En
principe, quand on vit en société on doit suivre certaines lois afin de ne pas
causer de torts physiques et/ou émotionnels à autrui – vu la tendance innée de
l’homme à faire le contraire. Toutefois, si nous avons appris à révérer la VIE, cette tendance à nuire à nos semblables, aux
animaux et à la nature diminue considérablement. La révérence aide à protéger
la vie. Le manque de considération initie
généralement des cycles de destruction et de violence en boucle. La Charte des droits de l'Homme et la Charte des droits de la Terre devraient s'enseigner à l'école primaire.
Le
respect des droits et libertés a certes progressé dans les nations «dites» libérales,
bien qu’il subsiste de nombreuses carences. Cependant, en beaucoup de pays, ces
droits sont bafoués, voire inexistants. Généralement en raison de régimes
politiques ou religieux autocratiques, ou d’une combinaison des deux. La
prééminence étatique étant suffisamment lourde, faut-il ajouter une police
religieuse en prime? L’état et la religion ne devraient jamais réglementer la vie privée des gens.
À titre
d’exemple, le droit saoudien basé sur la charia, régule les lois morales et
pénales tant dans la vie privée que dans les activités commerciales. Ce cadre
juridique, couvrant les domaines familial, personnel, pénal et civil, s’applique
à tous les citoyens, aux étrangers séjournant dans le pays, ainsi qu’aux touristes.
Toute personne osant questionner les lois en vigueur, risque des peines sévères
comme celles infligées à Raïf Badawi. L’adultère, l’homosexualité et l’apostasie
sont des crimes pouvant encourir la peine de mort, rien de moins. La police
religieuse (la muttawa) veille à ce
que la charia soit respectée. Cette police peut d’ailleurs «harceler,
poursuivre ou même agresser» les étrangers qui ne suivent pas les règles de
conduite et le code vestimentaire du pays, souligne le gouvernement dans son
avis aux voyageurs. (Réf. : ICI Radio-Canada, janvier 2015)
Actuellement,
plus d’un demi-million de personnes (hommes, femmes, enfants) travaillent dans
des exploitations minières à travers le monde. Sous-payés et aucunement protégés par des normes
de sécurité santé/travail, en fait ce sont des esclaves. En Afrique du
Sud, en mars dernier, les compagnies minières Anglo American et Anglo Gold
Ashanti ont accepté de dédommager des milliers de mineurs d’or atteints de
silicose, une maladie du poumon souvent contractée à cause de la poussière de
silice. Pour avoir droit à une indemnisation, le travailleur doit prouver qu’il
souffre de silicose et avoir travaillé dix ans au minimum. En exploitation
forestière, minière et pétrolière les pratiques colonialistes sont monnaie
courante dans les pays émergeants et pauvres. On est loin de l’équité sociale. Le
vrai prix de l’or : des vies humaines...
Nous
avons eu nos heures de gloire. Aujourd’hui, les compagnies recrutent des étrangers
payés moins cher car ils ne sont pas syndiqués. De sorte que la plupart ne sont
pas protégés par nos normes salariales et de sécurité santé/travail.
Il n’y a pas si longtemps dans notre «belle
province»... LE
TRAVAIL
Les enfants et le travail Au 19e
siècle, les enfants sont considérés
comme des biens économiques par leur famille. En région, comme en
ville, dès l’âge d’environ 7 ans, on
s’attend d’eux qu’ils amènent de l’eau au moulin. Les enfants
travaillent donc sur des terres agricoles, dans les mines, dans les
manufactures, etc. En 1885, on tente de limiter le travail des enfants en
émettant l’Acte des manufactures de Québec, qui interdit aux employeurs
d’embaucher des garçons de moins de 12 ans et des filles de moins de 14 ans.
Cette loi ne s’applique cependant qu’aux enfants qui n’ont pas une autorisation
parentale de travailler, ce qui est loin d’être la majorité.
Via
Webdoc série LES PAYS D’EN HAUT
Les femmes et le travail
En
arrivant sur un nouveau lot, les colons s’installent dans des habitations de
fortune avec le strict minimum jusqu’à de que la nouvelle ferme soit installée.
Les femmes, comme les hommes, doivent défricher, brûler, piocher, semer et
récolter. Lorsque leur mari part au camp de bûcherons, elles doivent s’occuper
de la maisonnée et de la ferme, seules. En plus de participer activement à ce
dur labeur, elles doivent s’occuper des enfants, les nourrir, les soigner et
les éduquer. Les familles nombreuses
sont courantes, puisque les enfants constituent le cœur de la main-d’œuvre à la
ferme.
Via
Webdoc série LES PAYS D’EN HAUT
Les
femmes qui travaillent en ville sont, pour la plupart, des domestiques :
bonnes à tout faire, cuisinières dans des hôpitaux et ménagères dans des
couvents et presbytères. La majorité des domestiques sont logés. Les heures de
travail varient d’un emploi à l’autre, mais une bonne à tout faire peut
s’attendre à faire des journées de 16 à 18 heures et à n’avoir pour congé que
le dimanche après-midi.
Dans les
usines de textiles, de souliers et de tabac, les femmes constituent de 30 à 60%
de la main-d’œuvre. Quatre-vingts pour cent des employés sont des femmes et des
enfants. Les ouvrières, pour la plupart célibataires, gagnent la moitié du
salaire des hommes. Les employeurs le justifient en spécifiant que les femmes
n’ont pas les mêmes responsabilités financières que les hommes, ignorant le
fait qu’en général elles travaillent pour contribuer au budget familial ou
doivent subvenir à leurs propres besoins.
Les accidents de travail Avant
l’adoption de la Loi sur les accidents de travail en 1931, les victimes
d’accidents de travail devaient poursuivre leur employeur en justice à leurs
frais pour obtenir une indemnisation. La plupart du temps, les victimes, faute
de moyens, ne pouvaient se permettre de telles démarches et étaient simplement
privées de revenus.
