25 juillet 2017

La toute-puissante économie

C’est quasiment pathétique d’entendre le maire de Montréal se dépatouiller avec «sa» course de formule E. Ses arguments ne tiennent pas la route. À vrai dire, c’est insupportable, et insultant pour les gens qui voient au-delà de la mascarade.

«Le vulgaire imbécile est toujours avide de grands événements, quels qu’ils puissent être, sans prévoir s’ils lui seront utiles ou préjudiciables : il n’est ému que par sa propre curiosité.» ~ L’Arioste, 1474-1533 (Roland furieux)

Montréal avait déjà l’air d’une ville en état de siège ou post-séisme. Impossible de circuler dans le labyrinthe des chantiers, interdictions et détours.  

Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron. Les travaux en vue de la course de la formule E perturbent la circulation au centre-ville.

Carte : Montréal Métro. Un millier de personnes enclavées; avec le débordement périphérique, ce sera assez infernal. Comme pour toute course qui se respecte, les Barbies hôtesses seront au rendez-vous, tel que promis par les organisateurs...

L’événement soulève donc la grogne pour d’excellents motifs. À lire :
La Formule E : nous n’avions pas besoin de ça
Les quatre raisons pour lesquelles Montréal aurait dû passer son tour
Par Philippe Mercure, éditorialiste (La Presse)   

Le monde se portera beaucoup mieux quand les élus cesseront de baiser les pieds des lobbyistes (c'est une véritable pandémie).

«Quand l’argent précède, toutes les portes s’ouvrent.»
~ William Shakespeare (Les Joyeuses commères de Windsor

M. Coderre voulait "remettre les pendules à l'heure" aujourd'hui. 
Voici une manière différente de voir la chose...

Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles
Par Bernard Maris
Le Seuil, 2003 


L’économie est un anesthésique du même tabac que le latin à l’église, et sans doute l’économie a t’elle beaucoup gagné là où la religion a beaucoup perdu. Il y a un côté transique dans la prière commune, que l’on retrouve dans l’incantation économique à la Confiance chantée en canon dans toutes les réunions, du G7 ou d’ailleurs.

N’importe quel esprit un peu ouvert comprenait que le communisme était une «perversion de la rédemption des humbles», une hérésie religieuse, mais une religion tout de même. Point n’est besoin d’être grand clerc pour voir dans l’économie orthodoxe, la loi de l’offre et de la demande et le libéralisme idéalisé une utopie, comme le communisme, et comme lui une religion avec ses fidèles, ses papes, ses inquisiteurs, ses sectes, son rituel, son latin (les maths), ses défroqués, et peut être un jour, rêvons, son Pascal et son Chateaubriand.

La «main invisible», ruse hégélienne de la raison, raison dominant la raison des hommes, est un avatar du Saint -Esprit. Idem le marché (son autre nom) omnipotent, omniprésent et ubiquitaire, être de raison supérieure, substance immanente et principe des êtres – «vous n’êtes qu’un raisonnement coût-bénéfices» cause transcendante créant le monde, et qui a tous les attributs de la divinité, y compris le destin : personne ne peut échapper au marché. Il existait avant vous et existera après. Dès lors il est impossible de penser l’après-économie. Voilà pourquoi la fin de l’histoire, la new economics (la fin des cycles, vieille resucée libéralisée des croyances en la croissance optimale en vigueur dans l’après-guerre) sont indissociables du libéralisme. La fin de l’histoire arrange bigrement ceux qui ont le pouvoir. La fin de l’histoire, c’est bien si je suis en haut. L’éternité du marché, qui justifie la domination de quelques dizaines de milliardaires dont la fortune équivaut au PIB cumulé des cinquante pays les plus pauvres, ressortit au principe du droit divin. Le droit du marché est le droit du plus fort. Les dictateurs ont toujours cherché à justifier démocratiquement, par 98% de oui, leur place.

Si l’économie est une religion, ce que pensent, finalement, beaucoup d’économistes ayant pignon sur colloque ou place dans les conseils du Prince («L’économie politique est la religion de notre temps», Serge Latouche : «L’économie politique est la religion du capitalisme», Michel Aglietta et André Orléan), indiscutablement le marché, sa divinité, a une certaine allure : la Raison, le Progrès, le Bonheur, la Démocratie et autres candidats fort acceptables à l’essence éternelle sont tous contenus en lui.

