GTA : Groupe Terroristes Athées – Avez-vous déjà vu des tueurs-kamikazes
athées se faire sauter en public pour tuer le plus de croyants possible afin de
promouvoir l’athéisme?Bien que
certains athées soient militants, à ma connaissance, il n’existe pas de «fous de l’athéisme».
Sans idéaliser l’athéisme, en général les athées honorent
la liberté d’expression, l’égalité entre hommes et femmes, le raisonnement
scientifique, et respectent les intellectuels, les homosexuels et les croyants.
En tout cas, les croyants n’ont pas à craindre une
potentielle conquête du monde par les athées. C’est à peine si le Pew Research Centre mentionne leur
existence dans ses rapports statistiques; en outre, le pourcentage mondial d’athées
serait nettement en déclin... http://www.pewforum.org/2015/04/02/religious-projections-2010-2050/
Tout au long de l’histoire, les humains ont commis
des génocides, alors, il n’est pas nécessaire d’avoir une imagination
particulièrement morbide pour penser que ceux qui veulent en commettre prendront
tous les moyens pour y arriver. Comme
il y a toujours eu des gens prêts à mourir pour des causes. Là où le bât
blesse, c’est quand des factions, drapées dans leur bon droit, entendent nous imposer
leurs doctrines. Ainsi, ce ne sont pas les races et les ethnies elles-mêmes qui
éveillent l’animosité (ou la phobie) mais plutôt leurs tentatives barbares,
cruelles et arriérées de soumettre autrui à leurs convictions religieuses,
nationalistes ou politiques.
Le contrôle politico-religieux, basé sur des
doctrines de conception humaine, reste le dénominateur commun de nos vains et
récurrents débats autour de la laïcité, de la religion, de la foi et de
l’athéisme.
Si une idéologie religieuse, sectaire, politique,
économique, sexiste, suprémaciste, etc., pousse un individu à tuer ses
semblables, il peut toujours troquer sa doctrine contre quelque chose de plus viable, s’il est prêt à évaluer
objectivement son adhésion.
«Celui qui soutient sa folie par le meurtre, est un fanatique. Le fanatisme est mille fois plus dangereux que l'athéisme philosophique.» ~ Voltaire
«Une
croyance est l’œuvre de notre esprit. Elle est humaine et nous la croyons Dieu»,
disait Fustel de Coulanges (1830-1889). Ce dernier, dans son ouvrage «La Cité antique», mettait en lumière
les rapports entre la propriété et les institutions politico-religieuses. Selon
lui, «les anciens ne connaissaient ni la
liberté de la vie privée, ni la liberté de l’éducation, ni la liberté
religieuse. La personne humaine comptait pour bien peu de chose vis-à-vis des
autorités presque divines de l’Église et de l’État.»
Aide-mémoire utile à la remise en question :
Religion
: reconnaissance par l’homme d’un pouvoir ou d’un principe supérieur de qui
dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus; attitude morale qui
résulte de cette croyance, en conformité avec un modèle social, et qui peut
constituer une règle de vie – incluant assez souvent des rituels, des objets de
culte et des codes vestimentaires spécifiques. Politique
: relatif à l’organisation et à l’exercice du pouvoir dans une société
organisée, au gouvernement de l’État.
Croyance
: une croyance est une chose qui nous tient à cœur parce que nous pensons
qu’elle est vraie; les croyances sont généralement acquises par lavage de cerveau
parental, socioculturel, politique, religieux, médiatique, etc. (La quantité
d’impressions qui s’accumulent en nous est imposante. Les psychologues en
recherche comportementale ont estimé que les signaux verbaux acquis de nos
parents durant l’enfance, et qui continuent à défiler dans nos têtes comme des vieux
disques usées, correspondent à eux seuls à plus de 25 000 heures de pur conditionnement.)
Doctrine
: ensemble de notions qu’on affirme être vraies et par lesquelles on prétend
fournir une interprétation des faits, et orienter ou diriger l’action.
Dogme :
point de doctrine établi ou regardé comme une vérité fondamentale,
incontestable – dans une religion, une école philosophique, etc.
[...] Qu’est-ce qui cause les guerres
religieuses, politiques ou économiques? Ce sont les croyances, sous forme de
nationalisme, d’idéologie ou de dogmes. Si nous n’avions pas de croyances, mais
de la bienveillance, de l’amour et de la considération les uns pour les autres,
il n’y aurait pas de guerres. Mais nous sommes nourris de croyances, d’idées et
de dogmes et par conséquent nous semons le mécontentement. La crise est
exceptionnelle, et nous, en tant qu’êtres humains, devons voir les causes de la
guerre et leur tourner le dos, sous peine de continuer dans la voie des
conflits perpétuels et des guerres successives qui sont le résultat de nos
actions quotidiennes. Ce qui
cause les guerres c’est le désir d’avoir du prestige, du pouvoir, de l’argent;
et aussi la maladie qui s’appelle nationalisme avec le culte des drapeaux, et
la maladie des religions organisées avec le culte des dogmes. Si vous, en tant
qu’individus, appartenez à une quelconque religion organisée, si vous êtes
envieux, vous produisez nécessairement une société qui aboutira à la
destruction. Ainsi donc, encore une fois, la situation dépend de vous et non de
vos leaders, hommes d’État, premiers ministres et autres personnages; elle
dépend de vous et de moi, mais nous n’avons pas l’air de nous en rendre compte.