LE STATUT
Les femmes au 19e siècle Au Canada, les femmes n’étaient pas
considérées comme des «personnes», au même titre que les «Sauvages», les
Chinois, les Japonais, les criminels et les fous. À cette époque, les femmes devaient se
marier, sinon elles se retrouvaient «vieilles filles» ou entraient en religion.
Ce n’est qu’environ 1% des femmes qui choisissaient cette dernière option. Le mariage Au 19e
siècle, le mariage semble promettre un meilleur avenir aux femmes. En effet,
même en travaillant 6 jours par semaine plus de 12 heures par jour, le salaire
est loin d’être suffisant pour permettre à une femme célibataire de se loger et
de subvenir à ses propres besoins.
La
plupart des mères célibataires donnent leur enfant illégitime en adoption à
cause de la pression sociale, mais aussi parce que les maigres salaires
accordés aux femmes ne leur permettent pas de subvenir à leurs besoins. On
adopte aussi les enfants légitimes de familles très pauvres et les orphelins.
Selon le
Code civil du Bas-Canada de 1865, les hommes peuvent se marier dès l’âge de 14
ans et les femmes, dès l’âge de 12 ans. Cependant, si le marié n’a pas 21 ans,
il faut obtenir le consentement des parents du jeune en question avant de
procéder. Si les deux parents ne sont pas d’accord, le consentement paternel
suffit.
Comme on
peut le lire dans le Code civil, le mariage établit très clairement les rôles
des époux. L’homme est le pourvoyeur de la famille. La femme quant à elle, doit
s’occuper des tâches ménagères et des enfants à naître. Selon le Code civil du
Bas-Canada adopté en 1866, la femme
mariée est considérée comme une mineure. Elle ne peut pas exercer une
profession libérale et n’a pas son mot à dire sur le choix de leur lieu de
domicile. Elle ne peut pas vendre, hypothéquer ou acheter de biens immeubles.
Elle ne peut pas non plus signer de contrat sans l’autorisation de son époux.
Faire des commissions et de modestes achats ménagers lui est cependant permis. Ce n’est qu’à partir de 1981 que les époux sont véritablement
égaux dans le mariage.
Famille, probablement
en milieu rural (1950); source inconnue
Au
Québec, les femmes propriétaires peuvent voter sans restriction de 1809 à 1849,
jusqu’à ce que l’on insère le mot «homme» dans la loi électorale. Ce n’est que
le 24 mai 1918 qu’elles
retrouvent ce droit civil au fédéral,
et le 25 avril 1940 au provincial.
Le Québec est la dernière province canadienne à avoir octroyé le droit de vote
provincial aux femmes.
Les autochtones Dans un
rapport de 1876, le ministère de l'Intérieur écrit : «Notre législation indienne
repose sur le principe que les
autochtones doivent rester dans un statut de tutelle et être traités comme des
pupilles ou enfants de l'État […] L'intérêt des autochtones comme celui
de l'État requiert que tous les efforts soient faits pour aider l'homme rouge à
sortir de sa condition de tutelle et de dépendance et il est clairement de
notre savoir et de notre devoir de le préparer, par l'éducation et tout autre
moyen, à un plus haut degré de civilisation en l'encourageant à assumer les
privilèges et les responsabilités d'une citoyenneté entière.»
Pensionnat autochtone (Chaire de recherche du Canada)
Mais il
faut attendre le projet de loi C-31 en 1985 pour que cette loi, à la suite de
l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, soit profondément
amendée. La loi de 1985 supprime notamment les discriminations envers les
femmes et autorise les bandes à déterminer elles-mêmes la liste de leurs
membres, alors que cette prérogative était jusque là exercée par le
gouvernement.
Depuis
1985, plusieurs lois ont été adoptées afin de renforcer les gouvernements
indiens autonomes. En 1999, la loi sur
la gestion des terres des premières nations permet aux bandes de recevoir la
gestion des terres sur leur réserve.
LA
JUSTICE
Le système de justice Au 19e
siècle, le coroner est généralement un médecin qui exerce des pouvoirs
judiciaires dans ses enquêtes qui se déroulent devant la Cour du coroner. Un
jury est composé habituellement de douze hommes honnêtes, sans passé
judiciaire, objectifs par rapport à l’enquête et provenant de la localité où le
décès est survenu ou de l’endroit où a été trouvé le cadavre. Ce jury est alors
régi par un président qui, comme un juge, guide légalement le jury et en reçoit
le verdict.
Dans le
dernier tiers du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les juges de paix sont
des citoyens nommés par le lieutenant‐gouverneur
en conseil pour exercer cette fonction. De manière générale, ils ne sont pas
des juristes (sauf si une dérogation est accordée dans un cas particulier),
mais ils doivent être des «personnes compétentes». Leur rôle professionnel
importe moins qu’un niveau d’instruction suffisant pour remplir leur tâche. Ils
sont parfois médecins, marchands, hommes d’affaires, cultivateurs… Pour accéder
à cette fonction, ils doivent posséder au moins un bien immobilier d’une valeur
fixée par la loi et situé sur le territoire de la région où ils exercent. Ils
prêtent un serment d’allégeance.
Par
ailleurs, certaines personnes sont juges de paix d’office, selon les pouvoirs
liés à leurs charges. C’est notamment le cas des maires et des conseillers
municipaux dans les limites de leur municipalité. Un auteur du début du XXe
siècle précise que les agents des terres et les employés du département des
terres et forêts exercent alors de tels pouvoirs. Ceci est compréhensible dans
un contexte socio‐économique
où la colonisation des nouvelles régions de la province s’avère aussi
importante que difficile.