Les problèmes des religions c’est qu’elles engendrent les fanatismes, les sectes (on disait, à juste titre, dans les salons de Louis XV, la «secte des physiocrates», personnages qui se signalaient par leur arrogance et la complexité de leurs discours), les hétérodoxies, les papes, les gourous, l’École de Chicago est une secte, bornée à bouffer du foin, mais dangereuse et convaincante comme toutes les sectes. Les libertariens sont une secte, à peine plus sectaire que la précédente. Les chartistes sont une secte. La société du Mont-Pèlerin est une secte avec ses rites et ses cravates ornées du visage d’un douanier. Les micro-économistes sont une secte. Les théoriciens de l’économie industrielle sont une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos. Il n’est pas difficile de repérer le taliban sous l’expert, et le fou de Dieu sous le fou de l’incitation.

Il y a aussi une manière rigoriste ou désinvolte de pratiquer, en trompant son monde et allant à la confesse. Il y a les prêcheurs et les convertis. Les libéraux les plus fanatiques viennent souvent du marxisme, c’est-à-dire ont changé simplement de religion. On voit des abbés de cour, des Trissotin, des pères Duval ou des abbés Dubois, des Talleyrand qui clopinent et des chanteurs en grégorien, des beautés et bontés du marché. Mais le problème de la religion est qu’il est extrêmement difficile, lorsqu’on en a été nourri, de penser hors d’elle. [...]

Au fait, les économistes… De quoi parlez-vous? Savez-vous que lorsqu’on a compris que la «science» économique était une religion, l’économie devient passionnante? On peut l’aborder sous l’angle de la mathématique pure rien n’est plus respectable que le plaisir pur du chercheur, détaché des contingences mercantiles, qui produit ses théorèmes de mathématique, mais qu’il ne les baptise lois économiques, par pitié ! Sous l’angle de l’histoire des faits, de la pensée, de la philosophie économique, de la comptabilité, de la statistique descriptive... De la rhétorique comme il est amusant, alors, d’observer les travaux de couture des uns et des autres pour emmailloter plus ou moins habilement dans de la «science» leur idéologie!

La Révolution avait coupé le cordon religieux. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, avec la coupure du cordon de la religion économique.

Alors, les économistes… De quoi parlez-vous? Du Saint-Esprit ou de la valeur?

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(1) Bernard Maris (23/9/46 – 7/1/2015), l’économiste en chef de Charlie Hebdo, à l’humour digne de cette joyeuse maison, prof d’économie rêvé, fait partie des tristes victimes des attentats du 7 janvier. Ses compétences, ses responsabilités dans la vie civile (membre du conseil scientifique d’Attac et membre du conseil général de la Banque de France), n’avaient d’égales que la singularité absolue de ses positions dans le monde uniforme et puissant des économistes : partisan de l’instauration d’un revenu d’existence universel, il militait pour la sortie de l’euro et l’effacement d’une partie de la dette privée et publique. Journaliste, professeur, esprit curieux et ouvert, Bernard Maris était une personnalité à part, un style en soi, brillant et mordant.

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«Ne parle pas d’argent; je n’adore pas un dieu qui se donne si vite au derniers des drôles.» ~ Euripide

22 juillet 2017

Le cheval, selon Boucar

Coïncidence : mes bien-aimés chevaux à l’honneur. Quand je pense à tout ce qu'on a infligé jusqu'à maintenant aux chevaux, et aux animaux en général, je suis horrifiée, peinée et indignée. Malgré leur grande force, comme les enfants, ils sont totalement vulnérables et démunis face à la cruauté des humains. (Si le sujet vous intéresse, visitez le libellé "Zoofriendly" du blog Situation planétaire.) 

La nature selon Boucar
Samedi 22 juillet 2017

Histoire du cheval : 10 000 ans d'exil

«Il est le seul animal à avoir accompagné l'homme dans toutes ses guerres de conquête, mais aussi dans toutes ses vantardises.» L'historien et membre de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska Mario Gendron nous présente l'histoire du cheval, animal mythique qui aurait parcouru la planète à l'état sauvage avant de joindre son destin à celui de l'homme.