Si nous pouvions une seule fois réellement sentir la responsabilité de nos
propres actes, comme nous mettrions rapidement fin à toutes ces guerres, à
cette effroyable misère! Mais, voyez-vous, nous sommes indifférents. Nous avons
nos trois repas jours, nous avons nos emplois, nous avons nos comptes en
banque, petits et grands, et nous disons : «pour l’amour du ciel, ne nous
dérangez pas, laissez-nous tranquilles». Plus notre situation est élevée, plus
nous voulons une sécurité, une pérennité, une tranquillité, et que les choses
demeurent en l’état où elles sont. Mais on ne peut pas les y maintenir, car il
n’y a rien à maintenir, tout est en décomposition. Nous ne voulons pas le
savoir, parce que nous ne voulons pas voir en face le fait que vous et moi
sommes responsables des guerres. Nous pouvons parler de paix, organiser des
conférences, nous asseoir autour de tables et discuter; mais intérieurement,
psychologiquement, nous sommes assoiffés de pouvoir, nous sommes mus par
l’avidité. Nous intriguons, nous sommes nationalistes, enfermés dans des
croyances et des dogmes pour lesquels nous sommes prêts à mourir et à nous
détruire les uns les autres. Pensez-vous qu’étant ainsi faits nous puissions
avoir la paix dans le monde? Pour l’avoir il nous faudrait être pacifiques et vivre
pacifiquement, ce qui veut dire ne pas créer d’antagonismes. [...] Pour
mettre un terme aux tourments de la faim et des guerres il faut une révolution
psychologique et peu d’entre nous acceptent de voir ce fait en face. Nous
discuterons de paix, de plans, nous créerons de nouvelles ligues et des Nations
Unies indéfiniment, mais nous n’instaurerons pas la paix, parce que nous ne
renoncerons pas à nos situations, à notre autorité, à notre argent, à nos
possessions, à nos vies stupides. Compter sur les autres est totalement futile;
les autres ne peuvent pas nous apporter la paix. Aucun chef politique ne nous
donnera la paix, aucun gouvernement, aucune armée, aucun pays. Ce qui nous
apportera la paix ce sera une transformation intérieure qui nous conduira à une
action extérieure. [...] La paix ne viendra que lorsque vous
serez vous-même en paix, que lorsque vous serez en paix avec votre voisin.
(Extrait, Chapitre 10. SUR LA GUERRE)
La première
et la dernière liberté Par Krishnamurti
(1895-1986) Préface d’Aldous Huxley; 1954 Éditions Stock
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«On tue un homme : on est un assassin. On en tue
des millions : on est un conquérant. On les tue tous : on est un Dieu.» ~
Jean Rostand (1894-1977 / Pensées d'un
biologiste)
«L'athéisme
est une forme d'humilité. C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en
effet, et nous laisser la charge de devenir humains.» ~ André
Comte-Sponville (né en 1952 / Présentation
de la philosophie)
«Accepter une loi dictée au sommet du Sinaï est
une démission humaine. N'attendons pas une vérité révélée pour savoir comment
nous comporter. C'est à nous de décider en commun ce qu'il faut faire et ce
qu'il ne faut pas faire.» ~ Albert
Jacquard (1925-2013 / Petite philosophie
à l'usage des non-philosophes / 1997)
«L'homme est
une merveilleuse curiosité ... il pense qu'il est le chouchou du créateur... et
qui plus est, il croit que le créateur l'aime; qu'il est passionné par lui :
qu'il se lève la nuit pour l'admirer; qu'il le protège et qu'il le sauvegarde
des mésaventures. Il lui adresse des prières et il pense qu'Il l'entend. N'est-ce
pas là une idée pittoresque?» ~
Mark Twain (1835-1910 / Lettres de la
Terre)
«Le plus nocif des legs de Muhammad est peut-être
d'avoir soutenu que le Coran est la parole même de Dieu, vraie à jamais,
faisant ainsi obstacle à tout progrès intellectuel et oblitérant tout espoir de
liberté de pensée qui seuls permettraient à l'islam d'entrer dans le XXIème
siècle. [...] La nature totalitaire de l'islam
n'est nulle part plus apparente que dans le concept de Jihad, la guerre sainte,
dont le but final est de conquérir le monde entier et de le soumettre à la
seule vraie religion, à la loi d'Allah. [...]» ~
Ibn Warraq (Pourquoi je ne suis pas
musulman / 1999)
«La laïcité est une valeur essentielle, avec ce
souci de la liberté de conscience et de l'égalité de tous les hommes, qu'ils
soient croyants, athées ou agnostiques. L'idéal laïc n'est pas un idéal négatif
de ressentiment contre la religion. C'est le plus grand contresens que l'on
puisse faire sur la laïcité que d'y voir une sorte d'hostilité de principe à la
religion. Mais c'est un idéal positif d'affirmation de la liberté de
conscience, de l'égalité des croyants et des athées et de l'idée que la loi
républicaine doit viser le bien commun et non pas l'intérêt particulier. C'est
ce qu'on appelle le principe de neutralité de la sphère publique. [...] L'esprit critique va de paire avec la liberté de conscience.
C'est une valeur essentielle de la laïcité.» ~
Henri Pena-Ruiz, philosophe (MAIF infos
septembre 2003)
Penser que
le monde vous traitera avec bienveillance parce que vous êtes bon, c’est comme
penser qu’un taureau ne vous attaquera pas parce que vous êtes végétarien. Anyway... don't push your luck if you're not vegetarian.
Lâcher de taureaux à Pampelune, 2013. On estime à
3 millions le nombre de personnes qui peuplent les rues de la ville pendant
neuf jours en juillet, année après année. Un festival lors duquel on libère
dans les rues des taureaux préalablement excités pour les rendre agressifs. Le jeu (!) consiste à courir devant un
taureau sans le toucher, sur un segment donné du parcours, et à s'écarter
ensuite, afin de laisser place aux autres coureurs. Plusieurs personnes ont été
gravement blessées : coups de cornes à l’estomac, à l’aine, aux bras et aux
cuisses, à la tête; un homme a failli y laisser sa peau en essayant vainement
de fuir les attaques d’un taureau de 600 kg qui le traitait comme une poupée de chiffon. Un divertissement
stupide et dangereux datant du Moyen-âge.
Il y a des jours où il faut se bercer d’illusions pour continuer d’espérer un monde
meilleur.
Je lisais tantôt que la population américaine
s’élève à 317 millions et qu’il y a 357 millions d’armes à feu en
circulation. À la suite d’une récente fusillade, je ne sais plus laquelle (y en
a tellement!), il se vendait 2 armes à feu à la seconde chez nos voisins. Selon
le site Shooting Tracker, plus d'une
tuerie faisant plus de quatre victimes est survenue chaque jour, en moyenne,
sur le territoire des États-Unis. La chercheuse à la Hoover Institution de
l'Université Stanford estime que 30 000
Américains (une moyenne de 90 par jour) meurent chaque année sous les balles, par règlements de compte,
accidents, tueries de masse ou autres. Dans le temps du Far West y’avait pas
mal moins de monde, mais là, s’ils se mettent à tous s’entretuer aux coins des
rues en même temps... Une
société indépendante lancera en janvier un canal de télé-achat baptisé GunTV; les
gens pourront commander par téléphone ou sur internet des armes et des accessoires
militaires. Un Big Mac pis une frite avec
ça? La bande-annonce sirupeuse affirme que la population américaine est la
mieux armée de la planète et que c’est une source de revenus extraordinaire. No
doubt. Les associations
et les propriétaires d’armes se battent comme diables dans l’eau bénite à
chaque fois qu’il est question de registre et de contrôle. Ils ressortent leur
disque rayé – «le fusil n’est pas dangereux, c’est l’utilisateur qui l’est; celui
qui veut tuer peut aussi bien se servir d’une arme blanche». Tiens donc! Sauf
qu’avec une mitrailleuse, il peut tuer/blesser 50 personnes en 5 minutes. Aux
États-Unis en 2014 - tueries de masse : 116 - tueries dans les écoles (après Newtown) :
74
~~~
Le poète, fuyant les «ténèbres balkaniques»,
s’installa à Paris avec son épouse en 1933. Puis... vinrent les «ténèbres
germaniques» de la seconde grande guerre. Pas de chance. Pourtant,
il voulait croire en la bonté de l’homme.
