLOW
 
I’m slowing down the tune
I never liked it fast
You want to get there soon
I want to get there last

It’s not because I’m old
It’s not the life I led
I always liked it slow
That’s what my momma said

I’m lacing up my shoe
But I don’t want to run
I’ll get here when I do
Don’t need no starting gun

(...)

Suite (ainsi que les paroles des autres titres) :
http://www.leonardcohenfiles.com/popularproblems.html


«J’ai entendu mon âme chanter derrière une feuille, j’ai arraché la feuille, mais alors je l’ai entendue chanter derrière un voile. J’ai déchiré le voile, mais alors je l’ai entendue chanter derrière un mur. J’ai abattu le mur et j’ai entendu mon âme chanter contre moi. J’ai remonté le mur, raccommodé le rideau, mais je n’ai pu replacer la feuille. Je l’ai tenue dans une main et j’ai entendu mon âme chanter à tue-tête contre moi. Voilà ce que c’est que d’étudier sans un ami.» (Le livre de miséricorde, Éditions Carrière – Michel Lafon, 1985, p. 12) 

«Écrire des chansons, c'est au fond comme faire la cour à une femme. La plupart du temps, c'est toute une affaire.» (1972)

«On ne maîtrise pas ses sentiments ni son désir. D'un certain point de vue, l'amour, c'est comme cuisiner des chiches-kebabs : il y a des étincelles, des éclaboussures.» 

Est-ce que vous croyez à une vie après la mort?
«Non, pas au sens traditionnel du terme. Bien sûr, la mort met un terme définitif à tous les problèmes de l'existence. Mais je me demande si après la mort, on peut vraiment vivre une existence exempte de tous problèmes. J'en doute beaucoup.»

«Ça fait au moins vingt ans qu’on m’accuse de pessimisme parce que je dis que nous sommes au milieu d’une catastrophe. Ce qu’il faut maintenant c’est trouver l’attitude à  adopter dans cette catastrophe. Tu n’es qu’un petit morceau de bois dans un torrent, une autre personne arrive, tu lui dis quoi ? Je suis de gauche et tu es de droite? Es-tu contre ou pour l’avortement? On n’en a rien à foutre quand tout est en train d’exploser.» (1993)

Des à-côtés

À la réception du prix «Prince des Asturies des Lettres» en 2011, Cohen a raconté une histoire très touchante. Il est question d’une guitare espagnole, de l’influence de Federico Garcia Lorca et d’un jeune guitariste espagnol rencontré dans un parc (après trois leçons, le jeune homme a disparu). Transcription de cette allocution (en anglais) :
http://1heckofaguy.com/2011/10/25/upgraded-video-of-leonard-cohen%e2%80%99s-prince-of-asturias-awards-speech-with-no-overdubbing/

Allan Showalter http://1heckofaguy.com/videos/ est peut-être le plus fan des fans de Cohen. Voici une vidéo publiée à l’occasion du 77e anniversaire de Leonard, le 21 septembre 2011 : «I Love Leonard Cohen» par Robin Grey. Un superbe tour d’horizon.

20 septembre 2014

Cohen, Père & Fils

La coïncidence était trop belle : les Cohen lancent leurs albums à quelques jours d’intervalle.

Aujourd’hui,  Adam.
Demain, ce sera Leonard dont ce sera le 80e anniversaire de naissance. 

On dit souvent que les enfants sont appelés à peaufiner les qualités et les talents des parents, à les faire évoluer. Adam ne peut évidemment pas renier sa filiation, notamment de par son apparence et sa voix. Mais je ne le vois pas du tout comme un décalque, plutôt comme un prolongement, comme un fils ayant hérité du charisme et des qualités de son père et qui les fera grandir.

En tout cas, j’aime ce que j’ai entendu de son dernier album We Go Home, entre autres Song Of Me And You; je crois que je vais m’attacher au fils autant qu’au père. Beaucoup de douceur, de délicatesse, d'intimisme, d’authenticité. À suivre.

Pour écouter : http://adamcohen.com/

Parcours récent :


Album Like A Man : What Other Guy

17 septembre 2014

Richesse de vie intérieure


On peut facilement imaginer toutes sortes d’histoires autour de ces deux photos. Que ressentent ces enfants? Un mélange de crainte, d'excitation, de joie, de défi, de dépassement?

En tout cas, on peut avoir beaucoup de fun sans jamais aller à Disneyworld…!

Richesse de vie intérieure
Par Martha Nussbaum

Ne méprisez pas votre monde intérieur, voilà le premier et le plus sommaire des conseils que je pourrais offrir. Notre société est très extravertie et subjuguée par les gadgets dernier-cris, les plus récents ragots et les moindres opportunités d’affirmation de statut. Mais nous avons tous commencé notre vie en tant que nouveau-nés impuissants, dépendant d’autrui pour leur confort, leur nourriture et leur simple survie. Même si nous atteignons un certain degré de maîtrise et d'indépendance, nous demeurons toujours fragiles, incomplets, comptant sur les autres et un monde incertain pour tout ce que nous pouvons réaliser.