À droite, le poulain "Vimy" de la 20e Batterie de campagne de Lethbridge né sur la crête après la bataille et sa mère, à gauche.  Photo : Radio-Canada / Bibliothèque et Archives Canada

Si la bête est née en Amérique il y a 60 millions d’années, sa forme plus moderne disparaît du continent environ 10 000 ans avant notre ère. S’étant déplacé en Asie par le détroit de Béring, puis en Europe, le cheval est domestiqué tardivement par l’homme, des millénaires après le cochon, la vache ou le chien.

Retour au bercail

Curieusement, c’est en Amérique que le cheval va connaître le plus de succès.

Après avoir été utilisé par de nombreuses civilisations, souvent pour en exposer les richesses ou en démontrer la puissance militaire, l’animal retourne en bateau sur son continent originel au milieu du 17e siècle. Par la suite, toutes les classes sociales auront des chevaux en Amérique. Les Français, les Hollandais et les Anglais vont tous en importer, et de nombreuses nations autochtones vont l’adopter, notamment pour la chasse.

La pureté de la race, un mythe?

Selon l’historien, l’illusion de la pureté génétique du cheval, démentie par les scientifiques, ressemble beaucoup à celle qui entoure l’aristocratie. Ainsi, même si l’on considère que l’ancêtre d’un cheval est pur, le mélange génétique se poursuit avec sa descendance.

Les chevaux ne sont pas purs dans l’absolu de la génétique, ils sont purs uniquement [quant à] certains caractères qui se reproduisent. Ceux qui tiennent les livres de génétique ont intérêt à dire que la race est pure et qu’elle a des qualités intrinsèques.



Boucar Diouf (né le 26 mai 1965) est un biologiste, océanographe, humoriste, conteur, chroniqueur et animateur de télévision québécois d'origine sénégalaise (peuple Sérère). Arrivé au Québec en 1991 à Rimouski pour y faire des études supérieures, il a enseigné un temps la biologie à l'Université du Québec à Rimouski. Il mène actuellement une carrière d'humoriste. Dans ses sketches, il traite régulièrement de questions d'intégration et des différences culturelles.

20 juillet 2017

Patch et Stewball

Ce cheval serait né avec un patch en forme de poulain blanc, selon la légende de la photo. Hum... je suis sceptique. Que ce soit à l’aide de peinture (non toxique j’espère) ou de retouche par logiciel, c’est chouette.

D’un autre côté, la nature crée parfois des bizarreries «naturelles» – tel ce mignon petit chien bicolore gréé d'un cœur.


Complainte du petit cheval blanc 
Paul Fort

Le petit cheval dans le mauvais temps, qu'il avait donc du courage!
C'était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.
Il n'y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.
Il n'y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.

Mais toujours il était content, menant les gars du village,
À travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.
C'est alors qu'il était content, eux derrière et lui devant.

Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu'il était si sage,
Il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps, qu'il avait donc du courage!
Il est mort sans voir le printemps ni derrière ni devant.

Hughes Auffray ~ Stewball

Il s'appelait Stewball
C'était un cheval blanc
Il était mon idole
Et moi, j'avais dix ans.

Notre pauvre père,
Pour acheter ce pur sang,
Avait mis dans l'affaire
Jusqu'à son dernier franc.

Il avait dans la tête
D'en faire un grand champion
Pour liquider nos dettes
Et payer la maison

Et croyait à sa chance.
Il engagea Stewball
Par un beau dimanche
Au grand prix de St-Paul.

"Je sais, dit mon père,
Que Stewball va gagner."
Mais, après la rivière,
Stewball est tombé.

Quand le vétérinaire,
D'un seul coup, l'acheva,
J'ai vu pleurer mon père
Pour la première fois.

Il s'appelait Stewball.
C'était un cheval blanc.
Il était mon idole
Et moi, j'avais dix ans.

Grey mare

En Amérique, la ballade Stewball était plus populaire chez les afro-américains du sud où le cheval gagnant était appelé 'Skewball' ou 'Kimball’, et c’était apparemment l’une des chansons des chain gangs (1). La chanson a été enregistrée par Leadbelly en 1940 (CD disponible via le Musée Smithsonian), par Joan Baez (album ‘Joan Baez’), par Peter, Paul et Mary, et un certain nombre d'autres artistes.