Rien
n’obscurcira la beauté de ce monde Ilarie
Voronca *
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La
souffrance Peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le
regret, L’amertume, peuvent élever leurs murailles de
cendres, La lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit, Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu Le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
Et les veilles auprès du mourant. Et le retour Vide, du cimetière. Et le terrible regard de
l’épouse Abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger, Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Ah! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner Mes yeux d’ici-bas. On se demandait :
«Résistera-t-il?» Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
Sombres, recouvraient les jardins à mon approche La femme aimée tournait de loin sa face aveugle Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Je savais qu’en dessous il y avait des contours
tendres, La charrue dans le champ comme un soleil levant, Félicité, rivière glacée, qui au printemps S’éveille et les voix chantent dans le marbre En haut des promontoires flotte le pavillon du
vent Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Allons! Il faut tenir bon. Car on veut nous
tromper, Si l’on se donne au désarroi on est perdu. Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle. Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant, Rappelle-toi les douces rencontres, les serments, Car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Il faudra jeter bas le masque de la douleur, Et annoncer le temps de l’homme, la bonté, Et les contrées du rire et la quiétude Joyeux; nous marcherons vers la dernière épreuve Le front dans la clarté, libation de l’espoir, Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Beauté de ce monde, Le Sagittaire,
1940
* Ilarie
Voronca, de son vrai nom Eduard
Marcus (1903-1946), est un poète et écrivain d’origine roumaine; il obtint
la nationalité française en 1938.
Le même fleuve de vie Qui court à travers mes veines nuit et jour Court à travers le monde Et danse en pulsations rythmées. C’est cette même vie qui pousse à travers La poudre de la terre sa joie En innombrables brins d’herbe, Et éclate en fougueuses vagues de feuilles et de
fleurs. C’est cette même vie que balancent flux et reflux Dans l’océan-berceau de la naissance et de la
mort. Je sens mes membres glorifiés au toucher de cette
vie universelle. Et je m’enorgueillis, Car le grand battement de la vie des âges C’est dans mon sang qu’il danse en ce moment.
Quel que
soit ton âge si tu ne
retrouves pas ta mère au supermarché... t’as raison
de paniquer!
Mme Thérèse Mac Guire, Montréal, 1974 – Pendant
plus de deux ans, Claire Beaugrand-Champagne
s’est intéressée aux personnes âgées. Visitant foyers, centres de loisirs,
centres de rencontre et maisons privées, elle a photographié près d’une
centaine d’hommes et de femmes qu’on dit âgés. Elle en a fait une exposition, La vieillesse, c’est dans la tête des autres,
qui a circulé au Canada.
«Je ne me sens aucun âge. De temps en temps, je
constate que je n'ai pas la force que j'avais il y a vingt ans, mais c'est une
infirmité qui aurait pu se produire aussi bien quand j'en avais quarante :
j'aurais pu avoir une sciatique ou une insuffisance cardiaque à cet âge aussi
bien qu'aujourd'hui. Autrement non, aucun âge. Si c'est un âge quelconque,
c'est plutôt l'enfance; l'éternité et l'enfance.» ~ Marguerite
Yourcenar (Les yeux ouverts)
Un personnage coloré
à tous points de vue.
J’ai enfin vu Floride
– trois mois plus tard en Nouvelle France...
Habituellement, les cinéastes abordent l’Alzheimer
avec sérieux. Compréhensible, si l’on songe qu’aux États-Unis une personne développe cette maladie à toutes les 67
secondes. C’est énorme! Tout le monde devrait suivre un cours de base en
prévision d’un job d’aidant naturel surprise. Les déficiences cognitives et la
démence sont très difficiles à gérer sans compétences adéquates (1).
Philippe Le Guay présente néanmoins l’affreuse
situation avec humour. Je trouve ça génial simplement parce qu’on oublie trop souvent
d’en rire – ce qui allégerait le côté sombre. Je me rappelle combien je m’entêtais
à raisonner ma mère au début. Par exemple, elle était convaincue qu’une de ses sœurs
avait été assassinée par la famille – ce qui était faux, bien sûr. Mais, impossible
de lui faire entendre raison, elle n’avait plus de raison! Elle était ancrée dans
son monde intérieur peuplé de fantasmes, de lubies, de fantômes, de peurs, d’angoisses,
de rêves, hors du temps et de l’espace, confuse et incapable de discerner le
vrai du faux.
Certains critiques ont jugé le film pessimiste (à
noter que la maladie est incurable, alors...) et les flash-back/fast-forward un
peu inutiles. Étrange parce que c’est une dynamique relationnelle importante de
la maladie. La personne bondit comme une chèvre dans le réel et l’irréel, dans
le passé, le présent et le futur, sans jamais créer de lien logique. Difficile à
suivre et c’est là que le bât blesse. J’ai mis du temps à lâcher prise, oulala.
Floride m’a
fait revivre ma colère, ma frustration, mon désarroi, mes impatiences, mais
aussi des petits moments plus joyeux – c’est tellement «ça». Merci au cinéaste pour
l’excellent exutoire. Et puis, Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain sont
impeccables, ainsi que tous les autres comédiens.
Note positive. La zoothérapie transformait ma mère
: à chaque visite hebdomadaire elle s’allumait, riait et avait énormément de
plaisir. Au moins ça de gagné.
Je vous souhaite de garder toute votre tête jusqu’à
votre mort.
