21 juillet 2013

Contentez votre âme


Satisfy Your Soul
By Sun, Co-Founder of Gentle World

When the world and its religions
Can’t quite satisfy your soul
And the hymns and prayers and chanting
Sound like one droll rigmarole
 
When the teachers of your spirit
Leave you empty and confused
And your inner voice announces
That the truth has been abused
 
When your doubts demand reality
Beyond this life’s façade
And all else has failed to save you
Let your conscience be your God.
 
--------
[Adaptation/traduction maison]

Contentez votre âme

Quand le monde et ses religions
Ne peuvent pas vraiment satisfaire votre âme
Et que les hymnes, les prières et les mantras  
Ressemblent à un drôle de charabia  

Quand vos maîtres spirituels
Vous laissent vide et confus
Et que votre voix intérieure affirme
Que la vérité a été falsifiée

Quand vos doutes exigent du réalisme
Au-delà de cette apparence de vie
Et que tout le reste n’a pas réussi à vous sauver
Laissez votre conscience être votre Dieu.

20 juillet 2013

Ah, les notes!

Si quelqu’un te dit «Tu as changé», cela signifie simplement
que tu as cessé de vivre à sa manière.

-------
Je ne compte plus les carnets ni les piles de petits papiers que j’ai remplis de phrases «intelligentes». À quoi ça sert?

Dany Laferrière a trouvé le moyen d’en tirer parti.

Journal d’un écrivain en pyjama
Dany Laferrière 

Ce journal n’est qu’une collection de notes d’écriture et de lecture, prises au fil des jours, et qui ne sont destinées qu’à moi, ou du moins au jeune écrivain que je fus. (…) Je ne peux espérer aujourd’hui que ce journal tombe entre les mains d’un écrivain amateur. 

Je me donne des conseils qui ne me sont plus nécessaires, étant déjà assez enfoncé dans le tunnel. (…) Mais si vous vous trouvez à l’entrée du tunnel, alors emportez avec vous ce petit manuel. Il ne vous servira à rien si vous avez du talent, et il ne fera que vous retenir inutilement si vous n’en avez pas, mais emportez-le pour n’avoir pas à l’écrire plus tard. Juste un mot à propos de cette notre musicale qui ponctue chaque mini-chronique : il faut l’imaginer comme ce «biscuit chinois» qu’on vous offre à la fin du repas dans les restaurants asiatiques. Vous devez briser la coquille pour lire ce qui est à l’intérieur. Une fois cela tombe juste; la fois suivante, non.

On gaspille son énergie à passer trop de temps devant la page blanche. (…) Quand ça arrive, au lieu de s’entêter à continuer, on devrait noter pour le lendemain les idées intéressantes qui nous viennent à l’esprit. 

Un bon roman n’est pas loin d’un poème en ce sens qu’il laisse traîner chez le lecteur un sillage nostalgique. On reste un long moment, sans bouger. Comme si on venait de voir remonter à la surface un monde que l’on croyait depuis longtemps englouti. 

On a peur de ces écrivains qui excluent toute cruauté de leurs livres, comme on a peur de ces ménagères qui n’arrêtent pas de frotter les moindres recoins de leur maison avec des gants de caoutchouc jaunes.

C’et difficile de comprendre pourquoi certains jours, contrairement à tant de mauvais jours, on a l’impression d’être habité. De ne pas être seul. La sensation que cette histoire ne nous est pas venue à l’esprit par hasard. On dirait que ce sont des idées, comme des émotions, qui cherchent un esprit à coloniser. (…) Et brusquement, on rejoint la chaîne d’écrivains qui, depuis l’aube des temps, cherchent à dire quelque chose que les autres ne parviennent pas à comprendre. Et cela, malgré qu’ils s’expriment dans un langage accessible. Pourquoi donc ce livre, s’il n’y a rien à y apprendre? Je n’en sais rien.

Il y a des images qui tiennent le lecteur par la nuque pour lui enfoncer la tête dans le livre, lui faisant ainsi croire qu’il ne lit pas un livre mais un écrivain. 

J’adore celle-là :
Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez : il pleut.

Je n’ai pas encore terminé ce journal (Laferrière est un autre auteur que je savoure à doses homéopathiques), mais je le recommande fortement à ceux qui «veulent comprendre la mécanique du roman (…) pour pouvoir écrire (…) ou mieux lire» (4. Pourquoi ces notes?; p. 26).

La vie est remplie de surprises.

Parti tôt, pris mon chien
Kate Atkinson

Linda avait travaillé toute sa vie dans la protection de l’enfance, elle avait dû voir le pire côté de l’humanité. Tracy avait vu le pire et davantage encore. Elle s’étaie sentie souillée par tout ce dont elle avait été témoin. De l’obscénité pure et simple. Des salons de massage et des clubs de lap-dancing à une extrémité et à l’autre des DVD hardcore de gens qui faisaient des dégueulasseries entre eux. Des trucs illégaux qui vous brouillaient les synapses à force de dépravation. Des gamines vendant leur âme avec leur corps, des bordels et des saunas à prix cassés, un univers sordide à n’y pas croire, des accros au crack prêtes à faire n’importe quoi pour un bifton de dix livres. N’importe quoi. On arrêtait des filles pour racolage et on les voyait retourner directo sur le trottoir; des étrangères qui croyaient venir travailler comme serveuses et comme nounous et qui se retrouvaient enfermées dans des chambres sordides à enchaîner les passes à longueur de journée; des étudiantes travaillant dans des «clubs de gentlemen» (tu parles!) pour payer leurs études. Liberté de parole, bonnes âmes aux idées larges, les droits de la personne – tant que ça ne fait de mal à personne. Blablabla. Ça menait où? À Rome sous Néron. Le mal était sans fin, au fond.

Pourquoi les hommes tuaient-ils les femmes? Au bout de toutes ces années, Jackson ne connaissait toujours pas la réponse. Il n’était pas certain d’avoir envie de la connaître.

C'était le boulot des femmes d'améliorer les hommes. Et celui des hommes de résister à toute amélioration. 