Il y a une chanson américaine qui lui est étroitement liée, appelée ‘Molly and Tenbrooks’ (et aussi Run, Molly, Run; Old Tim Brooks; Tim Brooks; The Race Horse Song), qui raconte la compétition entre deux célèbres chevaux de course Mollie McCarty (Californie) et Ten Broeck (Kentucky) lors du East-West Four-mile Kentucky Match le 4 juillet 1878.

Il existe plusieurs versions de la saga Molly/Ten Broeck, et le folkloriste D.K. Wilgus croyait qu'il y avait un lien entre la ballade Stewball et celle de Molly/Tenbrooks dans lesquelles on raconte que Mollie McCarty aurait fait une chute fatale, tel que mentionné dans la version Stewball de Joan Baez.

Mais ce n’est pas arrivé. Ten Broeck l’a dépassé et a remporté la course; mais Mollie McCarty en a gagné plusieurs par la suite et a donné naissance à trois poulains. 

http://www.tbheritage.com/Portraits/MollieMcCarty.html

Joan Baez ~ Stewball

Stewball was a good horse
He wore a high head,
And the mane on his foretop
Was as fine as silk thread.

I rode him in England,
I rode him in Spain,
And I never did lose, boys,
I always did gain.

So come all you gamblers,
Wherever you are,
And don't bet your money
On that little gray mare.

Most likely she'll stumble,
Most likely she'll fall,
But you never will lose, boys,
On my noble Stewball.

As they were a-ridin'
'Bout halfway around,
That gray mare she stumbled
And fell on the ground.

And away out yonder,
Ahead of them all,
Came a prancin' an' dancin'
My noble Stewball. 


Peter, Paul & Mary ~ Stewball



Oh Stewball was a racehorse, and I wish he were mine.
He never drank water, he always drank wine.

His bridle was silver, his mane it was gold.
And the worth of his saddle has never been told.

Oh the fairgrounds were crowded, and Stewball was there
But the betting was heavy on the bay and the mare.

And a-way up yonder, ahead of them all,
Came a-prancin' and a-dancin' my noble Stewball.

I bet on the grey mare, I bet on the bay
If I'd have bet on ol' Stewball, I'd be a free man today.

Oh the hoot owl, she hollers, and the turtle dove moans.
I'm a poor boy in trouble, I'm a long way from home.

Oh Stewball was a racehorse, and I wish he were mine.
He never drank water, he always drank wine.

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(1) Chain gang : groupe de prisonniers enchaînés ensemble et contraints d'effectuer des travaux pénibles, qui consistaient par exemple à casser des rochers, généralement le long des routes et voies ferrées en construction. Ce système a principalement été utilisé aux États-Unis où, en 1955, il a été abandonné dans tous les États à l'exception de l'Arizona.

Southern chain gang, Detroit Publishing Co. Bibliothèque du Congrès, 1903.
(Source : Wikipédia)  

16 juillet 2017

Je me laisse prendre à tout coup

Photo : SimStl. Île d’Orléans

16 juillet, Dessine-moi un été, chronique Amour des mots et poésie avec Christian Vézina : La rêverie (ou le vieux qui nageait vers le large). Je comprends pourquoi il passe en fin d’émission. On a souvent envie de silence après l’avoir entendu. Envie de rester avec les images, les émotions, les sentiments, le sourire, le rire, le brin de nostalgie, l’émerveillement. (Contrairement à lui, je cherche mes mots...)

Audiofil :
http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/dessine-moi-un-ete


Site de l'auteur https://twitter.com/capveranda

D’abord poète, par la suite homme de scène, Christian Vézina a publié deux recueils de poésie accompagnés de CD aux éditions Planète rebelle, Doux comme dans fauve (1999) et L’inventaire des miracles (2009). Si le comédien et coauteur de Henri Bricole, Le poète fait du chapeau et La veillée chez le maréchal-Ferron n’a guère besoin de présentation, le poète, lui, avait tout à révéler. C’est en fêtant ses quarante ans sur l’île d’Orléans qu’il s’est dit que c’était le moment ou jamais d’écrire, avant de reprendre la route des théâtres et des festivals (au Québec comme en Europe) avec son petit cirque de mots… Et c'est cette réflexion qui a donné naissance à L’inventaire des miracles. (Source : Planète rebelle)