Source :
www.tribunaux.qc.ca Justice en milieu autochtone (20e
siècle) Bien que
par le passé le Québec ait fait preuve d’un certain dynamisme, il faut
aujourd'hui constater, ici comme dans plusieurs autres provinces et
territoires, que l’administration de la justice en milieu autochtone présente
plusieurs lacunes et pose d'importants défis. Il faut reconnaître que les
citoyens de ces communautés doivent recevoir des services de justice répondant
davantage à leurs besoins, et renouveler notre engagement à répondre à ces
besoins par des mesures concrètes, adaptées à leur réalité.
Dans les
faits, la Cour du Québec ainsi que les intervenants du ministère de la Justice
et ceux du ministère de la Sécurité publique doivent consacrer une énergie de
plus en plus considérable à l’administration de la justice en milieu
autochtone. Dans plusieurs communautés, la criminalité est en hausse constante
et le contexte social se dégrade, ce qui a évidemment un impact sur les
services à rendre et les coûts y afférents.
Photo : film Le Miroir, Andreï Tarkovski; 1974 (1)
Un jour,
moi, Zhuangzi, j’ai rêvé que j’étais un papillon, volant et butinant ici et là. J’étais tout
à ma joie d’être papillon, ignorant que j’étais Zhuangzi. Soudain je
m’éveillai, et j’étais à nouveau moi-même. Or
maintenant, je ne sais pas si j’étais un homme rêvant qu’il était un papillon
ou si je suis maintenant un papillon rêvant qu’il est un homme. Il y a bien
sûr une différence entre un homme et un papillon. La
transition, c’est la transformation des choses matérielles.
~ Tchouang-tseu
Il est
nécessaire d’établir comme une loi que l’aventure n’existe pas. Elle est dans
l’esprit de celui qui la poursuit, et dès qu’il peut la toucher du doigt, elle
s’évanouit pour renaitre bien plus loin, sous une autre forme, aux limites de
l’imagination.
~ Pierre Mac Orlan
L’Autre Andrée
Chedid
«Je est un autre.» Arthur R.
À force de m’écrire Je me découvre un peu Je recherche l’Autre
J’aperçois au loin La femme que j’ai été Je discerne ses gestes Je glisse sur ses défauts Je pénètre à l’intérieur D’une conscience évanouie J’explore son regard Comme ses nuits
Je dépiste et dénude un ciel Sans réponse et sans voix Je parcours d’autres domaines J’invente mon langage Et m’évade en Poésie
Retombée sur ma Terre J’y répète à voix basse Inventions et souvenirs
À force de m’écrire Je me découvre un peu Et je retrouve l’Autre.
Poème inédit commandé par le Printemps des Poètes
2008
--- (1) Le Miroir de Tarkovski introduit une nouvelle
manière de penser/sentir le Temps : non seulement le temps qui s'écoule dans le
plan mais le plan qui se structure selon les rythmes différents du temps. Ce
que nous permet le film Le Miroir de Tarkovski, c'est de penser le Temps
autrement.
Un instant
est l'éternité, L'éternité
est maintenant; Voir à
travers cet instant, C'est voir à
travers celui qui voit.
~ Wu-men Kuan (Les
Fleurs de Bouddha)
Le passé et le présent ne sont au fond que la
présentation d'une même image vue dans un miroir. (...) Pour rejoindre le
passé, il ne suffit pas de marcher à reculons, à rebours du sens chronologique
: par là on ne fera que parcourir les différents moments linéaires d'un ancien
présent. Voir le passé, c'est oublier le présent, se détourner du présent et
passer dans ce monde du temps qui double notre univers spatial. Le passage du
présent au passé se fait en pivotant sur soi. Ce mouvement de pivotement, c'est
au sens propre une conversion, comme dans cette scène où l'enfant est seul dans
la maison et où, quand il tourne sur lui-même, chacun de ses tours fait surgir
un moment différent du temps.
Comme le dit encore Tarkovski lui-même : «L'image
n'est pas une quelconque idée exprimée par le réalisateur, mais tout un monde miroité
dans une goutte d'eau.»
Cette phrase de Tarkovski trouve un écho dans ce
poème de Kabîr, poète mystique indien du XVème siècle :
Qu'une
goutte tombe dans la mer, Tout le
monde peut le comprendre. Mais que
dans une goutte la mer soit contenue, Qui peut
saisir cela? Qu'une
goutte tombe dans la mer, Tout le
monde peut le comprendre, Mais que la
mer tombe dans une goutte, Qui peut
saisir cela?
Ce n'est pas simplement la goutte qui se fond dans
l'océan, c'est l'océan qui se fond dans la goutte. Toute partie est partie d'un
Tout qui existe tout entier en chaque partie. C'est l'enjeu à la fois éthique
et esthétique du film : seule la présence de la partie au tout permet la
présence du tout dans la partie. Plus nous sommes présents au monde, plus le
monde sera présent en nous. Plus nous vivons tout entier en chaque instant, plus
en chaque instant nous pourrons retrouver l'ensemble du temps.
«À moins de recevoir 100 millimètres de pluie, nous
nous attendons à combattre ce feu de forêt pour les mois à venir», a affirmé
Chad Morrison, porte-parole du service gouvernemental Alberta Wildfires, à CBC.
«Ce n'est pas rare pour ce type de feu.» On craint aussi que le brasier ne se
propage vers la Saskatchewan et la Colombie Britannique. Le périmètre s’étend à
plus de 2000 km2. Le feu n’a pas de frontières... ni le vent, ni l’eau.
La plupart des sites d’exploitation pétrolifère ont
diminué ou cessé leur production et procèdent à des évacuations. L'Edmonton
Journal rapporte que le cheptel de 300 bisons entretenu par Syncrude près
de ses installations sera laissé à lui-même. «Nous avons laissé autant d'eau et
autant de nourriture que possible», a expliqué le porte-parole Leithan Slade. Sympa
quand même...
Photo : Fredy Amariles/Reuters – Un chien
attend près des ruines d’une maison.