Depuis l’accident, tout était dénué de sens. Tout espoir enfui. Mais il continuait à mettre un pied devant l’autre. Affronter la futilité de toutes choses.

À mesure qu’on vieillissait, on s’apercevait que le moindre détail comptait. Surtout les morts.

Il lui arrivait de penser que le passé n’était pas seulement un pays étranger, c’était un continent perdu gisant quelque part au fond d’un océan inconnu.

Le chien lui était complètement sorti de l’esprit. Il attendait anxieusement derrière la porte comme s’il ne savait que trop qui allait apparaître. Voyant que ce n’était pas l’abominable Colin, il agita la queue frénétiquement. Jackson s’accroupit et, l’espace d’une minute, s’abandonna au bonheur du chien. Il se sentit coupable de l’avoir laissé tout seul une nuit durant. S’il l’avait emmené, hier soir, peut-être que le chien l’aurait empêché de faire des siennes, été le gardien de sa moralité – une patte amicale sur l’épaule à un moment donné, un conseil d’y réfléchir à deux fois, Rentre Jackson. Ne fais pas ça. Refuse.

La tâche suivante fut l’achat d’un stock conséquent de sacs à crottes de chien pour faire face à l’inévitable avalanche de merde qui l’attendait. Une fois équipé de pied en cap, Jackson eut l’impression d’être un citoyen plus de digne de ce nom. Il aurait dû vérifier que le plastique des sacs était biodégradable pour ne pas encombrer la planète de déchets supplémentaires, mais, certains jours, il y avait des limites à ce qu’un homme peut faire.

Le boîtier émetteur que le serveur du room-service avait attaché au collier du chien était présentement dans la boîte à gants de la Saab. (…) La traque marchait dans les deux sens, la proie et le chasseur dans la même quête, pas tant un duel qu’un duo.

Elle eut un sentiment de défaite, d’une chape de plomb qui s’abattait sur elle. À quoi bon? Elle ne pouvait ni courir ni se cacher, il y aurait toujours quelqu’un pour les chercher. Pour leur coller un dispositif de localisation. Des satellites tout là-haut dans la stratosphère tournaient à leur moindre mouvement. Des caméras étaient braquées sur elles. Des yeux dans le ciel et des drones jouaient aux devinettes : ça commence par un «T». Le Pentagone et le Kremlin les surveillaient dans doute aussi. Des extraterrestres les avaient dans un rayon tracteur invisible. Aucun moyen de s’échapper, aucune issue. [Les caméras de surveillance], des commères déguisées en nichoirs.

Il y eut une seconde quantique de silence qui compta pour du beurre dans une dimension et s’étira à l’infini dans l’autre. Durant la valse-hésitation entre triomphe et désastre, Tracy pressentit l’inévitabilité du dénouement.

– Je ne peux pas être à deux endroits à la fois, se plaignit Jackson.
– Un atome en est capable, d’après la physique quantique.
– Je ne suis pas un atome.
– Tu n’es que ça, Jackson.
– Peut-être bien, n’empêche que je ne peux pas être dans deux endroits à la fois. Il n’y a qu’un Jackson.

Le devoir avant l’amour. Quelle foutaise. L’amour devrait toujours passer en premier.

Série Revenge 

Par curiosité, j’ai regardé les deux premiers épisodes avec l’impression d’avoir affaire à un vieux soap comme Dallas (ou Dynastie) reformaté. Mais, après le 3e épisode je suis montée dans le train à cause de quelques réflexions «philosophiques». La prison de la vengeance gâche autant la vie du redresseur de torts que celle du coupable – parce que l’un comme l’autre éprouve du plaisir à être méchant. L’on peut tuer sans faire couler de sang. Nous sommes tous le méchant d’un autre, et pour s’en rendre compte, il suffit de s’écouter penser et parler.

***
- Ne prenez jamais un souhait pour une certitude.
- Les gens voient uniquement ce qu'ils sont prêts à affronter.
- Ce que vous voyez est ce que vous percevez.
- La vraie personnalité se révèle à la fin du voyage.
- La vérité c’est la liberté et la sécurité.
- L’intuition peut être un cadeau... parfois une malédiction.

- Les liens du destin :
amour vs haine
loyauté vs trahison

- Le destin a deux façons de nous écraser... en refusant nos souhaits et en les réalisant.
(Henry Frederic Amiel)

- Pour réussir à créer une illusion, la première chose dont on a besoin c’est la confiance. Mais pour parfaire une illusion, la fausse réalité doit paraître aussi authentique que celle qu'elle cache. On doit être attentif à chaque détail. La moindre imperfection peut faire éclater l'illusion comme un ballon; et la vérité est révélée.

- Exposer les secrets que nous essayons désespérément de cacher n'élimine pas tous les dangers autour de nous, mais plus que tout, ces révélations sont des fenêtres dans notre vrai moi – le bon et le mauvais… et ceux qui vacillent entre les deux.

- Le pouvoir réel ne peut jamais être gagné ou perdu. Car le vrai pouvoir vient de l'intérieur.

Série Mad Men

Cette série dépeint les comportements de la société américaine des années 60 : tabagisme, alcool, sexisme, adultère, homophobie, antisémitisme, racisme et absence totale de préoccupations pour l'environnement. À mon avis, à part les décors et un meilleur camouflage des vices, rien n’a changé. La publicité sert d’abord à vendre de l’illusion. Profit vs probité.
       «Il est difficile et douloureux de voir les façons dont les femmes et les hommes se comportent les uns avec les autres, ainsi qu'avec le pouvoir. C'est douloureux parce que ces comportements ne sont pas si éloignés de nous que nous voudrions le croire. Nos filles reçoivent continuellement le message que le pouvoir vient avec les hommes puissants. Être jolie reste toujours une qualité qui peut vous faire monter les échelons, sans pour autant vous amener tout en haut.» ~ Marie Wilson (The Washington Post)

***
Nostalgia
It’s delicate, but potent…
Teddy told me that in Greek, nostalgia literally means the pain from an old wound.
It’s a twinge in your heart, far more powerful than memory alone.
This device… isn’t a spaceship, it’s a time machine.
It goes backwards, forwards.
It takes us to a place where we ache to go again.
It’s not called the Wheel.
It’s called the Carousel.
It lets us travel the way a child travels.
Around and around and back home again, to a place where we know we are loved.
(Don Draper)

19 juillet 2013

Avril au Portugal…

Portugal, the home of a people
Par Ian Swarbrick http://www.imagesfromthewild.ch

Le photographe raconte qu’il n’avait pas très envie d'un voyage au Portugal de peur de trouver l’endroit «trop plat» comparé aux Alpes de son voisinage…
       Eh bien, il a changé d’opinion en cours de route, et par ailleurs trouvé les Portugais très accueillants.
       Ce magnifique documentaire donne envie de visiter le pays d’un bout à l’autre!  

