23 août 2016

Le droit à l’intégrité physique et psychologique

Today I Rise

“The world is missing what I am ready to give: My Wisdom, My Sweetness, My Love and My hunger for Peace.” This beautiful short video, dubbed a “love poem for your heart and soul,” empowers all women to stand up for who they truly are. Let the emergence of the feminine in you blossom as you watch this film.



Video: Alexandra Fedner
FemmeQ Pioneering the Possible http://femmeq.org/
Blaze of Grace http://blazeofgrace.com/
Rising Women Rising World http://risingwomenrisingworld.com/

Via KarmaTube (a site dedicated to bringing inspirational stories to light, using the power of video and the internet to multiply acts of kindness, beauty, and generosity)
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Les actions en faveur de «la reconnaissance du droit à l’intégrité physique et psychologique des femmes» continuent malgré les hauts et les bas (1). 

Quelques statistiques des années 1990/2000

En lisant ce qui suit, on se demande si, faute de véritable éducation, on n’a pas régressé depuis 2000.

Source : agenda de La Marche Mondiale des Femmes 2000, QC

Au Québec, nous avons fait de grands pas dans la reconnaissance du droit à l’intégrité physique et psychologique des femmes. Pourtant, chaque année, des milliers de femmes sont violentées, agressées ou tuées. Nous voulons que les femmes, sans distinction de couleur, de condition physique et mentale, d’orientation sexuelle, d’origine ethnique, de religion, d’âge ou de condition sociale ne voient plus jamais ce droit bafoué. (...) Cette violence réside aussi dans la pauvreté. Toutes les analyses le démontrent : à travers le monde entier, la pauvreté a un sexe. Malgré les gains obtenus par les luttes féministes, les femmes sont encore et toujours les personnes les plus pauvres du Québec. Même si elles accomplissent une multitude d’activités nécessaires au bon fonctionnement de notre société, l’égalité est loin d’être une réalité. Nous marcherons donc pour une meilleure reconnaissance du travail des femmes et pour un partage équitable de la richesse collective. 
   Il faut à l’échelle planétaire rompre définitivement avec le capitalisme néolibéral. Il ne s’agit pas simplement d’aménager les règles du jeu en gardant intact ce même système. Il s’agit véritablement de repenser ces règles, d’en créer de nouvelles à partir des expériences et des alternatives proposées par les femmes et les mouvements sociaux au plan local, national et international.  (Octobre 1998) 
   L’an 2000 : la population mondiale atteint près de 6 milliards de personnes mais l’écrasante majorité de l’humanité vit dans la pauvreté : 4 milliards de personnes vivent sous le seuil de pauvreté relatif dont une large majorité de femmes et d’enfants, et 1,3 milliards sous le seuil de pauvreté absolu, dont 70 % sont des femmes. (Juin 1999)

~ Fédération des femmes du Québec (1999)


Science Museum Photo Studio, London. SSPL/Manchester Daily Express, 1910/01/01. Arrestation d’une suffragette lors d’une manifestation en faveur des droits et libertés.

En choisissant la pauvreté comme cible, comme nœud à défaire, nous revenons à un aspect fondamental de l’oppression des femmes et cela aussi a été un incitatif pour plusieurs à s’engager et à persister dans cette lutte. Il nous reste à s’attaquer de façon aussi extensive et imaginative à la question de la violence faite aux femmes. Des difficultés supplémentaires nous attendent puisqu’on parle là d’agir dans la sphère privée ou l’on devra interpeller les hommes aussi bien que l’État. C’est pour réitérer que le paiement de la dette ne se fera pas sur le dos des femmes et des populations les plus démunies. (Diane Matte, Option-Paix 1996) 

La Côte-Nord occupe le 2e rang du palmarès de la violence conjugale. Tout juste derrière Montréal. En 1997, 224 cas ont été dénoncés aux autorités policières. Toute proportion gardée, la violence conjugale y fait 30 % plus de victimes que dans les autres régions, rapporte le ministère de la Sécurité publique du Québec. (La Gazette des femmes, juillet-août 1999)

Près de 83 % des femmes handicapées ont été victimes de violence (DWAN Toronto, 1991) par une personne de leur entourage. (Femmes d’action, 1995)