De bonnes
âmes s’occupent des animaux de compagnie
Plusieurs résidants de Fort McMurray qui n'ont pas
pu amener leurs animaux de compagnie lorsqu'ils ont évacué, ont demandé de
l'aide via les médias sociaux, et, ils ont de bonnes raisons de garder espoir.
L'Edmonton Humane Society a créé un fonds de secours pour les animaux, et a
annoncé qu’elle était prête à effectuer «des opérations de sauvetage». Il
semble que les animaux sont conscients
du feu : «Vous devez comprendre que les animaux sont très intelligents,
explique Alex Pavcek, du service d’incendie de Lesser Slave Lake. Ils ont souvent
prouvé qu'ils étaient capables d’échapper au feu et de se trouver un foyer.» (McClean’s)
Et l’éternelle question demeure : s’agit-il d’un
acte intentionnel? Vu le nombre de psychopathes en liberté, c’est une possibilité.
Un internaute a examiné des données satellitaires de la région. Il aurait repéré
des foyers mineurs d’incendie à quelques endroits en périphérie de Fort McMurray,
un ou deux jours avant le déclenchement de l’incendie principal. Étrange. J’imagine
qu’une fois les cendres retombées, il y aura enquête approfondie.
Le long ruban de l'exode; plus de 90 000 évacués depuis une semaine.
Une fois de plus, je m’évade avec mon passeportsanté : la musique
«Nos réactions à la musique sont ancrées dans quelque
chose de plus profond que la pensée... La musique me donne la liberté de
dériver dans une rêverie personnelle qui n’est pas limitée par les inventions
du compositeur. Et l’une des choses que j’aime de la musique c’est la façon
dont elle fait fondre l'habituel besoin de comprendre. Parfois l’appréciation d'une
oeuvre vient du fait de ne pas savoir, de ne pas comprendre, de ne pas
reconnaître.
J'avais charrié la mort de Lenny dans un paquet
scellé, congelé, un paquet auquel je n’avais pas accès, mais que je ne pouvais
pas jeter non plus. Tant que j'avais peur de regarder à l'intérieur, il
maintenait son joug terrifiant sur moi : cela me faisait peur et me déprimait, car
si je l’avais ouvert, je me serais permis d’éprouver ces sentiments au lieu de sombres
simulacres. Ce n’était pas seulement Lenny qui était congelé; je l’étais aussi.
Tandis que j’écoutais les mots incompréhensibles des chanteurs au Berlin Philharmonic Hall, quelque chose
en moi s’est réchauffé, s’est adouci. Pour la première fois depuis des mois, j’étais
à nouveau capable de ressentir profondément.»
~ Wendy Lesser (Room for doubt;
2007)
«La musique éveille l'âme. La musique a le pouvoir
d’exprimer l'inexprimable.» ~ Aldous Huxley (Music at Night;
1931)
Jason
Headly considère qu’il est important d’intégrer des jurons à la méditation;
autrement, c’est trop sérieux et rebutant. C’est pourquoi il a créé des vidéos
de méditation avec jurons. Génial. Je les écoutées et ça marche. On largue les
obsessions dans le bac de recyclage. L’humour est très efficace pour réduire l’anxiété
et décrocher des soucis, en effet. (En anglais)
Je
pensais à Donald Trump et au slogan qu’il caquète, l’index pointé vers le ciel
comme un preacher – «I will make
America great again!» Que peuvent bien signifier ces propos dans une tête de
linotte?! On devrait imposer de sérieux tests psychologiques à tout candidat
politique... et publier les résultats sur Internet!
«Nous serions prêts à n'importe quoi pour
affirmer le bien-fondé de nos idées : on irait jusqu'à ruiner sa famille ou à
précipiter la perte de nations entières... Derrière toutes les guerres, on
trouve l'idéologie d'une nation qui prétend détenir la Vérité et l'imposer aux
autres.
Le mental
dualiste se conduit toujours en dictateur; incapable de s'ouvrir à la réalité
de la situation, il veut à tout prix manipuler le monde pour lui faire avaler
«sa» vérité. À chaque fois que l'ordre des priorités est renversé – en faisant passer
l'idée avant la réalité – il y a forcément manipulation du réel.
Lorsqu'on
vit de cette façon-là, tout notre univers tourne autour de deux syllabes : «je
veux». C'est la logique du désir qui domine tout, quels qu'en soient les objets
– multiples et changeants, à l'infini. Cependant, la racine même du désir est
toujours la même : le besoin d'affirmer et de conforter l'idée du moi, que nous
prenons pour une entité réelle. Voilà pourquoi nous sommes obligés de manipuler
la vie pour la faire cadrer avec notre projection du «moi».
À vrai
dire, nous ne faisons jamais rien gratuitement; le moindre de nos actes
s'inscrit dans la logique de l'échange : je fais ceci, d'accord, mais en
échange de cela. La vie devient une série de transactions commerciales, sauf
que les termes de l'échange sont beaucoup moins clairs que dans nos achats
ordinaires.
Ainsi, si
vous voulez passer pour un grand altruiste, vous ferez tout pour donner
l'impression que vous n'êtes pas un égoïste (même si c'est loin de correspondre
à la réalité!)
Si je
vous donne quelque chose – de l’argent,
de l’aide, du temps – j’attendrai aussi quelque chose en échange. Au minimum,
je m’attendrai à de la reconnaissance de votre part; après tout, j’ai fait un
geste noble et généreux à votre égard. C’est donnant donnant. Et c’est ainsi que nous faisons de la vie une
vaste opération de troc.
Si vous
vous dévouez à une cause ou à une association, vous en attendez quelque chose
en retour : la reconnaissance de vos bons et loyaux services, un certain
respect, un traitement de faveur. Nous sommes incapables d'un geste gratuit; il
y a toujours un échange, quelque chose à gagner. Nous ferions bien d'afficher
nos prix dès le départ!