      

2013-05-06
Living half an hour from the Swiss Alps I didn’t think I would be particularly enamoured with Portugal. Too flat! No soaring white peaks!
       But my wife was dead keen to go this April. And she needed a driver of our hire car.
"And look, the Alps are still snowed in, but down there the flowers will be out and the trees in bloom!"
       So off I went, trailing a pace behind her, for a 12-day car tour of mostly North Portugal, down the coast from Porto to Sintra, missing out Lisbon (next time!), and then cutting inland to some places I’d never heard of.
       In reality, I was enchanted. Portugal in April - what a "Geheimtip"! And the roads were so quiet (worrying for the economy but great for peace-loving travellers).
       I’ve written enough. I hope the video will whet your appetite better than words.
       And - not least to mention - we found the Portuguese very friendly.

For those interested, individual photos from each of the clips, showing their location, can be seen here:
http://www.imagesfromthewild.ch/SouthEurope/Portugal/North/Portugal%20-%20upper.htm

Music piece is called "the home of a people" by Zack Hemsey – see www.zackhemsey.com  

Compléments musicaux  

Ana Moura & Idan Raichel – Sabe Deus 

Cristina Branco – Fado a Minha Casa (At home!)

18 juillet 2013

Les monarques en voie d’extinction?

Je parle des papillons, bien sûr, car les monarques humains ne semblent pas en voie de disparition pour l’instant… 

Je n’ai vu aucun papillon monarque cette année! Brrr.  

(Photographe inconnu)

La migration des monarques, un phénomène en voie de disparition?
Par Maxim Larrivée (Insectarium)
17 juillet 2013

Le monarque (Danaus plexippus) est l’espèce de papillon la plus reconnue à travers le monde. Sa migration annuelle est unique : à la fin de l’été, les individus partent du Canada et du nord-est des États-Unis vers des sites d’hivernages dans les hautes montagnes du Mexique.

Un phénomène migratoire menacé de disparaître

Quelles sont les raisons de cette tendance qui a été observée? On souligne le déclin et la perte d’habitat naturel, l’éradication de l’asclépiade par les pesticides dans les zones agricoles industrielles, mais également les changements climatiques sur l’ensemble de la route migratoire et principalement des sites d’hivernage au Mexique.
       Tout dernièrement, les changements climatiques, en particulier les extrêmes climatiques, tels que les sécheresses, les précipitations records et les gels au sol tardifs ce printemps ont eux des impacts dramatiques autant sur les monarques que sur les asclépiades.

Où sont passés les monarques? 

Les premiers papillons monarques qui arrivent au Québec, sont généralement observés vers la mi-juin. Or, en date du 10 juillet, seulement 3 observations de monarques avaient été rapportées dans la province du Québec et moins de 50 pour l’est du Canada. Très peu de gens ont eu la chance d’en observer un jusqu’à présent cette année.
        Au moment d’écrire ce billet de blogue, le nombre d’observations de monarques est en baisse de 90 % environ par rapport à l’an dernier sur le site de science participative citoyenne http://www.ipapillon.ca/#&panel1-2 . Quatre-vingt-dix pour cent! Les scientifiques et les amateurs de papillons de tout le continent s’inquiètent. La population des monarques de l’est de l’Amérique du Nord est menacée de disparition.
(…)

Que puis-je faire pour donner un coup de pouce aux papillons?

Créez une oasis attirante pour ces merveilleux migrateurs en cultivant de l’asclépiade* et des plantes nectarifères. Votre jardin deviendra un endroit pour observer à loisir ces flamboyants lépidoptères. Vous contribuerez du même coup à protéger un phénomène de migration unique au monde, qui connaît malheureusement un déclin.

Ouvrez l’œil!

Vous avez observé un monarque, ou alors un autre papillon? Rapportez votre observation sur le site ipapillons.ca et aidez les scientifiques à suivre la progression des populations de papillons du Québec et d’ailleurs. Toutes les observations sont importantes. Mais gardez l’œil ouvert pour les monarques : les données d’observation recueillies guideront les experts dans leurs actions pour la sauvegarde du roi des lépidoptères! www.ipapillon.ca

Article complet :
http://blogue.espacepourlavie.ca/2013/insectarium/la-migration-des-monarques-un-phenomene-en-voie-de-disparition/

Buffet à volonté pour monarques... (photographe inconnu)  

* Asclépiade
 
Voici une plante où tout est bon, d'où également un de ses surnoms : petit cochon ! Diverses parties de cette belle plante sont comestibles, dont son fruit, sorte de petit cornichon, que l'on récolte en août dans les Laurentides.
       L'Asclépiade offre trois légumes différents dans l'année : les jeunes pousses en juin ressemblent à des asperges; en juillet les épis floraux non encore ouverts rappellent le brocoli, et vers la fin d'août, ce sont nos petites gousses fuselées qui apparaissent. Trois légumes verts dont le goût se ressemble, mais d'apparences et de textures variées, s'apprêtant de différentes façons.
       Les Amérindiens ne sont pas les seuls à apprécier l'Asclépiade commune (Asclepias syriaca). Le superbe Monarque (Danaus plexippus) convoite lui aussi la plante. Les Asclépiades sont des plantes écologiquement très importantes pour la biodiversité. Au Québec, les agriculteurs l'haïssent, les animaux de la ferme n'en mangent pas et les enfants se font la guerre avec les gousses. Dans le passé, la teneur élevée en dextrose du nectar de ces plantes était une source d'édulcorants pour les indigènes d'Amérique et les voyageurs.