Le phénomène fondamentaliste s’étend à tous les pays, toutes les religions, toutes les cultures. Il s’agit là du phénomène politique le plus marquant de cette fin de siècle, celui qui a le plus de conséquences pour les femmes en tant que catégorie sociale. Ce sont donc en priorité les lois de statut personnel (ou Code de la famille) qui démontrent l’influence des groupes fondamentalistes sur l’État. Les pays européens, dont le passé colonialiste récent pèse encore très lourd, sont prêts à montrer leur tolérance envers la culture de l’Autre, mais exclusivement dans la sphère privée, ainsi les lois de statut personnel (régissant la famille, le mariage, le divorce, la répudiation, la polygamie, la garde des enfants, l’héritage, etc. – donc affectant directement les femmes) sont le lieu de prédilection pour afficher sa tolérance. (M.-A. Hélie-Lucas, «Les fondamentalismes contre les femmes»; Option-Paix, printemps 1996)

L’État français a signé des ententes bilatérales qui permettent l’application, en sol français, des lois de certains pays d’origine, relatives au statut de la personne, et ce, même si elles contreviennent à la législation française. (La Gazette des femmes 1997)

En Égypte, il a fallu un décret pour que cesse la pratique du pardon au violeur s’il consent à épouser sa victime, note le New York Times. Plusieurs juristes et religieux avaient déclaré que le mariage du violeur et de sa victime était la solution la plus adéquate au problème. «Au lieu de punir le violeur on punit de nouveau sa victime» avait rétorqué l’avocate Fawzlya Abdel Satar. (M. Barhouma, Tuer sa sœur ou son épouse en toute impunité, Al Hayat, repris dans Le Courrier international, septembre 1999)

Dans les pays en développement, les femmes représentent 67 % de la main-d’œuvre agricole (...) elles produisent 50 % des denrées alimentaires dans le monde et jusqu’à 70 %, estime-t-on, en Afrique. (Le Vulgarisateur 1996)

La communauté internationale proteste lorsque le Pakistan et le Soudan légalisent la pratique du Talion (punition de la loi mosaïque) en ordonnant que l’on coupe la main des voleurs, mais lorsqu’on coupe le sexe des filles, nombreux sont ceux qui se retranchent derrière le droit aux différences culturelles [...]. (M.-A. Hélie-Lucas 1996)

Des chiffres de l’Unicef en 1989 indiquaient que depuis la Deuxième Guerre mondiale, 90 % des victimes de conflits armés étaient civils. C’est donc dire que le nombre de femmes tuées ou agressées lors des conflits contemporains est très préoccupant. Les civils sont donc des cibles et des outils des stratégies guerrières non pas des victimes accidentelles des combats. 
   Bien que ce soit l’une des formes les plus répandues de violence à l’égard des femmes, le viol reste le crime de guerre le moins condamné. Selon les chiffres des Nations Unies, 70 à 80 % des 14 millions de réfugiés sont des femmes. [...] Elles courent le risque d’être exploitées, enlevées, tuées, violées et agressées par les pirates, et d’être contraintes à la prostitution. Le viol peut être utilisé comme politique délibérée de nettoyage ethnique stratégie de guerre (Bosnie-Herzégovine), terreur politique (Haïti), instrument de la lutte armée (Cachemire, Bangladesh, Koweït)...
(Ariane Brunet et Stéphanie Rousseau; La reconnaissance des violations spécifiques des droits fondamentaux des femmes... 1997)

Les droits fondamentaux des femmes à la vie, à la liberté et à la sécurité, sont une des grandes questions qui préoccupent en premier lieu le mouvement des femmes du Pakistan. La fréquence des agressions sexuelles contre les femmes détenues par la police a tellement augmenté qu’il a fallu amender la loi pour empêcher leur détention préventive. [...] Aucune action n’est prise contre les personnes responsables de ce genre de violence. (Hina Jilani, Droits de la personne et développement démocratique 1998)

Il y a eu au Kosovo une campagne systématique de violence sexuelle, notamment sous forme de viols, de mutilations et de grossesses forcées. (Elizabeth Bowker, La violence sexuelle au Kosovo : l’expérience du Rwanda se répète 1999)