En vieillissant, nous développons une large gamme d'émotions en réponse à cette difficile contrainte – peur d’éventuelles situations difficiles que nous ne pourrions repousser; amour envers ceux qui nous aident et nous encouragent; chagrin à la perte d’un être cher; espoir en d’éventuelles situations favorables; colère si quelqu’un détruit quelque chose que nous aimons. Une créature sans besoins n’aurait aucune raison d’avoir peur, de souffrir, d'espérer ou d’être en colère. Notre vie émotionnelle traduit notre état de créature incomplète. Et, c'est pour cela que nous avons souvent honte à la fois de nos émotions et de nos relations fondées sur le besoin et la dépendance. [...] Les gens ne savent pas comment composer avec leurs propres émotions ou n’arrivent pas à les communiquer. Quand ils ont peur, ils ne savent pas comment le dire, ou n’arrivent même pas à en être vraiment conscients. Souvent ils convertissent leur propre peur en agression. Et, l’absence d’une vie intérieure riche finira souvent par les catapulter dans la dépression. Éventuellement, nous faisons tous face à la maladie, au deuil et au vieillissement, mais nous ne sommes pas bien préparés pour ces événements inévitables car notre culture nous pousse à ne penser qu’aux apparences et à nous mesurer sur l’échelle des possessions extérieures.

Quel serait le remède à ces maux? Un genre d'amour de soi qui ne rapetisserait pas à cause du besoin et de la dépendance. Nous accepterions plutôt cette contrainte avec intérêt et curiosité tout en essayant de trouver un moyen d’exprimer nos besoins et nos sentiments. Raconter des histoires joue un grand rôle dans ce processus. Quand nous racontons la vie des autres, nous apprenons à imaginer ce que l’autre ressent face à diverses situations. Simultanément, en nous identifiant à l'autre, nous apprenons quelque chose sur nous. Avec le temps, des histoires de plus en plus complexes nous parviennent par la littérature, le cinéma, les arts visuels et la musique, et celles-ci nous offrent une compréhension plus riche et subtile des émotions humaines et de notre propre monde intérieur.

Mon deuxième conseil, étroitement lié au premier, serait donc : lisez beaucoup d'histoires, écoutez beaucoup de musique, et réfléchissez à ce que ces histoires peuvent signifier dans votre propre vie et celle des gens que vous aimez. Ce faisant, vous ne serez pas seul avec un moi vide; votre nouvelle vie intérieure s’enrichira et renforcera les possibilités de réelle communication avec les autres.

Martha Craven Nussbaum est philosophe et professeur de droit et d'éthique à la chaire Ernst Freund Distinguished Service de l'Université de Chicago; son tutorat inclut la philosophie. Elle s’intéresse particulièrement à la philosophie gréco-romaine, à la philosophie politique, au féminisme, à l'éthique et aux droits des animaux.

Septembre 2014
Source : http://www.awakin.org

16 septembre 2014

Les précieux conseils d’un «crack-pot»


Hunter S. Thompson est né en 1937 et mort en 2005. Écrivain, reporter et pionnier du «journalisme gonzo» (reportage d’enquête mêlant fiction et réalité aux antipodes du code de déontologie journalistique). 
       Déjanté, politiquement engagé, démolisseur acharné du rêve américain (the American way of life), pourfendeur de l’hypocrisie bourgeoise, il était perçu comme un crack-pot de la contre-culture des années 60. Je n’ai pas lu ses ouvrages, alors je ne peux en juger; néanmoins son exhortation ci-après me semble avisée et plutôt raisonnable

En 1958, alors dans la vingtaine, il écrivait à son ami Hume Logan :

Mettre sa foi dans des objectifs précis semble, au mieux, peu judicieux. Nous n’aspirons pas à devenir pompiers, banquiers, policiers ou médecins. NOUS NOUS EFFORÇONS D'ÊTRE nous-mêmes.

Ne te méprends pas sur mes propos. Je ne veux pas dire que nous ne pouvons pas être pompiers, banquiers ou médecins – mais que nous devons adapter l'objectif à l'individu, et non pas adapter l'individu à l'objectif. En chaque homme, l'hérédité et l'environnement se combinent pour produire une créature dotée d’aptitudes et de désirs – ainsi qu’un besoin profond de fonctionner de  telle sorte que sa vie soit SIGNIFICATIVE. Un homme doit ÊTRE quelque chose; il doit compter.

Je conçois la formule à peu près comme suit : un homme devrait choisir une voie où ses APTITUDES sont utilisées avec un maximum d'efficacité pour satisfaire ses DÉSIRS. Ce faisant, il répond à un besoin (en se donnant une identité intégrée à un mode de vie orienté vers un but défini), il évite de freiner son potentiel (en choisissant une voie qui ne limite pas son développement personnel), et il évite l’horreur de voir son objectif se flétrir ou perdre de son charme à mesure qu’il s’en rapproche (au lieu de se soumettre aux exigences du but, il soumet le but à ses propres capacités et désirs).