(Source : Kanata)

-------
J'adore le parfum des fleurs d'Asclépiade. Dommage que ce blog ne soit pas en odomara.
       Bien que cette "mauvaise herbe" ait perdu ses jolies ombelles roses, je voulais vous en parler car le plant est maintenant à l'étape de disperser ses graines, ses très nombreuses graines.
Article :
http://chezlafeedesbois.blogspot.ca/2010/10/duvet-dasclepiade.html

---
Moi aussi j’aime le parfum de cette mauvaise herbe!
En phytothérapie on utilisait l’asclépiade pour soigner des affections aussi diverses que la pleurésie, la typhoïde, la pneumonie, les catarrhes, la dysenterie, la colique, l’eczéma et l’hystérie. Les Omalas avaient coutume de consommer la racine crue pour traiter les bronchites et autres affections respiratoires. Les Amérindiens utilisaient Asclepias incarnata et A. Syrica pour soigner l’asthme.

-------
Complément d’information botanique et historique
Extrait de Flore Laurentienne par Frère Marie-Victorin

Asclépiadacées
Plantes vivaces munies de latex. (…) Environ 200 genres et 2000 espèces, plus abondantes dans les régions tropicales et subtropicales. Quelques espèces ont un latex sucré alimentaire; d’autres ont un latex vénéneux; d’autres fournissent du caoutchouc. Les aigrettes de certaines espèces sont textiles.

1. Asclépias L. – Asclépiade
Plantes herbacées à feuilles entières. Fleurs relativement petites, en ombelles axillaires ou terminales. Corolle à divisions valvaires, réfléchies. Couronne formée de 5 capuchons concaves, dressés ou étalés, portant chacun une petite corne incurvée. Étamines à filets connés. Stigmate 5–angulaire. Follicules acuminés.
       Environ 500 espèces, presque toutes originaires du nouveau monde. – Le nom générique est la forme grecque du nom d’Esculape.

Asclepias incarnata L. – Asclépiade incarnate. – (Swamp Milkweed). – Plante glabre; tige (long. 60-120 cm.) grêle, ramifiée, feuillée jusqu’au sommet; feuilles (long 8-15 cm.) lancéolées ou oblongues-lancéolées, acuminées au sommet; corolle (long. 5 mm.) rouge ou d’un rose pourpré; follicules (long. 5-8 cm.) dressés. Floraison estivale. Lieux marécageux et rivages d’alluvion de l’ouest du Québec. Toujours clairsemé, même son habitat. Cette espèce a été employée par les Indiens du sud comme plante textile.

Asclepias syriaca L. – Asclépiade commune. – Petits cochons, Cochons de lait. – (Common Milkweed). – Plante pubescente; tige (long. 100-150 cm.) robuste, généralement simple; feuilles oblongues, ovales ou ovées (long. 10-20 cm.); corolle (long. 6-8- mm.) d’un pourpre verdâtre, follicules (long. 8-12 cm.) dressés sur des pédoncules recourbés, tomenteux et couverts de protubérances. Floraison estivale. Commun dans tout le Québec.
        Forme de grandes colonies dans les champs et lieux vagues. Il est certainement indigène dans le Québec, bien qu’il soit devenu agressif à la façon d’une mauvaise herbe, à cause des nouvelles conditions créées par l’homme. – Le nom spécifique est déroutant, car la plante est exclusivement américaine. Elle fut l’une des première espèces de ce continent à être décrites scientifiquement. On trouve cette description dans l’ouvrage de CORNUT, Canadensum Plantarum Historia (1635), sous le nom de : Apocynum majus Syriacum rectum. CORNUT crut devoir assimiler cette plante à une espèce de l’Asie Mineure, décrite par CLUSIUS. Plus tard Linné endossa cette erreur en créant le binôme Asclepias syriaca. – Cette espèce indigène a toujours attiré l’attention par d’apparentes possibilités économiques. Peu exigeante pour le sol, elle fournit deux produits intéressants : du caoutchouc, et une matière textile (aigrettes). De timides essais pour l’extraction du caoutchouc ont été tentés en ce pays en 1899, et en Russie, plus récemment, on a remis la question à l’étude. Les tentatives pour utiliser les aigrettes en les mêlant à la soie, à la laine ou au coton, n’ont pas donné de résultats satisfaisants. Par contre, on a utilisé en Russie les fibres libériennes pour la préparation d’une ouate semblable à celle du coton. – Les très jeunes pousses, à peine sorties de terre, se mangeaient autrefois en guise d’asperges; on les vendait deux sous le paquet sur le marché de Montréal. – SARRAZIN, dans une communication à l’Académie des Sciences (1730) écrit que «cette plante fournit un suc dont on fait du sucre en Canada, et que l’on ramasse pour cela la rosée qui se trouve au fond des fleurs». Il ne semble pas y avoir de traces de cette pratique dans le folklore canadien actuel. – La fleur est construite de telle sorte qu’elle constitue un véritable piège où les insectes vont se prendre les pattes. La faune entomologique particulière de l’Asclépiade est des plus remarquables. Elle comprend le Danaus archippus (notre plus grand Lépidoptère diurne : ailes rouges avec bordure et nervures noires), le Tetraopes tetraophthalmus (Coléoptère entièrement rouge, avec quelque points noirs sur les élytres et le thorax), le Labidomera clivicollis (Coléoptère qui ressemble à la Bête à patate [coccinelle], rouge, tacheté de noir), le Lygaeus Kalmii (Hémiptère noir, à thorax et élytres largement bordés de rouge), etc. Il est à remarquer que la couleur dominante de tous ces insectes est le rouge. Outre ces insectes pour ainsi dire spécifiques, dont la larve, la nymphe, ou l’adulte, se nourrissent des racines et des feuilles, les fleurs de l’Asclépiade sont visitées par un nombre immense de papillons, diurnes, crépusculaires et nocturnes.