~~~
Muet. Le lien des mots commence à se défaire aussi. Il sort des mots. Frontière. Pour un peu de temps nous le voyons encore. Il n'entend presque plus. Hélerons-nous cet étranger s'il a oublié notre langue, s'il ne s'arrête plus pour écouter? Il a affaire ailleurs. Il n'a plus affaire à rien. Même tourné vers nous, c'est comme si on ne voyait plus que son dos.
Dos qui se voûte pour passer sous quoi?
~Philippe Jaccottet (À la lumière de l’hiver)
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(1) Plusieurs maladies causent la démence et
celle-ci peut progresser ou rester stable selon la maladie qui en est à
l'origine. Environ 8 % de la population canadienne souffre d'une certaine forme
de démence, mais sa prévalence augmente considérablement avec l'âge. La démence
touche environ 2 % des personnes de 65 à 74 ans, mais frappe 34 % de celles de
plus de 85 ans. La
maladie d'Alzheimer représente environ 50 % de tous les cas. Elle provoque un
dommage graduel aux neurones et éventuellement leur dégénérescence complète. Le
premier symptôme le plus courant est la perte de mémoire et les oublis rapides.
Les personnes atteintes ne parviennent pas à se souvenir d'événements comme des
conversations récentes ou des événements personnels significatifs. La
difficulté de se rappeler le nom des personnes, même celui de membres de la
famille, et la difficulté à trouver le mot le plus approprié à utiliser sont un
autre symptôme précoce habituel de la maladie. La
maladie d'Alzheimer progresse lentement et peut durer plusieurs années avant le
décès de la personne. À mesure que la maladie progresse de plus en plus
d'aspects de la fonction cognitive sont affectés notamment le langage, la
perception et la capacité d'exécuter des habiletés apprises. Le plus souvent,
l'individu doit être alité au cours des dernières années de la maladie et il
décède de causes secondaires comme des suites d'une chute ou d'une infection.
«L’orgueil est la même chose que l’humilité : c’est
toujours le mensonge.» ~
Georges Bataille
«Je ne me figure pas qu'un astronome puisse jamais
être un croyant. La vue, pour ainsi dire immédiate, de l'infini dissipe, comme
de légers nuages, les fables dont l'homme s'est plu à envelopper sa destinée.
Il cesse de se croire un être assez important pour arrêter sur lui la pensée
divine. Ce n'est pas cette humilité chrétienne si orgueilleuse, au fond,
puisqu'elle s'imagine qu'il n'a pas fallu moins qu'un Dieu pour sauver
l'humanité; c'est le sentiment de son propre néant qui saisit l'homme en face
de ces espaces sans bornes. Il comprend que sa destinée, perdue dans une
pareille immensité, est tout à fait insignifiante, et qu'il n'est lui-même
qu'un simple atome emporté dans le mouvement universel.» ~ Louise
Ackermann (Pensées d'une solitaire)
On ne peut considérer l'humilité comme
une vertu Swami Dayananda Saraswati
Ego et fierté sont étroitement liés, des effets presque
synonymes de la même cause : l’ignorance de la relation du moi individualiste
avec le monde. (...) Même si je suis doté de libre arbitre et que j'ai le
pouvoir de choisir mes actions, je n'ai aucun pouvoir sur le résultat final de
cette action; le résultat anticipé n’est rien d’autre qu'une probabilité parmi diverses
possibilités. Je ne produis pas le résultat. Le résultat de mes actions est engendré
par des facteurs matériels dont je ne suis pas le créateur ainsi que plusieurs
circonstances passées et présentes, connues et inconnues, qui doivent converger.
Si la souplesse et la force de mon bras me permettent
de réussir une passe gagnante durant les dernières secondes d'un match de
football américain, les facteurs matériels et circonstanciels réunis sont trop
nombreux pour qu’il y ait matière à me glorifier. Je n’ai pas inventé le
football, et je n’ai pas créé mon corps athlétique. Beaucoup de gens et d’expériences
ont contribué à développer les capacités du bras qui a lancé le ballon. Je ne
suis pas responsable du fait que l’orage se soit éloigné et que le jeu n’ait
pas été annulé, ou du fait que le tremblement de terre se soit produit 60
secondes après ma passe, si c’était arrivé une minute plus tôt je l’aurais ratée.
Je ne peux pas non plus me créditer pour le travail de mon coéquipier qui a saisi
le ballon et converti la possibilité en points gagnants.
On peut difficilement considérerl’humilité comme une vertu parce que l'humilité,
c’est simplement comprendre le monde, y compris moi-même parce que je fais
partie de ce monde, tel qu’il est. Quand je saisis comment les choses
fonctionnent, je n’ai aucune raison d’être fier ou déçu de moi. L’autodénigrement
est aussi une expression de l'ego (...) dont on se défait en comprenant qu’il
n’y a pas lieu de se condamner, pas plus qu’il n’y a lieu de s’attribuer du
mérite pour quoi que ce soit. On apprécie simplement le monde tel quel, un champ
d’exploration de la connaissance, sans fierté, sans égocentrisme.
Certaines écoles de positivisme vendent du rêve et
du faux pouvoir personnel, et par extension, de la déception à pleines barges. «Si vous
pensez ceci plutôt que cela et si vous faites ceci plutôt que cela, vous
changerez votre vie pour le mieux à jamais.» Le positivisme à tous crins et la
pensée magique sont des pièges insidieux qui hypothèquent le discernement et la
lucidité dont nous avons besoin pour fonctionner dans cette jungle planétaire dysfonctionnelle,
et inhumaine à bien des égards.
Nos pensées, positives et négatives, ont certes un
impact sur nos humeurs et même sur notre vie en général. Il n'est pas défendu de rêver,
d'espérer, de planifier et de programmer jusqu’à l’obsession, mais la vie est faite d’imprévus
sur lesquels nous n’avons aucun contrôle en effet, et c’est probablement mieux
ainsi!
Et puis, comme on disait au temps du nouvel-âge : l’univers fait ce qu’il
peut avec ce qu’il a sous la main.
“I think I’m afraid to be happy because whenever I get
happy, something bad happens.” ~ Charlie Brown
L’histoire
du berger malinois DIESEL tué durant l’assaut à Saint-Denis (article
Heart-rending, 2e partie) m’a donné envie d’aborder la maltraitance envers
les animaux – comme disait Marguerite Yourcenar : «on se fait la main sur
les animaux».