Une bonne
partie des rapports familiaux s'inscrivent d'ailleurs dans cette logique
vicieuse de l'échange, sous une forme plus subtile – celle du chantage affectif
: «Comment, après tout ce que j'ai fait pour toi!»
Cependant,
il est rare que la vie nous apporte ce que nous attendons, et, avec un peu de
maturité dans la pratique [zazen], on se rend bien compte qu'on a toujours fait
fausse route en envisageant ses rapports avec l'existence en termes d'échanges.
Le monde n'est pas là pour satisfaire mes désirs et confirmer mes idées. Il est
donc indispensable de se rendre compte à quel point la logique de l'échange
domine nos vies, même si cette prise de conscience est douloureuse.
La vraie
pratique, la spiritualité authentique, commence quand on constate la faillite
de l'échange et de l'attente. Il n'y a pas de meilleur véhicule pour avancer
sur la voie. La déception est un ami précieux et un guide infaillible, même si
ce n'est pas tout à fait le genre d'amitié dont nous avions rêvé!
Résumons-nous
: lorsque nous agissons à partir d'une expérience immédiate – comme quand on
ramasse un grain de raisin tombé par terre – nos actes répondent aux nécessités
du moment. Ce sont donc des actes spontanés, sans manipulation de la réalité. À
l'inverse, les actes qui découlent de la volonté du moi ressemblent aux diktats
d'un tyran qui voudrait soumettre le monde entier à ses désirs. En voulant
plaquer ses idées et ses désirs sur la réalité, on manipule le monde et les
autres pour arriver à ses fins. C'est une vie de calcul, étrangère à la compassion
qui, elle, donne sans rien attendre de personne. La compassion ne connaît pas
l'échange.»
Charlotte Joko Beck, La
logique de l’échange (Soyez
zen ... en donnant un sens à chaque acte à chaque instant; Pocket 1990)
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Je
pensais aux réfugiés de Fort McMurray qui ont soudainement tout perdu – maison, pickup, mode vie, travail, etc. Plus rien,
nada. Même si je n’aime pas cette ville, parce que c'est un symbole rutilant de la mainmise
pétrolière, je suis profondément peinée pour ses habitants. Et, je pense aussi aux
animaux en train de griller vifs dans les boisés adjacents; je ne peux imaginer
pire supplice que de brûler vif encore conscient.
Malheureusement
les incendies continuent de progresser tantôt vers nord, tantôt vers le sud, selon
la direction des vents qui change constamment. Pourraient-ils atteindre les zones
d’exploitation pétrolière elles-mêmes? J'en doute. Car les 142 200 km2 de forêt boréale, de tourbières et de zones humides
(les poumons de la province!) qui couvraient les gisements ont été rasés. Le plus
important site est celui de l'Athabasca, situé autour de Fort McMurray. J’ai
confiance que les grandes compagnies pétrolières internationales qui
investissent dans l’exploitation vont voir à une reconstruction. Peut-être pas par
compassion envers les travailleurs, mais parce qu’ils ont besoin de main-d'oeuvre.
Pour en
savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sables_bitumineux_de_l%27Athabasca
Plusieurs
réfugiés disaient que c’était infernal à mesure que les bombonnes de gaz
propane et les réservoirs d’essence explosaient. Paradoxal
de voir ces milliers de gros pickups pétrolivores (une des images de marque de la
région) défiler sur la route.
Quoiqu'on pense de Fort McMoney, il s'agit quand
même d'un horrible désastre à la hauteur des scénarios apocalyptiques du cinéma.
Au moins, il n'y a pas de morts, contrairement au Moyen-Orient – on ne compte plus les morts dans les populations civiles qui vivent quotidiennement ce genre de tragédies.
Ainsi, nos
expériences d’impermanence peuvent varier en gravité, et parfois être radicales et tragiques. Néanmoins,
nous avons de multiples occasions de pratiquer le détachement au quotidien, en
prévision des vrais coups durs... si jamais il
s’en présente un sur notre chemin.
L’impermanence
- L’impermanence
de toute chose et de tout être est une des données inéluctables de la vie; il suffit
d’y réfléchir un peu pour le constater, en soi et autour de soi. - Si la
notion d’impermanence peut paraître simpliste par son évidence, elle s’avère d’une
importance cruciale pour comprendre le non-soi, ou l’absence de réalité absolue
du moi et des choses, un des postulats essentiels de la philosophie bouddhique.
La plupart des religions croient à une forme de réalité absolue et affirment l’existence
d’un Dieu, de plusieurs dieux ou divinités, d’une âme, de l’atman (hindou), d’un
surmoi ou de toute autre entité. Une bonne compréhension de la notion d’impermanence
permet de se rendre compte que ces soi-disant entités permanentes se
décomposent pratiquement à l’infini en éléments et attributs divers qui sont
eux-mêmes sujets aux changements dus à l’impermanence de la vie (ce qui rejoint
les dernières avancées de la science contemporaine). Quand on examine la nature
de la réalité avec un esprit attentif et lucide, il est impossible de trouver
ne serait-ce qu’une seule caractéristique immuable, et donc ontologiquement
réelle, qui corresponde aux réalités
illusoires créées par l’intellect.
Charlotte Joko Beck, Glossaire (Soyez
zen ... en donnant un sens à chaque acte à chaque instant; Pocket 1990)
Mon plus
grand ami m’a dit un jour à ce propos : «Tout est éternel. Sauf que dans le monde du
temps, il y a un début, une durée et une fin – les glaciers de l’Arctique, les
fleurs, toi et moi…» (P.F.)
Si les
humains pratiquaient seulement les trois premiers préceptes du noviciat
bouddhique, notre monde fonctionnerait déjà mieux : 1. Ne pas tuer 2. Ne pas voler 3. Ne pas mentir
THE
ESTATE OFFICE ACQUIRED FOR CLIENTS
071-723-5333 Artiste :
Joe Webb
Peu de chance d'être lu ce message – car le
document inséré dans la bouteille doit rester lisible au fil du temps.