Toronto, 10 septembre 1997. La police démantèle un réseau de prostitution qui compte une vingtaine de femmes âgées de 17 à 30 ans. Sans papiers, ces Thaïlandaises et Malaises sont accusées de s’être trouvées dans une maison de débauche. [...] Ces femmes devraient alors faire face à une mesure d’expulsion. Complices ou victimes? Certaines étaient consentantes. D’autres étaient soumises à une réelle exploitation sexuelle. (Johanne Lauzon, La Gazette des femmes 1998)

Les principaux pays où se poursuit la vente de jeunes filles sont la Thaïlande, les Philippines, la Birmanie, l’Inde, la Malaisie et des pays d’Europe de l’Est. On accuse les gouvernements de participer à cette mafia en laissant faire et en estimant que ces opérations font partie des revenus touristiques. (Gaétane Payeur, Femmes d’action 1995)

Le «modèle suédois» offre aux femmes des possibilités uniques, dans le monde développé, de combiner travail et enfants. Mais la globalisation est en train de saper 50 ans d’acquis. 
   Le gouvernement de droite, au pouvoir de 1991 à 1994, commença à réorganiser et à fermer des crèches et des garderies, réduisant le personnel, affectant la sécurité et la qualité, de telle sorte que beaucoup de parents hésitent maintenant à laisser leurs enfants dans les crèches municipales. Toutes les forces politiques importantes de Suède sont engagées dans le démantèlement du tissu social existant [...]. Ceci encourage les forces les plus réactionnaires dont les intégristes chrétiens. Elles ont connu une poussée d’activisme depuis 1992 dans leurs attaques contre la loi suédoise sur l’avortement (la loi actuelle, adoptée en 1975, donne aux femmes un choix complet sur leur corps jusqu’à la 18e semaine). En avril 1994, 8 000 à 10 000 adversaires de l’avortement manifestèrent à Stockholm. (Eve Nikell, 1996)

L’avortement est légal dans la plupart des pays sud-asiatiques sous certaines conditions médicales, comme lorsque la vie de la femme est en danger. Quoique les avortements afin de sélectionner le sexe de l’enfant soient illégaux, ils sont très communs au sein de toutes les classes sociales. (Regards sur le Sud-Asiatique)

En Chine, 2,11 millions d’écoliers sont des décrocheurs selon les statistiques de 1992. Les filles décrochent à près de 50 % surtout dans les provinces pauvres, sur la pression de leurs mères en majorité analphabètes. On allègue que la fille se mariera et ira vivre avec la famille de son mari, de sorte qu’investir dans son éducation est une perte. (Femmes d’action 1995)

De 1932 à 1945, on estime à 200 000 les jeunes femmes qui, sous couvert d’offres d’emploi comme cuisinières et infirmières-auxiliaires, ont été faites prisonnières par l’armée japonaise et forcées à servir sexuellement 30 à 50 soldats, chaque jour, pendant plusieurs années. (Gaétane Payeur, Femmes d’action)

Le fait que les femmes soient considérées comme des charges, et le biais patriarcal généralisé dans la société hindoue, ont conduit à une préférence grandissante pour les enfants mâles. (Trupti Shah et Bina Srinivasan, Option-Paix 1996)

En Inde la pratique de la dot – une coutume courante – a conduit au meurtre d’un grand nombre de femmes. Elle a pris dernièrement des aspects horribles. La dot est de l’argent ou des biens, ou les deux, donnés à la famille de l’époux par la famille de la mariée pour rendre le mariage effectif. Le mouvement des femmes s’est passionné pour le problème de la dot à la fin des années 1970. Une augmentation subite des morts accidentelles de femmes attira l’attention des groupes de femmes dans les villes. On dénombrait beaucoup de suicides et de femmes mortes de brûlures. Des recherches révélèrent l’affreuse et sordide réalité de ces morts. Les morts dues à la dot sont une indication cruelle de la fragilité de la vie des femmes dans un environnement patriarcal envenimé par les intérêts de la modernisation capitaliste. (Trupti Shah et Bina Srinivasan, 1996)