17 juillet 2013

Le bonheur «durable» de Misao


Ce photoreportage, tiré du livre Misao the Big Mama and Fukumaru the Cat de la photographe Miyoko Ihara*, raconte la vie quotidienne toute simple, mais combien riche de sa grand-mère Misao. Chaque photo est une œuvre d’art de par sa qualité visuelle, sans parler de l’émotion qu’elle éveille.

L’histoire se déroule sur une ferme traditionnelle de la péninsule de Bôsô (préfecture de Chiba). Un univers parallèle bucolique… pas très éloigné de Tokyo!


Miyoko Ihara a commencé à photographier Misao en 2000. Trois ans plus tard, l’octogénaire trouvait dans sa grange un chaton aux yeux vairons abandonné par une chatte errante. Vivant sous le même toit que sa grand-mère, Miyoko fut témoin de l’extraordinaire amitié entre Misao et son chat, baptisé Fukumaru (par extension ce nom peut signifier sphère de bonheur).

La photographe a donc capturé d’uniques moments de tendresse entre les deux amis : «… ils sont tous les deux un peu durs d’oreille, mais ma grand-mère et Fukumaru communiquent toujours par le regard, ils partagent un lien physique», explique Miyoko. «Quand je vois Fukumaru, imperturbable, toujours présent aux côtés de ma grand-mère, j’ai l’impression de me photographier moi-même quand j’étais enfant.»


En effet, ils mangent, dorment, s’occupent des fleurs et légumes du jardin, vaquent à la routine quotidienne, et vont aux champs de riz en tricycle – ensembles. Les photos traduisent l’amour réciproque de ces inséparables : «Nous ne serons jamais séparés!», répète Misao à son chat. À 64 ans, Misao a choisi de consacrer sa vie à l’agriculture. À 87 ans (en 2012), elle travaille encore aux champs, et Fukumaru la suit pas à pas : «Chaque jour ensoleillé est une bonne journée. Une autre belle journée Fukumaru!»

 
 
 
 
«Lorsque j’observe la façon dont vit ma grand-mère, je ressens une force inconnue à ma génération. Elle se lève avec le soleil et se couche avec lui. Elle aime comme ses propres enfants tant ses légumes que son chat, et la qualité de sa récolte influe directement sur son bonheur. Elle ne se demande jamais à quoi rime son travail. Face à cette vie, je ressens une forte attirance et de l’envie.» 


Miyoko Ihara réalise de plus en plus la valeur inestimable de ce quotidien. Les scènes qui s’offrent à elle sont happées par le passé avec chaque seconde qui s’écoule. Malgré une uniformité apparente, chaque jour est un moment unique qui ne se renouvellera pas identiquement. La volonté quasi frénétique d’en «conserver» des traces l’a poussée à multiplier les séances de photographie. Une pulsion qui s’est renforcée depuis la catastrophe du 11 mars 2011.

Article/source (adapté): http://www.nippon.com/fr/images/i00014/


J’ai longuement médité sur ces photos, et je trouve que celle-ci exprime à la perfection cette relation pérenne entre Misao et Fukumaru. Ceux qui préfèrent les chiens prétendent que les chats sont incapables d’aimer leurs maîtres. Eh bien, voilà qui démolit une fois de plus ce fichu préjugé. Et j’ai eu suffisamment de chats pour confirmer…

* Miyoko Ihara est née en 1981 dans la préfecture de Chiba. Elle obtient un diplôme du Nippon Photographic Institute en 2002 (photojournalisme) puis étudie avec le photoreporter Kenji Higuchi. Prix obtenus : premier prix du Concours Yônosuke Natori (prix d’encouragement), premier prix du Concours des jeunes espoirs de la photographie documentaire, prix d’encouragement du Concours Hikoma Ueno de l’Académie japonaise de photographie artistique. Le recueil Misao et Fukumaru (Little more) est sa première publication.

Autres photos :
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150497991494899.463381.236353294898&type=3

COMMENTAIRE


Malgré son âge avancé, Misao est «allumée» et bien vivante. Bonheur durable au quotidien. Une leçon de contentement, d’amour, d’équilibre entre travail, repos et petits plaisirs. Une Porsche en or ne peut pas nous offrir un tel luxe.  

Nos vieillards se ramassent en foyers d’hébergement, bourrés de médicaments, en fauteuils roulants, et finissent sous respirateur artificiel…

Nous sous-estimons les spectaculaires bienfaits de la nature. Notre mode de vie superficiel à haute vitesse produit plus de désespoir que de bonheur; et notre société n’a que faire des plaisirs légitimes que la nature et les animaux peuvent apporter aux humains. C’est regrettable.

Bien sûr tout le monde n’a pas le privilège ou l’opportunité de vivre de cette façon.
En ce qui me concerne, j'avoue que, comme sa petite-fille, j’envie Misao! Je n'ai pas du tout envie de finir mes jours en CHSLD - oh que non!

Vous aimerez peut-être :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/05/nature-et-sante-mentale.html

15 juillet 2013

The Story of change (L'histoire du changement)

Dernier clip d’Annie Leonard
The Story of Change
(http://www.storyofstuff.org/)



L'histoire du changement 

J'avais l'habitude de penser que la vérité nous libérerait. Comme beaucoup de ceux qui se soucient de l'environnement, j'ai passé des années à penser que l'information mènerait au changement. J'ai donc écrit des rapports, donné des conférences, même témoigné devant le Congrès.

Certaines choses ont changé. Malheureusement, le problème global n'a pas changé.

Pendant longtemps, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Maintenant, je me rends compte que ce n'est pas par manque de données, de livres blancs ou d’experts qui nous disent que nous sommes dans le trouble. Le problème est que nous avons oublié les moyens de créer le changement. Mon nouveau clip, The Story of Change, soutient que c'est en partie parce que nous restons coincés dans notre manière de consommer.

J’en suis venue à constater que nous avions deux aspects en nous; c'est comme deux muscles – le muscle du consommateur et le muscle du citoyen. Notre muscle du consommateur, bien nourri et entraîné en permanence, est devenu très puissant. Si puissant que notre identité de «consommateur» est devenue notre raison d'être. On nous dit tellement souvent que nous sommes une nation de consommateurs, que nous ne sourcillons même pas lorsque les médias utilisent les termes «consommateurs» ou «personnes» de manière interchangeable.

