26 octobre 2014

La sécurité à dose sécuritaire...


Bien sûr, la prudence, la vigilance et le discernement sont toujours de mise. Mais quand j’entends tous les débats sur l’augmentation des mesures de sécurité gouvernementales à la suite des événements de la semaine dernière, je vois se profiler des dérapages qui risquent de brimer les droits et libertés légitimes d’une majorité de Monsieur et Madame Tout-le-monde qui n’a absolument rien à se reprocher.

Oui à la sécurité (autant que possible), mais non à l’obsession.

La sécurité n'est pas notre objectif
~ Alan Cohen (alancohen.com) 

En roulant sur un chemin de campagne j'ai dépassé un camion de service. Au-dessus du véhicule un ouvrier sciait des branches. À côté du camion, face à la route, il y avait un panneau de signalisation, sur lequel on lisait en grosses lettres noires sur fond orange : LA SÉCURITÉ EST NOTRE OBJECTIF.

Quelque chose me dérangeait dans ce message. Je reconnais l'importance de la sécurité au travail; mais le travail – et la vie – signifie plus que de veiller à sa sécurité. Si la sécurité est votre principal but, vous ne ferez pas grand chose et vous aurez peu de plaisir. (...)

Les deux aspects fondamentaux de la vie sont réparation et création. La réparation est reliée à la survie, l'autoprotection et la restauration de ce qui est brisé. La vie est un problème, et notre rôle est de tirer le meilleur parti des mauvaises situations. La création est reliée à l'exploration, l'expansion et la célébration. La vie est une aventure à goûter et apprécier. Deux signalisations – réparation : «la sécurité est notre objectif», et création : «cueillir les fruits de la vie est notre objectif».

Certes il y a des moments où nous avons besoin de réparer ce qui est brisé. Mais c'est un aspect secondaire du jeu, tout comme la sécurité est un aspect secondaire de la taille des arbres. Corrigez et réparez quand c’est nécessaire, mais revenez à la création dès que possible. Même quand vous devez corriger une chose, juste un changement d'attitude peut rendre l’obligation plus amusante.

Un texte a circulé sur Internet faisant valoir que nous avions beaucoup de plaisir quand nous étions enfants sans toutes les mesures de protection prescrites aujourd'hui. Nous faisions du vélo à toute vitesse sans casques, conduisions des voitures sans ceintures de sécurité, et nous allions où nous voulions sans que nos parents nous épient pour nous protéger d’éventuelles attaques. Nous avons survécu à cette enfance sans défenses élaborées, et nous nous sommes amusés. Je ne dis pas que les enfants devraient abandonner leurs casques, les ceintures de sécurité ou la supervision parentale à l'Halloween. Je dis simplement que la vie est plus importante que la protection.

Pour mieux comprendre la différence entre confiance et protection, il faut voir le délicieux documentaire appelé BABIES. Le film suit le training social de quatre bébés dans quatre cultures différentes : Afrique, États-Unis, Japon et Mongolie. La scène d'ouverture montre le bébé africain, nu, assis dans la poussière, jouant avec des insectes et qui se paie du bon temps. Ensuite, un couple de San Francisco installe leur enfant dans une voiturette sophistiquée pour vélo, équipée de tous les gadgets de sécurité possibles. L'enfant africain a l’air plus heureux, et ses parents aussi. Il y a lieu de se demander combien de gadgets de protection il faut pour que nos enfants soient en sécurité et heureux? Et nous?

4 Babies, 4 Countries, 1 Year (trailer)


À 85 ans, Nadine Stair, dans son fameux essai «Si je pouvais revivre ma vie» confessait : «J'ai été l'une de ces personnes qui ne va nulle part sans un thermomètre, une bouillotte d’eau chaude, un imperméable et un parachute. Si c'était à refaire, je ne voyagerais plus léger.»

Il n'est jamais trop tard pour voyager léger ou avoir une enfance heureuse. Élaguez les arbres si c’est nécessaire, mais profitez d'eux quand vous le pouvez.

-------

Mais, la palme d’or de l’ironie en matière de sécurité alimentaire revient à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Cette dernière exige que la compagnie Field Roast Grain cesse toute distribution de ses produits végétaliens... parce qu’ils n’ont pas été testés sur des animaux!!! Étant donné qu’elle considère qu’il s’agit «d’imitations de viande», les produits doivent contenir un ratio de protéines équivalent à celui de la viande. Conséquemment l’agence veut obliger la compagnie à tester ses produits sur des rats vivants. INCROYABLE. Quand nous sommes végétariens, l’une de nos principales motivations est d’épargner les animaux d’élevage et de laboratoire. Fichtre! La stupidité humaine est définitivement une énergie renouvelable, inépuisable...  

Aucun commentaire:

Publier un commentaire