Utiliser les
chiens comme des pare-bombes ou des kamikazes ne nous empêchent pas d’être
blessés ou de mourir lors de conflits meurtriers ou d’attaques terroristes. Pas
plus que la vivisection ne nous prémunit contre les maladies : «Demandez
aux chercheurs pourquoi ils expérimentent sur les animaux et leur réponse est :
parce que les animaux sont comme nous. Demandez aux chercheurs pourquoi c’est
moralement acceptable d’expérimenter sur des animaux et leur réponse est :
parce que les animaux ne sont pas comme nous. L’expérimentation animale repose
sur une contradiction de logique.» ~ Charles
Russell Magel (1920-2014), professeur de philosophie et d’éthique, et militant contre
les tortures infligées aux animaux.
L’intelligence,
la sensibilité, l’ouïe et le flair exceptionnels de nos amis canins devraient
servir exclusivement à des fins charitables
– comme détecter des maladies, alerter les épileptiques avant que la crise ne
survienne, guider des handicapés, aider les personnes atteintes de problèmes
psychologiques (zoothérapie), sauver des sinistrés, et j’en passe... ils sont
tellement doués!
«Tous les animaux ont un comportement
décent... hormis les Hommes.» ~ Martin
Monestier
On
n’utilise pas que les chiens, tous les animaux peuvent être conscrits... s’ils ont le moindrement des
aptitudes particulières. Encore des illusions au sujet des humains? Si vous
avez le cœur solide je vous suggère ces deux ouvrages. De toute façon il suffit
de faire un tour du monde virtuel pour réaliser que ce n’est pas la sagesse et
la compassion qui extermineront l’espèce humaine.
Les animaux-soldats Histoire militaire des animaux des origines
à nos jours Martin MONESTIER Collection
Documents; Cherche-Midi, mai 1996
Présentation de l’éditeur : Les hommes, non contents de se faire la
guerre tout au long des siècles, ont dressé des animaux à leur image afin que
ceux-ci participent aux luttes armées. Des oies du Capitole aux dauphins de la
marine américaine, en passant par les éléphants d'Hannibal et à ceux des Khmers
rouges, les renards hébreux, les chiens de guerre japonais, les rats du Mossad,
les pigeons, les ânes, les otaries, les cheveux, etc., peu d'animaux ont
échappé à l'embrigadement. Pendant la Première Guerre mondiale, plus de
14 millions d'animaux furent enrôlés dans les armées belligérantes, et 120 000
d'entre eux décorés pour faits de guerre. Le second conflit mondial verra 30
millions d'animaux servir sur tous les terrains d'opération. Aujourd'hui, les
laboratoires militaires de para-psychologie animale continuent à étudier le
comportement des animaux pour les éventuelles guerres à venir. Martin Monestier, avec force documents -
pour la plupart inédits - à l'appui, évoque, depuis les origines jusqu'à nos
jours, les missions et les actes d'héroïsme de ces auxiliaires malgré eux des
armées.
«La Terre n’est faite que de crimes», explique Martin Monestier. «Il n’y a pas
de société qui n’ait pu se développer sans police. Et l’homme aime ses crimes.
Deux tiers de la littérature mondiale y fait référence : des femmes assassinent
leurs enfants, d’autres sont tués par leurs conjoints, 300 millions d’enfants
vivent esclaves dans le monde. [...] Nous sommes 7 milliards aujourd’hui. 1,5
milliard d’entre nous crèvent déjà de faim. Et nous serons 2 milliards de plus
demain. ‘Je ne peux pas avoir beaucoup d’espoir
pour un monde trop plein’, disait Claude Lévi-Strauss. J’aime beaucoup
cette citation. Il faudrait repartir de zéro!»
Malfaisances et incongruités de l'espèce
humaine Martin MONESTIER Encyclopédie
Collection
Documents, Cherche-Midi,novembre 2013
Présentation de l’éditeur : L'histoire des hommes commence par le vol
d'une pomme et se poursuit avec un assassinat et un inceste. Depuis, la haine
et la rivalité sont ancrées dans le coeur de l'humanité. La nature
intrinsèquement malfaisante de l'homme a élevé le meurtre, le viol, l'inceste,
la trahison, l'arbitraire, la haine, le mensonge, l'orgueil, l'avarice et
l'ambition à un niveau difficilement imaginable. Même les singes en ont assez
d'imiter l'homme. Depuis l'âge le plus lointain et aujourd'hui
plus que jamais, l'homme vit dans l'univers qu'il bâtit, jour après jour un peu
plus obscène, grossier, arrogant et féroce. C'est dans ce monde putride qu'il
se multiplie sans discontinuer de façon exponentielle, se nourrissant du pire
dans tous les domaines tandis qu'augmente sans cesse le nombre de ses crimes et
exactions. Martin Monestier, tel un «bousier», a
travaillé plusieurs années à rassembler «les excréments» de l'histoire. Il a
débusqué et décortiqué les secrets cachés, oubliés et honteux d'innombrables
personnages illustres. Roueries, bassesses, traîtrises,
comportements incongrus ou crimes terribles, la preuve est faite : l'homme est
viscéralement destructeur. Même les rats, qui régissent leur prolifique société
par des règles intelligentes, regardent l'humain, cette bête à gueule plate,
prédateur de tout ce qui vit, avec une pointe de satisfaction : «ils ne sont
pas les derniers des derniers de dessus la terre».
L'auteur : Autodidacte, encyclopédiste du bizarre,
archéologue du pire, briseur de tabous, rien n’arrête Martin Monestier dans sa
quête de l’inimaginable, du scandaleux et de l’occulte. Livre après livre, cet
enquêteur de l’extrême pousse l’érudition des incongruités et des extravagances
humaines à son comble et révèle ainsi une histoire du monde telle qu’on ne l’a
jamais écrite. Ses nombreux livres, au carrefour des sciences humaines et du
journalisme, sont des œuvres de référence, sans cesse réédités et traduits en
de nombreuses langues.
@TwittakineLe
‘français de France’ serait en péril : y paraît que les Français parlent
franglais encore plus que les Québécois.
Le clip de
‘Solange te parle’, le «Québécois pour
les nuls», a créé un mini remous ici. Positif parce que le ton n’est pas
condescendant (ou méprisant) pour une fois; plutôt sympathique à vrai dire. Elle
passe en revue certaines tournures de notre pittoresque parlure : ah ben
là, ch’pu capab, faque, l’fun, pantoutt, tsé, tanné, niaiseux, jaseux; et le célèbre
double ‘tu’ des interrogations – selon le rappeur Biz ‘tu te
souviens-tu?’ a remplacé ‘t’en souviens-t-il?’.