13 juillet 2017

Quelque chose qui nous élève

Après tous les récents messages teintés de morosité et de cynisme, je me suis évadée dans la nature, caméra à la main, cherchant des sujets d’émerveillement; c’est le meilleur endroit (pour moi). Le retour au monde fébrile des humains est toujours pénible, même si j'habite dans une petite ville très «verte», tranquille et agréable. J’ai de la difficulté à y vivre des moments aussi «sublimes» et paisibles que dans les lieux plus «sauvages». Je devrais peut-être faire des efforts pour découvrir des sources d’émerveillement dans mon environnement immédiat. C’est l’une des choses que nous suggère Maggie McCracken.


«La capacité de s’émerveiller remplace adéquatement la religion, la prière et la dévotion. Il suffit d’admirer un ciel étoilé, un oiseau s’envoler, une fleur s’ouvrir, un bébé sourire, pour qu’un sentiment de gratitude monte spontanément. Mais, il faut prendre le TEMPS de s’arrêter.» ~ William Martin, Taoist Living (1)

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Au lieu d’investir dans des armes de destruction massive qu’aurions-nous à perdre à investir dans des armes de bonification massive de l’humanité?
larguons des bombes remplies d’ocytocine (2) sur nos potentiels «ennemis»  
remplaçons les prescriptions de Fentanyl (3) par des prescriptions d’ocytocine  

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Pourquoi cultiver l’émerveillement?
Par Maggie McCracken (Care2)

Si vous revenez sur les moments où vous avez ressenti un sentiment de stupéfaction mêlée de respect, de quoi vous rappelez-vous? Peut-être l’avez-vous éprouvé en visitant le Grand Canyon, ou en en regardant les imposants gratte-ciels des rues de Manhattan. Ou, peut-être lors d’un concert live... écouter de la musique bien jouée peut déclencher ce sentiment.

Indépendamment de ce que vous trouvez particulièrement impressionnant, vous connaissez sûrement la sensation : on se sent incroyablement petit avec une impression de faire partie de quelque chose de beaucoup plus grand que soi. Dans une étude de 2015, un groupe de chercheurs de l'Université de Californie, Irvine, décrit le phénomène ainsi «c’est ce sens de l’émerveillement que nous éprouvons en présence de quelque chose d'immense qui dépasse notre compréhension du monde».

L’importance de ce sentiment 

Bien sûr, l'expérience est fort agréable, mais contribue-t-elle à une vie plus saine et heureuse? Les chercheurs disent oui. Ils ont constaté que plus ces expériences étaient fréquentes, plus les comportements altruistes ainsi que l'empathie et la bonté augmentaient. Et ce n'est pas tout. Selon Psychology Today, les gens qui vivent régulièrement ces états d’esprit ont tendance à avoir des niveaux élevés d’ocytocine; ce peptide est aussi reconnu pour réduire l’inflammation des tissus, et par conséquent la douleur.

«Ces expériences évoquent l'émerveillement et l'étonnement», écrit Amélie M. Gordon, PH.D. dans Psychology Today. «Elles ne sont pas seulement agréables, elles sont transformatrices; elles nous incitent à contempler le sens de la vie et à nous voir comme une partie d'un ensemble plus vaste.»

La cabane dans les arbres... contemporaine

Comment en faire l'expérience plus souvent

Ce serait formidable si nous pouvions tous visiter régulièrement de nouveaux endroits et voir des paysages et des décors différents, mais malheureusement, ce n'est pas réaliste. Cependant, il y a plein d’occasions de s’émerveiller dans la vie quotidienne... il suffit d’y mettre un peu d'efforts. Voici quelques idées.

Pratiquer la randonnée. Grimpez au sommet d'une colline surplombant un magnifique paysage est l'une des plus façons les plus efficaces de susciter l’émerveillement.

Se lever tôt et regarder le lever du soleil. Les couchers de soleil sont magnifiques, mais nous en voyons plus fréquemment. Moins de gens ont la chance de contempler un lever de soleil, tandis qu’il projette ses rayons roses sur la terre.

Regarder les étoiles. Mais pas seulement en passant. Sortez de la ville et admirez la voie lactée sans pollution lumineuse nocturne. 