Pendant ce temps, notre muscle du citoyen s’est affaibli. Il n'y a aucune campagne de marketing pour nous encourager à nous engager en tant que citoyens. Au contraire, on nous bombarde de listes de choses simples à acheter ou à faire pour sauver la planète sans modifier notre parcours ou sans une goutte de sueur.

Pas étonnant que face aux énormes problèmes, et découragés par l'intransigeance du statu quo, nous utilisions instinctivement notre pouvoir de la seule façon que nous connaissons – en tant que consommateurs. Les déchets de plastique étouffent les océans? Utilisez un sac de shopping réutilisable. Il y a du formaldéhyde dans le shampoing pour bébé? Achetez une marque certifiée verte. Le réchauffement climatique menace la vie telle que nous la connaissons? Changez votre ampoule. (Comme Michael Maniates, professeur en sciences politiques et environnement d’Allegheny College, explique : «On n’a jamais demandé si peu à un si grand nombre de gens.»)

Évidemment, ce sont toutes de bonnes choses à faire. Lorsque nous faisons nos courses, il convient de choisir des produits sans ingrédients chimiques toxiques et sans emballages inutiles, provenant d’entreprises locales qui traitent leurs travailleurs avec respect. Mais notre réel pouvoir ne consiste pas à choisir des produits à même un menu limité; il consiste à déterminer ce que nous voulons avoir au menu. La meilleure façon de s'assurer que les choix toxiques, perturbateurs de climat, soient remplacés par des alternatives sûres et saines (pour tout le monde, pas seulement pour ceux qui peuvent se le permettre) est de s'engager en tant que citoyens : travailler ensemble pour le changement le plus vaste et le plus audacieux que nous n’accomplirons jamais en tant que consommateurs individuels.

Regardez les mouvements qui ont réussi dans le passé – droits civiques, anti-apartheid, victoires environnementales des débuts – et vous verrez que trois choses sont nécessaires pour apporter des changements à l'échelle des besoins d’aujourd'hui.

Tout d'abord, il nous faut un Grand Projet – une idée moralement convaincante, écologiquement durable et socialement juste qui améliorerait les choses pas seulement pour quelques privilégiés mais pour tout le monde. Des millions de personnes autour du monde connaissent déjà le concept : une économie basée sur les besoins des personnes et de la planète, non pas sur le profit des entreprises.

Deuxièmement, nous devons nous engager à travailler ensemble. Dans les mouvements sociaux les plus transformateurs de l'histoire, les gens ne disaient pas «Je vais parfaire mes choix quotidiens individuels», mais plutôt «Nous allons travailler ensemble jusqu'à ce que le problème soit résolu.» Aujourd'hui, il est plus facile que jamais de travailler ensemble, à la fois en ligne et hors ligne.

Enfin, si nous acceptons l’idée, nous devons agir en conséquence. Nous devons passer de l’inquiétude, de la frustration et de la peur à l'action citoyenne engagée. C'est ainsi que nous acquerrons le pouvoir d’apporter un réel changement.

Nous devons viser haut, travailler ensemble et être audacieux. Ce n'est pas simple, et ce ne sera pas facile. Mais l'histoire est de notre côté. Mettons-nous au travail pour réaliser le genre de changement que nous savons possible.

14 juillet 2013

Ce «jetable» dont on n’a pas besoin

Temps de dégradation dans l'environnement 

Quand je cause «pétrole» (et sous-produits) avec des amis et que je leur dis qu’il faut nous limiter au strict nécessaire, j’ai l’impression qu’ils se sentent totalement désemparés : «Mais on ne peut plus s’en passer!» Et là, je leur réponds que si nous cessions simplement d’acheter des gadgets jetables, loin d’être indispensables, nous n’aurions pas besoin d’augmenter sans cesse la production de pétrole.
Ne paniquons pas, allons-y 
une journée à la fois,
une chose à la fois,  
et la face de la planète changera.

À un moment donné au cours de l’histoire pétrolière, les producteurs ont voulu rentabiliser leurs surplus. Alors, ils se mirent à en mettre dans tout – absolument tout : produits de nettoyage, cosmétiques, vêtements, gadgets (on n’imagine pas un téléphone intelligent en bois!), appareils du quotidien, matériaux de construction, et ainsi de suite. Je vous épargne la liste.

Ainsi a-t-on créé une réelle fausse dépendance, savamment dissimulée. Faites le tour de votre logement/maison, visitez un magasin à 1$, Wal-Mart, Target, Toys R’ Us, etc., et comptez les produits jetables «Made in…» pour avoir une idée.

Hier, je suis tombée sur ces articles – quelle étrange coïncidence!

-------
Source : Planet Green
http://www.planetgreenrecycle.com/

Vingt-cinq choses dont nous n'avons pas besoin pour vivre
 
 
Nous produisons beaucoup de déchets. En 2008 seulement, les américains ont généré 250 millions de tonnes de déchets, et bien qu'environ un tiers de tout cela ait été recyclé, beaucoup de choses ont abouti dans les décharges ou ont été incinérées. Notre culture est centrée sur le jetable, et nous sommes les seuls à pouvoir changer cela.
 
Faites le point sur les produits jetables trop emballés et non réutilisables que vous utilisez, et ensuite cherchez des alternatives réutilisables. Vous ne savez pas par où commencer? Voici 25 articles que beaucoup de gens utilisent... et dont nous pouvons facilement nous passer.
 