Sur Internet (faisons abstraction des vidéos virales), envoyer des messages au
hasard, sans s'adresser à quelqu'un en particulier c'est comme lancer des «bouteilles à la mer».
La chanson Tous
les cris les SOS, de Daniel Balavoine, évoque la solitude et la typique bouteille à la mer que les vagues
ramènent à l’expéditeur. N’est-ce pas le lot de beaucoup d’internautes?
On peut aussi penser aux réfugiés qui échouent sur des rivages. On aimerait qu'ils n'existent pas ou pouvoir les retourner à la mer... Le problème est quasiment insoluble. «Que nous pratiquions l’engagement social et la
solidarité tous azimuts, la politique de l’autruche et la bonne conscience des
nantis, ou le racisme souriant d’une certaine bourgeoisie, nous sommes tous dans
le même bateau, tous des «boat people» en quête d’une Terre de justice et de
paix.» (Daniel Laguitton) Tous les
cris les SOS Daniel Balavoine (1985)
Comme un fou va jeter à la mer Des bouteilles vides et puis espère Qu'on pourra lire à travers S.O.S. écrit avec de l'air Pour te dire que je me sens seul Je dessine à l'encre vide Un désert
Et je cours Je me raccroche à la vie Je me saoule avec le bruit Des corps qui m'entourent Comme des lianes nouées de tresses Sans comprendre la détresse Des mots que j'envoie
Difficile
d'appeler au secours Quand tant
de drames nous oppressent Et les
larmes nouées de stress Étouffent
un peu plus les cris d'amour De ceux qui
sont dans la faiblesse Et dans un
dernier espoir Disparaissent
Et je cours Je me raccroche à la vie Je me saoule avec le bruit Des corps qui m'entourent Comme des lianes nouées de tresses Sans comprendre la détresse Des mots que j'envoie
Tous les
cris les S.O.S. Partent
dans les airs Dans l'eau
laissent une trace Dont les
écumes font la beauté Pris dans
leur vaisseau de verre Les
messages luttent Mais les
vagues les ramènent En pierres
d'étoile sur les rochers
Et j'ai
ramassé les bouts de verre J'ai
recollé tous les morceaux Tout était
clair comme de l'eau Contre le
passé y a rien à faire Il faudrait
changer les héros Dans un
monde où le plus beau Reste à
faire
Et je cours Je me raccroche à la vie Je me saoule avec le bruit Des corps qui m'entourent Comme des lianes nouées de tresses Sans comprendre la détresse Des mots que j'envoie
Tous les
cris les S.O.S. Partent
dans les airs Dans l'eau
laissent une trace Dont les
écumes font la beauté Pris dans
leur vaisseau de verre Les
messages luttent Mais les
vagues les ramènent En pierres
d'étoiles sur les rochers
Y a-t-il de «vieux» québécois qui se souviennent
des paroles du politicien Pierre-André Paré alors sous-ministre au Ministère
du Revenu? «Tout est
privilège concédé par l’État : votre voiture, votre maison, votre profession,
bref votre vie; et ce que l’état donne, il peut le reprendre si vous n’êtes pas
un contribuable docile.»
(Propos rapportés dans le journal Le Devoir du 6
avril 1996) ~~~
«Les massacres entre hommes ne se comprennent que
dans ces périodes barbares où le manque de nourriture, la réelle lutte pour la
vie, contraignait des peuplades à se jeter sur leurs voisins pour leur arracher
les vivres qu’ils possédaient ou, parfois, pour se repaître de ces voisins
eux-mêmes.
Par quel aveuglement des hommes en viennent-ils à
s’entretuer pour une ambition de despote ou de ministre, une parole de
diplomate, une combinaison entre financiers ou toute autre cause qu’ils
ignorent absolument et qui ne peut les toucher en rien?»
~ Alexandra
David-Néel (Pour la vie)
Collage : Joe Webb (1). Matière à réflexion...
«Les êtres ont droit au bonheur, si l'on peut
parler de droit ici. Je veux dire qu'ils ont l'instinct du bonheur comme ils
ont celui de manger, car qu'est-ce que le bonheur sinon la satisfaction d'un
besoin de notre organisme, d’un besoin matériel ou mental. Nous sommes absurdes
de trouver mauvais que tel être cherche son bonheur de telle manière qui
correspond à l'étoffe dont il est fait.
Les vieux principes, la hiérarchie des pensées et
des actes, toute l'échelle du Bien et du Mal nous tient trop encore et les plus
affranchis d'entre nous ne peuvent guère se défendre de jauger les gestes
d'autrui selon leur propre catalogue. Oh! les dogmes, les devoirs, l'idéal,
quelles sources de tortures!... On veut être ceci, on veut que ceux qui vous
approchent soient cela et, ni soi ni les autres ne ressemblent au modèle
rêvé... Alors c'est la contradiction perpétuelle.»
~ Alexandra
David-Néel (Journal de voyage, Lettres à son mari; Presses-Pocket)
~~~ (1) Joe Webb (1976) utilise des magazines vintage, des imprimés éphémères, qu'il a collectionnés pour créer de simples mais élégants
collages. À l'aide de la combinaison des images il transforme la scène
originale en quelque chose de surréaliste mais dont le message est très fort.
Il aborde des sujets tels que le réchauffement de la planète, la guerre, la
famine et expose les défis de la vie dans notre monde contemporain.
«J'ai commencé à créer ces collages artisanaux comme
une sorte de réaction luddite au travail de graphiste sur ordinateur que j’ai
pratiqué pendant de nombreuses années. J'aime les limites du collage... on doit
composer avec des images existantes et une paire de ciseaux; il n'y a pas d'options
Photoshop pour redimensionner, ajuster les couleurs ou annuler. Comme règle de base je n’utilise que deux ou trois
images... avec lesquelles je peux réinventer la scène originale pour
communiquer une nouvelle idée. Je suppose que je suis devenu assez
anti-technologie... même si maintenant je promeus mon art sur des sites web, queje possède un iPhone et utilise Facebook...