Marcher très lentement. Par une belle journée, marchez autour de votre bloc.... Prenez le temps de regarder les fleurs, de respirer leur parfum et d’observer les écureuils et les oiseaux qui jouent et s'amusent.


Devenir touriste dans sa propre ville. Découvrez de nouveaux quartiers, parcs publics, musées et sites intéressants.

Consulter des médias inspirants. Cherchez des médias qui vous élèvent et vous laissent un sentiment d’émerveillement, tels que des récits de voyage ou des documentaires sur la nature.

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(1) A Society in Fibrillation by William Martin Blog 7/10/17

Fibrillation:  the quivering and fluttering of the heart caused by uncoordinated contraction of the individual fibrils in the heart muscle; often caused by disjointed signals of the sympathetic nervous system. 
     [] Our world is full of tweet-driven fight or flight signals. We are off-balance all of the time because no sooner does one tweet ripple through the internet than another one on an entirely different, but equally insane, theme plops into the media pond. How can we possibly maintain a balanced life in the midst of such a lunatic energy? Perhaps this is a purposeful strategy meant to keep us in this state; or it may be simply the result of a deranged leadership. Whatever the cause, the personal path to sanity and effective action lies in finding ways to keep ourselves in a healthy, steady, non-agitated state of being. 
     My first suggestion is to take measures to severely limit the presence of the tweets and other fear-producing media presentations. This is not a head-in-the-sand avoidance mechanism. It is a sane necessary step to help restore a normal rhythm to our daily life. The current leadership of our society depends on keeping us off-balance and afraid. This keeps our sympathetic nervous system in a constant state of activity and inhibits any arising of well-considered action. In the fight/flight state of mind the only thing the body cares about is lashing out at whatever feels threatening in the moment, or running away as fast as possible. The mind is not able to entertain creative solutions or to take patient steps toward effective long-term goals. []

Source : http://www.taoistliving.com/index.html
https://www.facebook.com/taoistliving/

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(2) L’ocytocine, l’hormone qui crée des liens  

Tant chez les humains que chez les autres animaux, on peut dire que l’ocytocine est un peptide qui joue le rôle de ciment des relations sociales. Elle aurait en effet la capacité d’associer les contacts sociaux à des sentiments agréables, aidée en cela par d’autres neuromédiateurs, telle la dopamine.

Suivez le guide...  

D’autres études mettant à profit des tests psychologiques sur les habiletés sociales des participants ont démontré que l’ocytocine améliore l’empathie surtout chez les sujets ayant les capacités sociales les moins développées. Ces résultats ont d’ailleurs suscité de l’intérêt sur le potentiel thérapeutique de cette molécule pour atténuer les symptômes de dysfonctionnements sociaux comme les phobies ou l’autisme. 
     En réduisant l’anxiété et favorisant la confiance, l’ocytocine contribue donc à la stabilisation des liens sociaux et des comportements de type coopératif, altruiste, empathique ou même de sacrifice. Ce dernier pouvant être associé à l’agressivité défensive de la mère, par exemple face à un individu du groupe qui triche ou refuse de coopérer. Elle contribue donc non seulement à moduler nos émotions, mais également à influencer des processus de plus haut niveau comme nos jugements moraux.

Source : Le cerveau à tous les niveaux  http://lecerveau.mcgill.ca/avance.php

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(3) Au sujet de la dépendance au Fentanyl et aux opiacés (vidéos et articles) :

Unstoppable: The Fentanyl Epidemic
http://www.cbc.ca/firsthand/features/heres-what-you-need-to-know-about-opioids-and-addiction

12 juillet 2017

La 6e inclura les humains

Selon les dernières données scientifiques la sixième extinction de masse progresse à pas de géant. Et il semble que l’humanité joindra les rangs des espèces disparues à jamais. «Fausse nouvelle!», diront les trumpistes.

Pour une fois, je suis d’accord, certains spécimens humains survivront :
Caricature : Nawak (via www.mrmomdialisation.org )

J'imagine que ce ne sont pas les frères Trump qui ont fait le coup; il ont déjà tué leur lot d’animaux en voie d’extinction.

Comme beaucoup de chasseurs, Don Jr et Eric Trump prétendent aimer les animaux. Aiment-ils leur propre progéniture? Ouah.