- Pellicule en aluminium – utilisez une casserole allant au four ou un plat avec couvercle.
- Pellicule en plastique – au lieu de cela, utilisez un récipient à couvercle.
- Chiffons, torchons jetables, etc. – utilisez un chiffon en microfibres lavable.
- Essuie-tout – utilisez un linge à vaisselle ou un torchon à la place.
- Stylos jetables – achetez un bon stylo rechargeable (encre).
- Ustensiles en plastique – utilisez vos ustensiles en métal.
- Assiettes en carton – laver la vaisselle demande un petit effort, mais ça en vaut la peine.
- Sacs en papier ou en plastique à usage unique (épicerie et autres) – utilisez des sacs réutilisables.
- Emballage des fruits et légumes – ces produits n'ont pas besoin d'être emballés.
- Collations emballées individuellement – de toute façon les collations voyagent mieux dans un contenant rigide.
- Rasoirs jetables – achetez un rasoir à lame aiguisable ou changeable.
- Boîtes de jus – mettez votre jus dans un contenant réutilisable (en verre, pas en plastique).
- Taille-crayons électriques – utilisez un aiguisoir d'autrefois.
- Couches jetables – les couches lavables ne sont pas vraiment plus difficiles à utiliser.
- Débarbouillettes jetables – les débarbouillettes en tissu peuvent être lavées régulièrement pour éviter l'accumulation bactérienne ou virale.
- Gobelets en plastique – utilisez uniquement des tasses réutilisables.
- Eau embouteillée – installez un filtre sur votre robinet ou procurez-vous un pichet avec filtre.
- Piles non rechargeables – achetez des piles rechargeables et vous ferez des économies à long terme.
- Ouvre-boîtes électriques – faites travailler un peu vos muscles.
- Contenants individuels (pudding, yogourt et autres) – achetez un grand pot de yogourt (ou faites-le vous-même) et transvidez-le dans des contenants réutilisables.
- Lingettes antibactériennes – si vous devez désinfecter, utilisez plutôt un gel désinfectant pour les mains ou un peu d’alcool à friction.
- Nappes jetables – les dégâts font partie de la vie; nettoyez-les quand ils se produisent.
- Papiers-mouchoirs – à moins d’un gros rhume, un mouchoir en tissu fonctionne très bien.
- Facturation imprimée – passez à la facturation électronique pour votre relevé bancaire, les factures d'électricité, de carte de crédit, etc.
- Pense-bête plastifié – utilisez le pense-bête original en papier; ils peuvent être recyclés lorsque vous n’en n’avez plus besoin.

Cinq trucs pour réduire sa consommation
(Planet Green)

J'entends souvent des gens faisant valoir que l'écologie tourne autour du sacrifice –  renoncer à ceci, s’interdire cela. Mais simplement manger moins de viande en réclamant de plus petites portions, nous pouvons réduire notre consommation sans complètement renoncer à nos plaisirs coupables. Hé, c’est peut-être même un excellent moyen de redécouvrir et de réévaluer les choses que nous tenons pour acquis!

Étant donné que virer vert permet souvent d'économiser, une récession est une occasion idéale pour commencer à réévaluer vos habitudes de consommation. (…) Dans mes propres efforts pour acheter moins, épargner plus et réduire ma consommation, j'ai élaboré quelques habitudes mentales et des stratégies pour déterminer ce que je veux vraiment, et à quel point.

1. Un peu moins : Réduire les portions au restaurant, acheter un café régulier au lieu d'un grand café au lait, privilégier un téléviseur plus petit. Voilà des façons de réduire notre consommation matérielle. Donc, avant d’acheter, posez-vous la question suivante : ai-je vraiment besoin d’un format super size?

2. Peut-être demain : J'entends souvent des conseillers financiers dire «ne vous précipitez pas». Que faire si vous avez de la difficulté à résister à une envie? Pourriez-vous espacer de deux jours ou d’une semaine? Si vous achetez une pizza à tous les vendredis, pourquoi ne pas commander à intervalle de deux semaines? C'est simple, mais efficace, et il n'y a aucun doute que vous économiserez de l'argent.

3. Y a-t-il une alternative? OK, vous aimez votre hamburger. Mais pourquoi ne pas essayer un hamburger végétarien? Ou vous ne pouvez pas vivre sans votre hot-dog du midi – pourquoi ne pas essayer une version végé? Les repas sans viande sont non seulement plus écologiques, mais souvent moins coûteux. Et si vous n'êtes pas prêt pour un virage complet, essayez d'alterner viande et légumes, organique et conventionnel.

4. Résister à la tentation : Les nutritionnistes conseillent à ceux qui surveillent leur poids de ne jamais faire l’épicerie quand ils ont faim et de toujours apporter une liste de d’achats. De cette façon, vous évitez les achats impulsifs qui sont souvent inutiles et malsains. J'utilise une stratégie similaire pour contrôler mes achats. Si je m'en tiens à ma liste, je suis moins tenté. Je trouve même que l’achat en ligne limite l’impulsivité – si j’achète en ligne c’est parce que j'ai vraiment besoin de quelque chose, et par conséquent, je suis moins porté à remplir le panier avec des choses inutiles. En prime, j'économise de l'essence et du temps, et je crée moins de pression pour qu’on ouvre d’autres mega-malls.

5. Reporter: Attendre avant d'acheter peut être un excellent moyen d'évaluer ce que vous voulez vraiment, surtout en ce qui concerne les achats importants. Si vous achetez votre nouveau réfrigérateur, ventilateur, téléviseur ou autre, un mois plus tard, il aura un mois d’usage de moins et durera un mois de plus. Les objets s'additionnent. Vous pouvez appliquer ce principe à l’épicerie – reporter votre shopping à plus tard (Pause Épicerie) est un excellent moyen de vous obliger à utiliser tout ce qu’il y a dans votre frigo avant de le remplir à nouveau.

COMMENTAIRE

Ce qui empêche les gens d’être heureux c’est désirer TOUT avoir.
Selon les sondages de la firme «L’indice de bonheur», l’argent est en tête de liste en tant que source de bonheur, et l’amour arrive au 6e rang…!


Complainte du progrès
Boris Vian* (1920-1959)

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur
Aujourd’hui, c’est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l’oreille
Ah… Gudule!... Viens m’embrasser… Et je te donnerai

Un frigidaire
Un joli scooter
Un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière
Avec un four en verre
Des tas de couverts
Et des pell’ à gâteaux
Une tourniquette
Pour fair’ la vinaigrette
Un bel aérateur
Pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux

Autrefois s’il arrivait
Que l’on se querelle
L’air lugubre on s’en allais
En laissant la vaisselle
Aujourd’hui, que voulez-vous
La vie est si chère
On dit : rentre chez ta mère
Et l’on garde tout
Ah… Gudule… Excuse-moi… ou je reprends tout ça.