ça porte à confusion, j'aurais préféré vivre il y a 100 ans.»
«Médicamentée
et motivée.» Collage : Anne Taintor (1)
«Elle ramassa une conserve et l’inséra dans
l’ouvre-boîte électrique. Elle pressa sur le levier et regarda la boîte tourner
tandis que les lames rotatives découpaient proprement le couvercle. Je
l’observais les bras croisés en me disant que les cuisines étaient dangereuses.
Quel arsenal – couteaux, feu, corde, brochettes, hachoir à viande, pilons et rouleau
à pâtisserie. La femme moyenne doit passer une bonne partie de son temps à
contempler avec bonheur les outils de son métier : appareils pour broyer,
pulvériser, moudre et réduire en purée; ustensiles pour percer, trancher, disséquer
et désosser; sans mentionner les produits de nettoyage qui, une fois ingérés,
sont capables d'éradiquer la vie humaine en même temps que les germes.» ~ Kinsey Millhone, inM is for Malice, par Sue Grafton (2)
«Si les
regards pouvaient tuer, les femmes n’auraient pas besoin de poêles à frire.» Collage :
Anne Taintor.
Deux
femmes douées et gratifiées d’un formidable sens de l’humour :
(1) Anne
Taintor graduated from Harvard in 1977 with a degree in Visual and
Environmental Studies. After college, she focused on collage, and her work
always incorporated a subtle humor and playfulness. For years, Anne’s art was
more of a sideline than a full-time occupation. But in 1985, she was a single
mother searching for a way to spend more time at home with her daughter than
her job in cartography permitted, and she began to develop a line of collaged
pins and magnets. The new collages combined vintage images with Anne’s own
interpretation of what these men and women might really be thinking. They were
instantly a hit with Anne’s customers, though it took a little longer for her
to be brave enough to “quit her day job”. In 1999, with her daughter away at
college, Anne and her husband moved to a tiny town (population 80!) in
Northcentral New Mexico. She now lives and works in an eclectic antique house
in Portland and continues to cherish making all you smart women and men smile. http://www.annetaintor.com/
(2) Sue Grafton is published in 28 countries
and 26 languages – including Estonian, Bulgarian, and Indonesian. She's an
international bestseller with a readership in the millions. She's a writer who
believes in the form that she has chosen to mine: "The mystery novel
offers a world in which justice is served. Maybe not in a court of law,"
she has said, "but people do get their just desserts." And like Raymond
Chandler and Ross Macdonald, Robert Parker and the John D. MacDonald – the best
of her breed – she has earned new respect for that form. Her readers appreciate
her buoyant style, her eye for detail, her deft hand with character, her acute
social observances, and her abundant storytelling talents. She's been married
for more than twenty years. She has three kids and four grandkids. She loves
cats, gardens, and good cuisine – not quite the nature-hating, fast-food loving
Millhone. So: readers and reviewers beware. Never assume the author is the
character in the book. Sue, who has a home in Montecito, California
("Santa Theresa") and another in Louisville, the city in which she
was born and raised, is only in her imagination Kinsey Millhone – but what a
splendid imagination it is. http://www.suegrafton.com/
Tout comme l’auteur de cet article, que j’apprécie
entre autres pour son sens de l’humour (1), j’utilise encore des cartes «papier»
quand je voyage en région inconnue. Mais
l’autre jour, n’ayant pas de carte sous la main, j’aurais aimé avoir un GPS pour
me piloter dans l’arrondissement d’une grosse ville de banlieue conçue comme un
labyrinthe. J’ai tourné en rond pendant 40 minutes avant d’en sortir! J’étais
un peu fru, je le concède.
Trop
utiliser votre GPS pourrait vous tuer Des virages erronés jusqu’aux maladies physiques,
la navigation par satellite présente des risques
Par George Michelsen Foy (PsychologyToday)
Je navigue avec une boussole et des cartes depuis
ma jeunesse, et je continue à trouver mon chemin avec ce moyen Néandertalien (au
lieu du GPS de mon smartphone) pour une raison bien simple : j'aime ça.
Toutefois la semaine dernière, lors d’un voyage dans
l’ouest de la Pennsylvanie, en bon adolescent, mon fils m'a lancé un défi :
il prétendait pouvoir revenir à New York avec son smartphone plus facilement et
plus vite que moi avec ma carte et mes directions écrites.
Nous sommes donc partis en suivant les conseils du
robot. Nous avons d'abord stagné sur une petite route où l'appareil ne voulait qu’on
aille; au lieu de nous suggérer de rebrousser chemin de cinquante pieds, le GPS
nous a pilotés dans un cercle de cinq milles et ramenés exactement au point de
départ pour nous faire recommencer. Puis il nous a menés tout droit vers une route
escarpée d’Allegheny, sur un chemin de gravier qui aurait pu être impraticable,
dépendant de la température.
Heureusement, il faisait beau. Et, à peu près une
heure plus tard, l’application Google Maps GPS nous dirigea vers le péage Pennsylvania
à travers un dédale de chemins de campagne qui n’ont pas vraiment réduit notre
temps de parcours, mais nous avons traversé un coin de pays que nous n'aurions
jamais vu autrement; j’en remercie Google et mon fils.
Rien n’empêche que même si le GPS – Global
Positioning [Satellite] System – est extrêmement
utile et de plus en plus indispensable à notre économie branchée sur la
technologie, il peut aussi, comme tous les outils puissants, être dangereux. Ce
danger se présente de deux manières.