On estime à 965 millions dans le monde le nombre de personnes ne sachant ni lire ni écrire. Les femmes représentent les deux tiers. Dans 19 pays, le taux d’analphabétisme des femmes dépasse 50 %. (Atlas des femmes 1998)

De plus en plus de femmes autochtones ont commencé à rompre le silence et à réclamer des moyens pour contrer la violence conjugale et sensibiliser les femmes à leurs droits. Au Pérou, un réseau de solidarité réclame que des policières soient désignées pour recevoir les dépositions des femmes autochtones victimes de violence. Au Guatemala, des femmes autochtones ont demandé que des ateliers sur la violence soient intégrés à la formation qui leur est offerte. Les femmes autochtones, elles sont environ 20 millions, du Mexique à la Terre de Feu. (Hélène Paré, CUSO Québec)

Au Canada, en 1983, après une lutte qui a duré 23 ans, les femmes autochtones ont finalement reconquis leur droit à l’égalité. Elles ne perdent plus la reconnaissance de leur nationalité lors de leur mariage avec un non-autochtone. (Octobre 1998)

Parmi les femmes de 15 ans et plus qui s’identifient comme autochtones au Québec en 1991, 61,8 % avaient un revenu total inférieur à 10 000 $ en 1990. Parmi les hommes, la proportion était de 42,7 %. Ces chiffres sont similaires à ceux de l’ensemble du Canada. (Lise Gill, De la réserve à la ville : Les Amérindiennes en milieu urbain au Québec; Condition féminine Canada 1995)

S’il est un groupe de femmes dont la prise de parole a été impressionnante au cours des dernières années, ce sont bien les femmes autochtones. Après avoir fait éclater leur carcan de victimes de la violence, elles s’acharnent maintenant à en démontrer l’engrenage. Et guérir les communautés. (Carole-Line Nadeau, La Gazette des femmes, 1996)

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(1) Il y a des supposées féministes qui promeuvent la pornographie. Or ce faisant, que ce soit par inconscience ou par amour de l’argent, elles nuisent à la reconnaissance du droit à l’intégrité physique et psychologique des femmes. L’industrie du porno a profité de la révolution sexuelle des années 50/60 pour se remplir les poches; aujourd’hui, le web est son Klondike. 

«L'industrie du porno empoche plus de 25 milliards de dollars chaque année et compte pour 30 % de tout le trafic Internet à l'échelle mondiale. Une analyse du contenu des 50 vidéos les plus populaires démontre que 88 % des scènes contiennent des agressions physiques dont 94 % sont commises sur des femmes. La pornographie est devenue si facilement accessible au grand public qu’elle a une énorme influence sur la vie sexuelle des jeunes. Alors, pourquoi n’en parlons-nous pas? The Porn Factor met les réalités de la pornographie sous les projecteurs. À travers des entrevues avec des producteurs et des performeurs de l'industrie, des psychologues de renom, et des jeunes, on tente de comprendre la pornographie contemporaine et l’on explore son influence et ses conséquences sur nous tous.»

The Porn Factor; David Corlett, Maree Crabbe 2016 (en anglais) : https://thoughtmaybe.com/the-porn-factor/

Un des producteurs affirme sans aucun scrupule que les femmes sont des objets qui ne valent pas mieux que les animaux (!). D’ailleurs, les brefs clips qu’on voit dans le documentaire font penser aux rodéos où des machos attrapent des veaux au lasso, chevauchent des taureaux et maîtrisent des bouvillons terrifiés qui n’ont aucune chance de s’échapper; parfois on n’est pas loin de l'horrible corrida... Un performeur russe fait son mea culpa. Il dit entre autres, qu’on veut faire croire que les filles gémissent de plaisir, alors qu’elles gémissent de douleur. La drogue peut inhiber la conscience et la douleur physique momentanément, mais le lendemain, c’est une tout autre histoire. 

Un documentaire triste et dur; mais on ne peut pas faire grand chose la tête du sable. Aucun changement de perception n’est possible sans éducation – et le défi est de taille. Il faut éduquer non pas dans la voie de la morale religieuse ou de la pudibonderie (on voit ce que ça donne!), mais dans la voie du simple respect de soi et d’autrui, et du savoir-vivre.

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