Un complément Le Dictionnaire des injures québécoises répertorie
1500 injures de filiation latine, grecque, italienne, gauloise, etc., et Made in Quebec – car nous avons québécoïsé bon nombre d’injures
anglo-américaines.
~ Tannant viendrait du gaulois tan : sombre ou assombrir. Sens :
qui tape sur les nerfs; être tanné
signifie ‘en avoir assez’.
~ Reluqueux viendrait du néerlandais loecken : regarder. Sens : curieux,
fouineur.
~ Badlucké (ou badloqué) vient de
l’anglais bad luck : malchanceux. Synonyme : louseur
vient de to lose/loser : perdant.
~ Twit (américanisme), vient de
l’anglais to twit (to taunt) : narguer. Sens :
injure fourre-tout, utilisée jusqu’à l’outrance par une jeunesse à court de
vocabulaire injurieux. S’adresse aux nonos, niaiseux, ignorants, idiots,
crétins, sans-plomb, caves, bozos, bâdrants, sans-dessein et autres bornés du
même acabit.
~ Lousy-french. Sens : Français
pouilleux. Remarque de Pierre Elliott Trudeau à propos du français parlé au
Québec, ce qui à l’époque a injurié tout le peuple québécois, sauf les
personnes qui se gargarisaient avec la langue académique. Citation : «Les Québécois sont des pas-d’allure et des
placoteux (bavards) qui parlent un
lousy-french de bécosses (latrines).»
(P. E. Trudeau) La spectaculaire arrogance de Trudeau envers les ‘french-pea-soup’
a laissé des marques de griffes indélébiles...
Extraits
de l’introduction (pour l’humour) :
Plusieurs
mobiles nous ont fait commettre ce livre, et il est bon que le lecteur et la
lectrice les connaissent de façon à ne pas nous prendre à première vue pour des
auteurs bizarres. Une des principales raisons nous a été
dictée par notre pacifisme invétéré. Nous pensons, en effet, qu’il est
préférable de s’injurier que de se blesser ou de se tuer. Nous vivons une époque très difficile.
Chacun vit replié sur lui-même, s’isole de plus en plus, devient plus méfiant
et parfois plus violent. Autrefois, les gens, lorsqu’ils n’étaient
pas d’accord, se traitaient de toutes sortes de noms d’oiseaux, et, soulagés,
repartaient à leurs occupations. Jusqu’à la prochaine engueulade. Les gens d’aujourd’hui, lorsqu’ils ont un
différent, sortent aussitôt le coup-de-poing américain, le pic à glace ou la
Kalashnikov made in Russia, et c’est
le carnage. Il faut décidément abandonner cette pratique
barbare et salissante qu’est la violence et retrouver au plus vite cette valeur
d’antan : l’injure vigoureuse, cinglante, rude, mordante, ironique, mais
toujours non violente, sans coups ni blessures. N’est-il pas plus sain de
traiter le voisin qu’on hait de trou-d’cul
ou de face-de-rat que de le saigner
comme un cochon, sur le palier, d’un coup de couteau? (...) L’injure se contrôle, la violence non. Dans un pays civilisé, on ne se bat pas, on
ne se tue pas, on s’injurie. Un autre desbuts de ce dictionnaire est de mettre à la disposition des gens les
injures du passé, du présent et de l’avenir, afin qu’ils en connaissent le sens
et sachent ce qui peut choquer les autres. Où est le plaisir d’injurier un
importé frais débarqué si ce dernier ne comprend pas le mot ou l’expression
injurieuse? Après avoir consulté ce dictionnaire, l’immigrant comprendra ce
qu’on vient de lui dire et, par la même occasion, il pourra injurier à son tour
le Québécois dans la langue d’ici. La communication s’établira très vite entre
les ethnies. L’affligeante pauvreté de notre vocabulaire
injurieux nous a également poussés à entreprendre cette tâche. (...) Nous nous
sommes tellement appauvris que nous avons dû emprunter à la langue américaine
un certain nombre de nos injures contemporaines. Nous sommes vraiment mal
placés pour nous moquer des Français qui ont farci de franglais leur «langue de
moumounes». (...) Il est plus que temps de redécouvrir les
injures de nos ancêtres, riches d’enseignement et de nous familiariser avec des
injures contemporaines et de créer les injures de l’avenir. Ainsi, nous
laisserons à nos descendants une bible des injures, avec lesquelles ils pourront
copieusement nous abreuver à titre posthume lorsqu’ils se rendront compte que
nous leur avons aussi laissé une atmosphère polluée, une eau pourrie, des
déchets toxiques partout et des matières premières presque épuisées. (...) L’injure est psychologiquement saine (c’est
reconnu par les plus grands psychoquelquechoses au monde), surtout pour la
personne qui la profère. Des études avancées permettent d’établir que le fait
d’injurier quelqu’un décongestionne le foie et active l’élimination de la bile;
facilite l’assimilation de l’azote et de l’oxygène; fortifie le système cardiaque
stimulant la circulation du sang; fait abondamment transpirer, favorisant ainsi
l’élimination de la cellulite; et surtout détend énormément les nerfs. L’injure développe aussi la franchise et
pourrait devenir une merveilleuse soupape dans notre société sclérosée, nous
aidant à passer notre colère par la bouche plutôt que par les poings. (...) Si nous apportons, tout au long de ce
volume, des comparaisons, des rapprochements et des différences entre l’injure
québécoise et sa mère, l’injure française, c’est pour une plus grande compréhension
entre ces deux peuples. Certes, l’injure française est en partie à la base de
nos injures québécoises, mais il faut dire qu’une fois « lâchée
lousse » (permettez-nous l’expression), l’injure québécoise a fait son
bonhomme de chemin et n’a, aujourd’hui, malgré sa stagnation, aucune raison de
rougir face à n’importe quelle injure maternelle ou étrangère. (...) Si vous connaissez ou découvrez des injures
québécoises (anciennes ou modernes) qui ne figurent pas dans ce dictionnaire,
n’hésitez pas à nous les envoyer (...) vous contribuez, de cette façon, à
enrichir le patrimoine national. Nous acceptons aussi vos lettres d’injures et
vos lettres anonymes. Maintenant que vous voilà prévenu, vous
entrez dans ce livre à vos risques et périls. Ne vaut-il pas mieux faire monter le sang au
visage que de le répandre?