Bref, il ne consacre pas sa vie à poursuivre un but prédéfini, mais choisit plutôt un mode de vie qu’il SAIT satisfaisant. L'objectif est absolument secondaire : c’est le cheminement vers la réalisation de l'objectif qui importe. Et il semble presque vain de dire qu'un homme DOIT fonctionner selon un modèle de son choix; car laisser un autre homme définir tes propres objectifs c’est renoncer à l'un des aspects les plus importants de la vie – l'acte de volonté ultime qui fait d'un homme un individu.

L'homme qui tergiverse et ne CHOISIT pas, verra inévitablement son choix déterminé par les circonstances de la vie. Donc, si en ce moment tu comptes parmi les désenchantés, alors tu n'as pas d'autre choix que d'accepter les choses comme elles sont; ou tu cherches sérieusement autre chose. Mais, méfies-toi des objectifs : cherche plutôt une manière de vivre. Décide comment tu veux vivre et ensuite regarde ce que tu peux faire pour gagner ta vie À L’INTÉRIEUR de ce mode de vie. Mais tu l'as dit toi-même : «Je ne sais pas où chercher; je ne sais pas quoi chercher».

Et voilà le point crucial. Vaut-il la peine de renoncer à ce que j’ai pour chercher quelque chose de mieux? Je ne sais pas – tu vois? Qui d’autre que toi peut en décider? Mais, même SI TU DÉCIDES DE CHERCHER, il faut du temps pour arriver à choisir.

Je n'essaie pas de t’envoyer «sur la route» à la recherche de Walhalla, mais simplement de te rappeler qu'il n'est pas nécessaire d'accepter les choix qui te sont fournis par la vie, comme tu le sais. Il n'y a plus que cela – personne n’est OBLIGÉ de faire quelque chose qu'il ne veut pas faire pour le reste de sa vie.

Source :
http://www.brainpickings.org/index.php/2013/11/04/hunter-s-thomspon-letters-of-note-advice/

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Pensées du jour :

- Nous prédestinons et nous conditionnons. Nous décantons nos bébés sous formes d'êtres vivants socialisés, sous formes d'Alphas ou d'Epsilons, de futurs vidangeurs ou de futur Administrateurs Mondiaux.

- Et c'est là qu'est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu'on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper.

~ Huxley Aldous (1894-1963); Le meilleur des mondes, 1932

15 septembre 2014

Champions des asanas

Un brin d’humour pour redémarrer en beauté... féline.

Les chats sont des virtuoses en yoga. Aucune posture ne présente de défi pour ces félins d’une souplesse incroyable : étirement, torsion latérale, flexion avant/arrière complète, croissant, chandelle, charrue, grand écart, chien tête en bas, héron, sauterelle, guerrier, diamant, spirale, demi-pont, pince, arc inversé, enfant, singe, cobra, chameau, grue, etc. Quant à la méditation et à la salutation au soleil, eh bien, ils les pratiquent à cœur de journée!

Namaste à l’auteur de cet article pour les associations photos/postures et l’humour… 

Reasons Cats Are Born Yoga Masters
Meghan McKeighen, from SpryLiving 

We tend to think that the term “downward dog” was a misnomer. As it turns out cats, not dogs, are the true yoga masters of the animal kingdom. Need proof? As these 32 photos show, felines’ inner peace, superb flexibility, and endless patience make them natural-born yogis.

1. They are naturally limber and bendy. 

2. They’re great inhalers and exhalers (minus the fishy kitty breathe).

3. They begin practicing their poses at a young age. This little guy is moving into a beautiful half shoulder stand.

4. They make a forward fold look easy as hell.

5. While one might think they’re just taking a bath, cats in this position are simply fine tuning their seated angle pose.

6. They take naps in bow position.

7. They know how to fully relax.

8. They can twist themselves into a beautiful standing forward pose.

9. A horizontal cat pose.

10. And are masters of the “leg high”.

11. Their focus during meditation is unparalleled.

12. Flexibility is key.

13. And stretching is a must.

14. Knee circles are almost too easy for them.

15. And they totally own downward dog.

16. Their sun salutations are the best around.

17. The tricky apanasana hold is a breeze for them.

18. Sink forward bend is achieved by six months old.

19. Plough position is kitten’s play.

20. And hidden warrior pose is a favorite among American shorthairs.

21. Their modified side angle is key to their stretching routine.

22. They turn the table pose on its head.

23. Felines take on the caterpillar pose with the ease of a break-dancer.

24. And own locust posture.

25. They always know to end with a good savasana.

26. And they can easily bend over and touch their toes.

27. Their half twists should be an Olympic sport.

28. And child’s pose is an absolute fave.

29. They enjoy seated angle pose when watching television.

30. And make great work out buddies.

31. They can even stand in for weights if needed.

32. The truth behind all of this yoga stretching and strength training is part of their master plan to become amazing kick boxers and dominate any dog that comes their way. Go #TeamCat!

Source:

http://www.care2.com/greenliving/32-reasons-cats-are-born-yoga-masters.html#ixzz3A79odwNW