10 juillet 2017

Ne dormons pas sur nos lauriers

[...] les gens ont besoin d'un peu d'amour, et bon dieu que c'est triste, parfois, de voir toute la merde qu'il leur faut traverser pour en trouver. 
~ Richard Brautigan (La vengeance de la pelouse)

Le «chick lit» des salafistes
Par Hasna Hussein 

Les librairies islamiques ciblent intelligemment un jeune public, un peu à la façon des magazines féminins. Quelques ouvrages : «les Secrets du hijab…», «Main dans la main pour ta réussite mon cher mari» ou encore «Femme au foyer : redécouvre ton chez-toi». Les voix de la radicalisation sont impénétrables.
   Ces ouvrages destinés aux femmes, souvent traduits de l’arabe, véhiculent une image unique de «la femme» musulmane, nécessairement «voilée», «pieuse», bonne épouse et mère exemplaire. On lit dans l’un de ces ouvrages : «Certaines femmes négligent le fait de servir l’époux. L’une d’elles ne se charge pas de satisfaire ses besoins comme préparer à manger, lui laver ses vêtements, etc. Elle ne se soucie guère du rangement de son foyer, ni même de sa propreté. […] Tout ceci pour une seule raison : sa négligence et sa paresse. […] C’est un devoir qui est obligatoire selon l’avis le plus juste.» En plus d’inonder les chaînes satellitaires arabes et Internet de leurs avis juridiques (fatwas) sexistes, machistes et misogynes, des auteurs à succès, comme les Saoudiens Muhammad ibn Ibrahîm al-Hamad ou Ibn Bâz diffusent dans leurs ouvrages des avis comme l’urine d’un bébé fille annule les ablutions car elle est impure alors que celle d’un bébé garçon ne l’est pas ! Le livre en question, intitulé Recueil de fatwas concernant les femmes, contient plus de 535 fatwas, qui prennent madame par la main pour lui dire que faire dans les moindres détails de sa vie (au foyer) et figure parmi les best-sellers des librairies de la rue Jean-Pierre-Timbaud.

Article intégral :

120 ans de féminisme québécois
Reportage de Sophie Payeur et Michel Caron


Micheline Dumont raconte ici quelques-uns des grands moments de la lutte pour les droits des femmes au Québec. Professeure émérite et pionnière des recherches en histoire des femmes au Québec, cette jeune femme de 77 ans est également une auteure talentueuse.

LE FÉMINISME QUÉBÉCOIS RACONTÉ À CAMILLE; Micheline Dumont; Les éditions du remue-ménage


Historienne reconnue et spécialiste de la question des femmes, Micheline Dumont est depuis plusieurs années invitée à donner des conférences sur l’histoire des femmes au Québec. De ces rencontres, a germé l’idée d’écrire un ouvrage sur le féminisme québécois qui ne s’adresserait pas aux universitaires, mais plutôt aux jeunes femmes et à toutes celles qui n’ont pas beaucoup d’atomes crochus avec les livres savants, avec les notes au bas des pages, avec les rapports de recherche. C’est donc avec un souci de clarté et de lisibilité qu’elle raconte dans cet ouvrage l’histoire du féminisme depuis plus d’un siècle.

Je recommanderais aux femmes et aux hommes de confession musulmane (islam modéré ou ultra conservateur) de lire cet ouvrage avant de demander la citoyenneté canadienne.

«Qu'est-ce que la laïcité? C'est un peu tout le contraire de ce qu'on en dit en ce moment. Ce n'est pas la répression de la religion, du religieux, du sacré, de la spiritualité. C'est la liberté de pratiquer toutes les religions en y ajoutant, très important, la liberté si rare dans les pays islamiques de ne pas avoir de religion.
   La laïcité consacre essentiellement la séparation de l'Église et de l'État ainsi que ses institutions ou, si vous préférez, sépare le religieux du politique.» ~ Pierre Foglia (La Presse, le 17 octobre 2013)

Notons que, au Canada, les crimes d’honneur, la lapidation, la décapitation, l’amputation, les mutilations et autres barbaries du genre sont interdites et passibles d’emprisonnement.
   Il n’y a pas de séparation des sexes en public, nous avons le droit d’exprimer librement nos opinions, d’être athées, de consommer de l’alcool, les femmes peuvent fréquenter des hommes hors du cercle familial et ne sont pas tenues de se couvrir de la tête aux pieds pour se cacher. Personne n’est obligé de pratiquer une religion. Nous avons eu notre lot d’ingérence cléricale, et nous n’en voulons plus.  