Proverbe
de cocombre : «Si le chapeau te fait,
mets-le!» (Lao Tsé-Veudîr)
«La vie c’est magnifique, mais c’est aussi affreux.
Être sensible à ce que la vie peut offrir de merveilleux est une source
d’inspiration, ça encourage, ça remonte le moral, ça donne une perspective plus
vaste, sans compter que ça donne de l’énergie. On se sent en phase avec la vie.
Mais lorsque c’est tout ce qui se passe, on ne tarde pas à devenir arrogant et
à regarder les autres de haut. On se prend pour le nombril du monde, et on veut
que sa vie reste comme ça à jamais. Le merveilleux commence à se teinter
d’avidité, on devient dépendant. D’un
autre côté, le malheur – ce que la vie a de pénible – peut nous attendrir
beaucoup. Pour être présent à quelqu’un, il est essentiel de connaître la
douleur. Quand on a du chagrin, on peut regarder tout droit dans les yeux de
quelqu’un parce qu’on a l’impression de n’avoir plus rien à perdre – on est là,
c’est tout. Le malheur peut rendre quelqu’un plus humble, plus doux, mais s’il
n’y a que du malheur dans sa vie, on peut alors sombrer dans la dépression et
le désespoir, au point de n’avoir même plus assez d’énergie pour manger une
pomme. Le bonheur et le malheur ont besoin l’un de l’autre. L’un est source
d’inspiration, l’autre est source d’attendrissement. Ils vont bien ensemble. Atisha a
dit : «Dans les deux cas sois patient.» Que la vie soit magnifique ou
épouvantable, pleine de joie ou de haine, sois patient. Ici, la patience
signifie laisser le temps aux choses de se dérouler à leur propre vitesse au
lieu de réagir machinalement soit à la douleur, soit au plaisir. Le véritable
bonheur, qui est à la base de ce que la vie a de magnifique et d’affreux, est
souvent court-circuité parce qu’on retombe rapidement dans ses bonnes vieilles
habitudes. La
sécurité n’enseigne pas la patience. On ne s’initie pas à la patience quand
tout va comme sur des roulettes, quand règne l’harmonie. Quand tout baigne, à
quoi sert la patience? Quand on reste dans sa chambre, la porte verrouillée et
les rideaux tirés, tout peut sembler harmonieux, mais dès que quelque chose va
de travers, on saute au plafond. Impossible de cultiver la patience lorsqu’on
s’évertue à chercher l’harmonie et à faire disparaître toutes les difficultés.
La patience implique qu’on est disposé à rester vivant et non à rechercher l’harmonie
à tout prix.»
~ Pema
Chödrön (Maîtriser le paradoxe; in Bien-être
et incertitude)
«Si je mets dix hommes sur une île déserte, la loi
d'attraction va les rassembler en deux groupes, et la loi d'opposition leur
inspirer des idées absolument contraires sur la façon d'organiser l'île. Si un
groupe pense «nord», l'autre groupe, par réflexe immédiat, pensera «sud». Et
ils commenceront à ramasser des cailloux pour se convaincre réciproquement en
se les envoyant sur la figure. Si un des deux groupes se montre plus fort et
absorbe l'autre, une force d'opposition va naître en lui, grandir et le couper
de nouveau en deux ou en plusieurs morceaux. C'est la loi! Ce n'est
pas cela qui fait le malheur des hommes. Ils pourraient entre l'attraction et
l'opposition, trouver un équilibre et vivre en paix, comme le soleil et les
planètes. Ce qui les rend malheureux, c'est le bonheur. L'idée qu'ils s'en
font, et le besoin de l'attraper. Ils s'imaginent qu'ils sont malheureux
aujourd'hui, mais qu'ils pourront être heureux demain, s'ils adoptent certaine
forme d'organisation. Chaque groupe a une idée d'organisation différente. Non
seulement il se l'impose à lui-même, à grande souffrance, mais il cherche à
l'imposer à l'autre groupe, qui n'en veut absolument pas, et qui essaie au
contraire de lui faire avaler de force sa propre cuisine. Et chaque
individu croit qu'il sera heureux demain, s'il est plus riche, plus considéré,
plus aimé, s'il change de partenaire sexuel, de voiture, de cravate ou de
soutien-gorge. Chacun, chacune attend de l'avenir des conditions meilleures,
qui lui permettront, enfin, d'atteindre le bonheur. Cette conviction, cette
attente, ou le combat que l'homme mène pour un bonheur futur, l'empêchent
d'être heureux aujourd'hui. Le bonheur de demain n'existe pas. Le bonheur,
c'est tout de suite ou jamais. Ce n'est pas organiser, enrichir, dorer,
capitonner la vie, mais savoir la goûter à tout instant. C'est la joie de
vivre, quelles que soient l'organisation et les circonstances. C'est la joie de
boire l'univers par tous ses sens, de goûter, sentir, entendre, le soleil et la
pluie, le vent et le sang, l'air dans les poumons, le sein dans la main,
l'outil dans le poing, dans l'oeil le ciel et la marguerite. Si tu ne
sais pas que tu es vivant, tout cela tourne autour de toi sans que tu y goûtes,
la vie te traverse sans que tu ne retiennes rien des joies ininterrompues
qu'elle t'offre.»
~
René Barjavel (in Si j'étais Dieu...)
«La différence entre le théisme et le non-théisme
n’est pas liée au fait de croire ou de ne pas croire en Dieu. (...) Le théisme,
c’est une conviction fortement ancrée qu’il existe une main à tenir : si on
sait faire juste ce qu’il faut, quelqu’un va y être sensible et nous prendre
sous son aile. Cela veut dire qu’on s’imagine qu’on aura toujours une
baby-sitter à portée de la main, en cas de besoin. Nous avons tous tendance à
nous démettre de nos responsabilités et à déléguer notre pouvoir à quelque
chose d’extérieur. Le
non-théisme, au contraire, consiste à se détendre dans l’ambigüité et
l’incertitude du moment présent, sans rien chercher pour se protéger. (...)
C’est apprécier pleinement l’impermanence et le changement. (...) Le dharma n’a
jamais été destiné à devenir une croyance à laquelle on adhère aveuglément. Le
dharma ne procure absolument rien à quoi on peut s’accrocher. Le
non-théisme, c’est se rendre compte enfin qu’il n’y a pas de baby-sitter sur
laquelle on peut compter. Juste au moment où on en a une bonne, on la perd. Le
non-théisme, c’est prendre conscience qu’il n’y a pas que les baby-sitters qui
vont et viennent. Toute la vie est comme ça. C’est ça la vérité, et la vérité
dérange.»
