15 novembre 2016

Trop attachant ce Leonard

Hier soir, j’ai passé quelques heures à regarder des vidéos de Leonard Cohen – sa voix calme me réconforte, me console.

«J’ai perdu mon chemin, j’ai oublié de t’invoquer. Le cœur brut battait contre le monde et les larmes étaient pour ma victoire perdue. Mais tu es là. Tu as toujours été là. Le monde est tout oublieux et le cœur est une furie de directions, mais ton nom unifie le cœur et le monde est relevé à sa place. Béni soit celui qui attend que se tourne vers lui le cœur du voyageur.»

“I lost my way, I forgot to call on your name. The raw heart beat against the world, and the tears were for my lost victory. But you are here. You have always been here. The world is all forgetting, and the heart is a rage of directions, but your name unifies the heart, and the world is lifted into its place. Blessed is the one who waits in the traveller’s heart for his turning.” 

Source : Leonard Cohen, Book of Mercy (poésie, prose et psaumes) 1984, trad. Jacques Vassal, 1985, Le Livre de miséricorde; Éditions Carrière-Michel Lafon (Publication bilingue)

Bière et V8, à la tienne!  Photo via http://cohencentric.com

Les voisins du quartier portugais où résidait Leonard durant ses séjours à Montréal et les gens qui fréquentaient le café du coin ou le Parc du Portugal (aussi appelé Leonard’s Park) ont tous dit à quel point il était simple, chaleureux, amical et respectueux. Pas de «complexe de vedette». Pas besoin de garde du corps dans sa vie ordinaire ni de forteresse autour de ses habitations – rarissime chez les gens aussi célèbres que lui. La grandeur d’un individu est en effet directement proportionnelle à sa simplicité et à son humilité.

Plusieurs personnes ont aussi mentionné sa relation amicale avec un homme atteint de schizophrénie paranoïde, Philip Tétrault. Le documentaire This Beggar’s Description, réalisé pas son frère Pierre, raconte les hauts et les bas de la vie de Phil. Produit par l’Office National du Film du Canada il a remporté en 2006 le prix C.B.C. Newsworld Award for Best Documentary in the Independent Film and Video Festival.

Cet extrait du film, Picnic in the Park with Leonard Cohen, nous montre les deux amis en train de causer tout bonnement. L’affection mutuelle et l’humour sont au rendez-vous. Très touchant d’entendre Leonard lire un des poèmes de Phil (aussi joueur de flute et peintre).

Dans un article du Guardian (2004), Amanda, la fille de Phil, parle de la difficulté de vivre avec un parent schizophrène. Au sujet de Leonard, elle dit :
“I'm not sure how he met Leonard Cohen but it was years ago in Montreal. Phil would be doing a poetry reading and Leonard would happen by on the street and come in. So they knew each other. He's been really nice to Phil over the years, given him money. Phil gives him poetry.”
https://www.theguardian.com/theobserver/2004/aug/22/features.magazine17

Je vous invite à lire le point de vue d’Allan Showalter qui a lui-même travaillé plus de 25 ans en milieu psychiatrique (en anglais) :
http://cohencentric.com/2016/07/19/phil-tetrault-leonard-cohen-friends-poets-beggars-description-2/

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