Mon frigidaire
Mon armoire à cuillères
Mon évier en fer
Et mon poèl’ à mazout
Mon cire-godasses
Mon repasse-limaces
Mon tabouret à glace
Et mon chasse-filou
La tourniquette
à faire de la vinaigrette
La ratatine-ordures
Et le coupe-friture
Et si la belle
Se montre encore rebelle
On la fiche dehors
Pour confier son sort

Au frigidaire
À l’efface-poussière
À la cuisinière
Au lit qu’est toujours fait
Au chauffe-savates
Au canon à patates
À l’éventre-tomates
À l’écorche-poulet
Mais très très vite
On reçoit de la visite
D’une tendre petite
Qui ouvre son cœur
Alors on cède
Car il faut qu’on s’entraide
Jusqu’à la prochaine fois.
Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois.
Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois.

* Poète, parolier, chanteur et musicien de jazz français

12 juillet 2013

Dustin Hoffman : un moment de vérité



Ce clip fera certainement le tour de la planète – et pour cause. Un vieux débat (non résolu) remis sur la table d’une manière touchante par un de nos acteurs américains préférés, Dustin Hoffman. 

Dans cet extrait d’interview (sortie du placard de l’American Film Institute) Mary Sue demande à Hoffman : «Comment te sentirais-tu si tu étais né femme?» (Non pas ‘comment te sentirais-tu [déguisé] en femme’, de préciser l’acteur.) 

Hoffman raconte comment son rôle dans Tootsie (un homme se déguise en femme pour obtenir un job) lui a ouvert les yeux sur la façon dont la société impose aux femmes des critères de beauté subjectifs. Ce film a certes un côté satirique vis-à-vis des comportements sexistes, mais Hoffman affirme que, pour lui, ce film n’était pas une comédie.

Avant d’accepter le rôle, Hoffman avait demandé qu’on procède à plusieurs essais de maquillage. Lorsqu’il vit le dernier test à l’écran, il se déclara satisfait d’avoir l’air d’une femme, et non pas d’un travesti. Par contre, son apparence le rebutait :  
«J’étais choqué de ne pas être plus séduisante. Alors, je leur ai dit, ‘D’accord, j’ai l’air d’une femme, mais maintenant, rendez-moi belle.’ Je pensais que je devais être belle pour jouer un rôle de femme; en tout cas le plus possible.» Le maquilleur lui avait malheureusement répondu : «Désolé, mais c’est le mieux qu’on peut faire avec toi.»

Sa vive déception l’amena à réévaluer la façon dont il avait jusque-là apprécié les femmes en fonction de leur beauté physique :
«C’est à ce moment-là que j’ai eu comme une révélation. J’ai pleuré, et une fois à la maison, j’ai dit à ma femme ‘Je dois faire ce film’. Elle m’a demandé ‘Pourquoi?’ Et j’ai répondu ‘Parce que je pense que je suis une femme intéressante quand je me regarde sur l’écran. Et je sais que si je me rencontrais dans un party, je ne parlerais jamais à ce personnage. Parce que, physiquement, elle ne répond pas aux critères qu’on nous a dits indispensables pour aborder les femmes.’ Et elle m‘a demandé : ‘Que veux-tu dire?’, et j’ai répondu : ‘Il y a trop de femmes intéressantes que je n’ai pas connues dans cette vie parce que j’ai subi un lavage de cerveau.’»

En effet, le cinéma, la télé, les magazines et Internet nous dictent, encore aujourd’hui, ce qu'il faut trouver beau ou laid, acceptable ou inacceptable. Cette manipulation médiatique axée sur les apparences est un piège sordide qui ravage des vies et mène facilement à la discrimination, voire au racisme.

Un clip à faire circuler, car il pourrait en aider plusieurs à prendre conscience du poids écrasant des standards de beauté que notre société impose, et du tribut que les gens dits «ordinaires» payent en vertu de ces normes complètement superficielles et irréalistes. Et comme Dustin, chacun peut se demander combien de personnes il/elle a pu rejeter au cours de sa vie à cause de ces normes…

Complément : une interview autobiographique avec Dustin Hoffman (Inside The Actors Studio) - un acteur qui ne craint pas d'exposer sa vulnérabilité, et c'est peut-être ce qui en fait un si grand comédien...  
http://www.youtube.com/watch?v=brYf9HanYME&NR=1&feature=endscreen

Pensée du jour :
 
«Ignorant la nature de nos perceptions, nous traitons les autres comme s’ils étaient des personnages sortis d’un feuilleton de télévision. Par exemple, vous rencontrez une fille qui vous plaît, et vous vous dites : ‘Mmm, en voilà une qui est tout à fait dans le style Canal Plus – par exemple – et comme en général j’aime bien les programmes de cette chaîne-là, je sais d’avance que ce qu’ils font me plaira. Alors, il y a de fortes chances pour que je m’entende bien avec une fille qui a le style Canal Plus.’ Fort de cette constatation, vous vous lancez et, pendant un certain temps, tout va très bien (…). Mais qu’advient-il de l’idylle, au bout d’un certain temps? Il semblerait que le programme ait changé tout seul : ce n’est plus Canal Plus que vous avez sur votre écran devant vous, mais la 63e chaîne – des images chargées d’agressivité et de colère – avec de temps en temps un petit retour sur le Canal 49 qui distille du rêve et des fantasmes à longueur de temps. (…) Le plus étonnant, c’est que lorsque toutes les chaînes commencent à se mélanger, personne ne pense à se demander : ‘Mais qui a donc branché ces chaînes-là? Qui est à l’origine de toute cette débauche d’images et d’activité?’ N’est-ce pas bizarre que nous ne nous interrogions jamais là-dessus?»
~ Charlotte Joko Beck (Soyez zen)

Vous aimerez peut-être le libellé Joko Beck (blogue Situation planétaire)