~ Pema
Chödrön (La vérité dérange; in Bien-être
et incertitude)
Le nom de Dieu a trop servi. Nul ne sait plus ce que signifie le nom de Dieu. L'adorer ou le haïr est pareillement infantile. Le Dieu-papa que nous proposent les religions
leucémiques est une tentative aussi dérisoire et aussi cocasse d'apaiser notre
soif que l'octroi d'une goutte de sirop à un déshydraté.
Après une semaine horrifiante où une attaque terroriste
n’attendait pas l’autre, retour à des «valeurs sûres», c’est-à-dire mes amis à
fourrure et à plumes. Quasi les seuls à pouvoir m’attendrir et me faire sourire
ces jours-ci. Comme j’ai de très bons fournisseurs de réconfortants (pas des
pushers de drogue!), j’ai reçu ce singulier exemple d’acceptation des différences. Une leçon bienvenue...
En résumé, un brésilien, Luiz Higa Junior, a gagné
les cœurs sur Instagram en publiant des photos de sa famille d’animaux composée
de Bob (un golden retriever de deux ans), d’un hamster et de huit oiseaux.
Il raconte qu’au début il avait uniquement Bob, un
cacatoès et une perruche. «Je les mettais parfois ensemble pour observer leurs
comportements. C’était tellement agréable que j’ai décidé de les laisser jouer,
explorer et faire dodo en commun durant mes temps libres; ensuite, j’ai adopté
le hamster et d’autres oiseaux.»
En plus, ils acceptent de poser pour la
galerie!
La famille au complet. Bob a l’air d’un vieux
sage.
«Deux choses nous éclairent, qui sont toutes les
deux imprévisibles : un amour et une mort. C'est par ces événements seuls qu'on
peut devenir intelligents, parce qu'ils nous rendent ignorants. Ces moments, où
il n'y a plus de social, plus de vie ordinaire, sont peut-être les seuls où on
apprend vraiment, parce qu'ils amènent une question qui excède toutes les
réponses.» ~ Christian Bobin (La lumière du monde)
Un journaliste dont l’épouse a été tuée au
Bataclan a écrit aux terroristes. À la fois un hommage poignant à
sa femme et un refus de «répondre à la haine par la haine».
Que son message devienne «viral» et son attitude imitée par le
plus grand nombre. Car, que pouvons-nous contre des machines à tuer?
Interrogé sur France Info par Jean Leymarie,
Antoine Leiris, a expliqué sa démarche. «J'ai l'impression que c'est la meilleure réponse
à donner : ils n'auront pas ce qu'ils cherchent. Je continuerai à aimer la
musique et à sortir» dit-il. Avant d'ajouter : «Je continuerai à vivre parce
que je ne veux pas que mon fils grandisse dans la haine, la violence ou le
ressentiment.» «De toute façon, une grande partie de moi est
partie avec Hélène ce jour-là, ce qui reste de moi est pour Melvil. Pour lui,
je suis obligé d'oublier la haine, le ressentiment et la colère. S'il grandit
là-dedans, il deviendra exactement ce que eux sont devenus : des gens aveugles,
violents, qui préfèrent les raccourcis aux chemins plus complexes de la
réflexion, de la raison, de la culture...»
«Vous
n’aurez pas ma haine»
Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être
d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma
haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des
âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son
image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son
coeur.
Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous
haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère
ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous
voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que
je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.
Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et
des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce
vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y
a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède
cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous
accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes
libres auquel vous n’aurez jamais accès.
Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous
sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de
temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste.
Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous
allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera
l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.
~ ~ ~
Citations du jour
«... ce ne
sont ni les brigands ni les incendies qui détruisent le monde, mais la haine,
l'hostilité, les petites intrigues...» ~
Anton Tchékhov
«L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la
haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.» ~ Michael Moore
«L'éducation est le seul vaccin contre la
violence.» ~ Edward James Olmos
«Aucune violence n'a jamais ajouté à la grandeur
des hommes.» ~ Jean Guéhenno
«Les faibles ont recours à la violence en la
pensant force.» ~ Eric Hoffe
«De tous les animaux, l’homme est le plus cruel.
C’est dans les tragédies, les combats de taureaux et les crucifixions qu’il
s’est trouvé le mieux sur terre. Et lorsqu’il inventa pour lui l’enfer, voyez,
ce fut pour lui le ciel sur la terre.» ~
Nietzsche
«Ne combattez l'opinion de personne; songez que,
si l'on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils
croient, on n'en aurait pas fini, quand on atteindrait l'âge de Mathusalem. [...] cent fous mis en un tas ne font pas encore
un homme raisonnable.» ~ Arthur
Schopenhauer
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Correction 19/11/2015 : des drones ont été utilisés. J'ai lu le déroulement des opérations du directeur de l'assaut, M. Jean-Michel Fauvergue (Le Figaro). Mes excuses pour les suppositions erronées.
Quoiqu'il en soit, on devrait réserver les chiens au sauvetage, non pas s'en servir comme appâts ou détecteurs de bombes.
"Ce mardi matin, la
Police nationale a fait savoir que Diesel, un malinois de 7 ans, a été tué par
les terroristes dans l'opération du RAID à Saint-Denis."
On rapporte qu’il est venu mourir aux pieds de son
maître.
Certains se scandalisent des hommages rendus à
Diesel sur #jesuischien.
Eh bien voilà (première fois que j’utilise ce
genre de slogan) : JE SUIS DIESEL.
Les visiteurs qui me lisent depuis un bout de
temps savent que j’aime les animaux. Les chiens sont des êtres sensibles et
intelligents qui en outre sont souvent plus bienveillants et serviables que
nous. (Si le sujet vous intéresse : libellé Zoofriendly, Situation
planétaire)
Bien sûr, je suis peinée pour les policiers
blessés, mais aussi pour le chien de combat. Même si je suis nulle en tactiques d’assaut,
il me semble que c’est une mort collatérale qui aurait pu être évitée, que sa
présence n’était pas indispensable. RAID
savait sûrement que l’endroit risquait d’être bourré d’explosifs.
Pourquoi ne
pas lancer des drones en éclaireurs ou même à l’assaut? Il s’en vend probablement
des tonnes sur Internet, et pour pas cher... ce n’est plus de la science
fiction depuis longtemps.