Image : Fumiste Studios
Le premier danger vient de la dépendance excessive
à la technologie, au point où nous devenons incapables de nous débrouiller quand
elle fait défaut. Les exemples sont légion. Une mère, guidée par son GPS, roule sur
la voie ferrée d’une gare de banlieue à Brighton, Mass., elle a juste le temps
de sortir de l’auto avec ses enfants avant qu’un train n’aplatisse sa voiture.
Un homme, suivant aussi les instructions du GPS, roule sur les pistes achalandées
d’un aérodrome de Fairbanks, Alaska; également en Alaska, le GPS mène un conducteur,
et son véhicule, au bout d’un quai de la Baie de Prince-William. Un enfant meurt
parce que le GPS de sa mère les guide sur un mauvais chemin dans la Vallée de
la Mort, Calif. Le GPS d'un énorme navire de croisière, le Royal Majesty, ne
fonctionne plus, mais les officiers ne le remarquent pas et suivent plutôt le
curseur clignotant... jusqu’à ce que le bateau échoue sur les hauts-fonds de
Nantucket. ... Le gouvernement britannique effectue alors des tests de simulation pour
savoir ce qui se passe quand le GPS bloque, et voyant les résultats désastreux,
conclut laconiquement : «[Les questions
soulevées incluent], l’équipage
est-il capable de revenir rapidement aux outils de navigation traditionnels, et
par extension, a-t-il la compétence pour les utiliser? ... Étant donné la dépendance accrue à la
navigation par satellite, ces compétences n'étant plus utilisées quotidiennement,
elles ne vont plus de soi.»
À cause des GPS, de plus en plus de gens oublient leurs
compétences de navigation personnelles. À la porte d’un bar newyorkais, une
touriste m'a récemment demandé les directions pour le Washington Square. Elle disait
que la jeune barmaid n’avait pas pu l’aider parce que la batterie de son
smartphone était à plat. Nous pouvions voir le Square d’où nous étions, à deux blocs,
sur la même rue. Ce genre d’incapacité de naviguer par soi-même est en train de
devenir endémique, surtout chez les «Y».
Il y a cependant un autre danger, beaucoup plus
grave, sinon plus insidieux. La dépendance excessive au GPS et aux technologies
connexes – avec la mise en veille de fonctions cérébrales qu’autrement nous
utiliserions pour nous orienter – nuit directement à notre santé physique.
Lors d’une série d'essais cliniques approfondis,
Véronique Bohbot (Université McGill à Montréal), Tom Hartley (UCL / London) et
Denise Head (Université de Washington à St. Louis) ont prouvé que les gens qui réagissent
constamment par réflexe pour s’orienter – une attitude typique des utilisateurs
de GPS, par opposition à ceux qui s’orientent par eux-mêmes – souffrent d'une
perte mesurable de matière grise au niveau de l'hippocampe. (L'hippocampe est cette
partie du cerveau qui nous aide à nous situer dans l’espace.) Cette atrophie augmente
considérablement leurs risques de développer des maladies neurologiques telles
que la maladie d'Alzheimer et la démence.
Dans une récente interview au sujet du rôle de
l'hippocampe, Bohbot a résumé succinctement la situation : «Utilisez-le, ou perdez-le!».
Abandonner complètement nos compétences de navigation
personnelles au profit du GPS présente un troisième inconvénient. Ce n'est pas
un danger comme tel, mais il a son importance. Naviguer avec nos facultés
cognitives, aidés de cartes, d’une boussole et de notre sens de l’orientation,
nous permet d'être dans le monde avec une émotion et un sentiment de pouvoir qui
surgissent uniquement lorsque nous nous fions à nos propres compétences pour trouver
notre chemin – et nous risquons de les perdre si nous ne les utilisons pas. Interagir
ainsi nous permet d’absorber la façon dont le monde fonctionne et de comprendre
à quel point il est complexe et merveilleux; et à reconnaître que cette partie
de nous qui peut performer de si nobles tâches est elle-même complexe et merveilleuse.
Finding North A non-fiction book by GM Foy, will
be published by Flatiron Books / Macmillan U.S. May 10, 2016
Photo
:GM Foy Crew hoists sails on Haitian cargo
sloop, on which the author traveled. The ship's skipper navigates using
only stars and local knowledge.
Le fait que la méduse ait survécu 650 millions d’années
sans squelette, ni cerveau, ni queue ni tête, ni droite ni gauche, nous
rassurait sur notre propre survie. Les exploits du Physarum polycephalum renforcent
notre espoir. «Anthropomorphisme!», s’exclameront les
créationnistes.
Source : Agence France Presse
Le Physarum
polycephalum
Il n'a pas le moindre neurone, mais il est capable
d'apprendre : un organisme vivant étonnant constitué d'une unique cellule a
montré qu'il savait tirer des leçons de ses expériences pour se nourrir sans
risque, révèle une étude.
«C'est la première fois que l'on prouve qu'un
organisme unicellulaire est capable d'apprentissage», déclare à l'AFP Romain
Boisseau, chercheur en biologie et co-auteur de cette étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B.
«Cela prouve que l'apprentissage ne nécessite pas
forcément de système nerveux (neurones, cerveau)», ajoute Audrey Dussutour,
chercheuse CNRS (Centre national de la recherche scientifique) à l'Université
Toulouse III Paul Sabatier (France).
Nous avons largement perdu cette capacité de nous
fier à notre instinct. Peut-être faudrait-il imiter le Physarum et y revenir en
remplacement de notre discernement également en voie d’extinction.
«L'expérience : une utile radoteuse.» ~ Anne
Barratin (1845-1911)
«La vie est si courte, les facultés de l'homme
sont si bornées, quelque admirables qu'il les suppose, et il en est si peu
maître, que, quand il a commencé sa carrière dans un sens, et que le hasard
fait qu'il la continue dans un autre, tout ce qui lui reste d'existence n'est
pas suffisant pour effacer les premières impressions qu'il a reçues, et qu'il
se trouve toujours malgré lui dans une fausse position.» ~ Constance
de Théis (1767-1845)