6 août 2016

Le fou aux commandes

«Quand ton imagination tâche de te séduire par quelque idée de luxure, ne te laisse point entraîner, mais dis-lui sur l'heure : «Attends, mon imagination, que je voie un peu ce que tu es et ce que tu me présentes, que je t'examine.» Ne lui permets pas d'aller plus loin et de te présenter des images plus séduisantes, car, si tu la laisses faire, tu es perdu, elle t'entraînera. Au lieu de ces peintures affreuses, force-la à te présenter des images plus heureuses, plus belles et plus nobles. Voilà les moyens de lui échapper.» ~ Épictète (Entretiens, Livre II, XLV)


Tarot Wicca Moon, “The Fool”

Le présent : un cadeau
Par Carolyn Hobbs

[Extrait du livre Free Yourself]

Nous avons tous entendu parler de l'ego qui gère notre vie sans qu’on le réalise. Mais nous sommes peu nombreux à savoir à quel point notre ego – cette minuscule partie de nous, peu mature, et qui est sur la défensive à la moindre petite chose – nous sabote en refusant de vivre au présent. Qu'il nous parle sur un ton agressif ou doucereux, l’ego s’épuise à nous convaincre qu’il y a des choses bien plus inquiétantes et importantes à régler et à planifier que de perdre notre temps avec l’ennuyant et ridicule présent. Sous la bravade, l’ego traite le présent comme une peste qui menace notre intégrité.

Dans la vie, le job de l’ego est de nous protéger à tout prix. Étant responsable de notre sécurité, il prend sa tâche très au sérieux. Il est incapable de s’en empêcher. Mais à cause de sa myopie, il ne fait pas la différence entre la peur et la réalité. S'il arrive à nous convaincre que notre amant pourrait éventuellement nous faire du mal, l’ego fera tout pour détruire notre relation. L'ego ralliera tous ses loyaux soldats – peur, inquiétude, doute, jugement et désespoir – pour se tirer d’affaire.

N'oubliez pas que le seul but de l’ego est la sécurité (non pas le bonheur ou l'amour). Il met des stops partout pour nous éviter d'éventuelles blessures, l'inconfort, la maladie, la souffrance ou la douleur – en particulier la peine d’amour. Tout au long de la journée, l’ego nous bourre le crâne avec des pensées, souvenirs, projections, fantasmes, peurs, regrets, plans, soucis, et désespoir – rien pour nous distraire. Nous pourrions dire que l'ego a la phobie du présent.

En plus de la bague de mariage de grand-mère et la montre en or de papa, nous avons aussi hérité d'une indéfectible loyauté envers les manigances de l'ego. Lorsqu'il appose son étiquette «bonne» ou «mauvaise» sur notre situation actuelle, nous acceptons son évaluation. Lorsqu'il consacre des heures à analyser d’anciennes blessures dans une vaine tentative d'éviter tout mal à l'avenir, nous avalons tout rond ses conclusions. Lorsque l'ego nous séduit et nourrit nos pensées, nos sentiments et nos désirs d'histoires juteuses – sachant combien nous sommes sensibles à tout ce qui nous concerne – nous surfons sur la grosse vague.

L'ego fait tout ça en catimini, comptant sur notre ignorance.

Il est temps de remettre en question notre éternelle loyauté envers cette infime partie de nous. En grattant la surface on découvre que l'ego agit et pense comme un enfant de cinq ans. Il se cache sous le lit devant l’inconnu, l’inattendu et l’imprévisible qui pourraient nous incommoder et créer de la souffrance dans leur sillage.

Si nous voulons la liberté et la joie, nous devons détecter les pétards mouillés de l'ego.

Cela requiert une profonde excavation. L’ego a appris à maîtriser son jeu pendant des siècles et il le peaufine à chaque fois qu'il capte notre attention. Tout d'abord, il faut remplacer le faux : «si tu agis correctement la prochaine fois, tu ne te sentiras plus jamais lésé, déçu, anxieux ou rejeté» par le vrai : «la souffrance fait partie de la vie». Nous sourions et approuvons les histoires fascinantes de l’ego au lieu d’écouter notre coeur qui murmure doucement «c’est correct d’avoir peur et de douter, puis, de laisser aller». [...]

Nous ne pouvons pas éliminer la peur ni le jugement. Nous n’avons pas le temps de voir venir les pensées de l’ego, qu’elles sont déjà là. Mais nous pouvons consciemment choisir notre façon de réagir. Vivre au présent est un cadeau auquel nous avons accès n’importe quand, partout, à tout moment. Le présent est notre compas pour naviguer à travers nos choix vers la paix intérieure et la liberté.

Via www.awakin.org  

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Dans la même veine :
Zénie en herbe; Prisonniers de la peur par Charlotte Joko Beck
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/09/zenie-en-herbe.html

Serez-vous là demain? (Richard Carlson)
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/12/serez-vous-la-demain.html

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