Tableau : Jean-Paul Lemieux, Les Ursulines, 1951

La lutte des femmes pour la liberté et l’égalité en Occident : ne dormons pas sur nos lauriers  

Extraits tirés de :  
Ainsi soit-elle
Benoîte Groult, Éditions Grasset & Fasquelle, 1975 

Les hommes ont toujours été ravis quand nous étions capricieuses, coquettes, jalouses, possessives, vénales, frivoles... excellents défauts, soigneusement encouragés parce que rassurants pour eux. Mais que ces créatures-là se mettent à penser, à vivre en dehors des rails, c’est la fin d’un équilibre, c’est la faute inexpiable.

Marthe de Florian, actrice de théâtre et courtisane. Peintre : Giovanni Boldini (1898). Avant l’apparition de la photo les portraitistes avaient beaucoup de travail...!

C’est quand on inverse les situations que l’on s’aperçoit de la réalité féminine.

«Nous pouvons affirmer en toute certitude que la connaissance que les hommes peuvent acquérir des femmes, de ce qu’elles sont, sans parler de ce qu’elles pourraient être, est déplorablement limitée et superficielle et le restera tant que les femmes n’auront pas dit tout ce qu’elles ont à dire.» 
John Stuart Mill

...Il faut la dire cette «parole de femme» que trop de «superbes parleurs» depuis trop de siècles ont réduite à l’inexistence ou au chuchotement. C’est une question de justice, de liberté mais peut-être aussi de survie. On a trop longtemps pris notre goût du bonheur pour un signe de médiocrité et notre dégoût de la guerre ou de la violence pour un signe de faiblesse. On a trop longtemps pris la parole de l’homme pour la vérité universelle et la plus haute expression de l’intelligence, comme l’organe viril constituait la plus noble expression de la sexualité. [...]

Toute cette tragédie-comédie de la supériorité du mâle dans l’espèce humaine, qui trouve son illustration extrême dans les sociétés musulmanes, n’aura finalement abouti, quels que soient les avantages marginaux que les hommes ont pu en retirer, qu’à un seul résultat : annuler le potentiel humain de la moitié de la population et priver chaque pays de 50 p. 100 de ses forces vives.

Il faut guérir d’être femme. Non pas d’être née femme, mais d’avoir été élevée femme dans un univers d’hommes, d’avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes, selon les critères des hommes. Et ce n’est pas en continuant à lire les livres des hommes, à écouter ce qu’ils disent en notre nom ou pour notre bien depuis tant de siècles que nous pourrons guérir.

Un certain nombre de pétroleuses, soutenues par quelques utopistes mâles ont essayé depuis deux siècles de secouer ce joug, de penser et d’agir sans en demander l’autorisation à l’autre sexe. Elles ont péri sous le ridicule et les insultes des hommes, mais aussi, ce qui est plus désolant, sous le mépris hargneux des ces femmes qui constituent la «misogynie d’appoint». Comme tous ceux que la servitude a dégradés, les femmes ont fini par se croire faites pour leurs chaînes et sont devenues antiféministes comme tant d’esclaves du Sud furent esclavagistes et combattirent aux côtés de leurs maîtres contre leur propre libération lors de la guerre de Sécession. Bien des sentiments les poussent à se désolidariser de leur propre cause, l’intérêt, la prudence, la peur, une humilité savamment entretenue, mais aussi l’amour, bien qu’il soit déchirant d’aimer qui vous opprime.
   Il est de bon ton d’ignorer ou de dénigrer les féministes. Qui connaît leur histoire? Leurs visages? On préfère les croire laides, hommasses, hystériques, mal aimées, ce qui est faux. Le mouvement féministe, qui compte tant d’émouvantes figures, apparaît encore comme le combat de quelques vieilles filles refoulées et dévorées du désir de posséder un pénis, cette idée fixe des psychanalystes freudiens. Ce qui n’empêchait pas qu’on les traite simultanément de putains, l’inévitable injure! Encore aujourd’hui, cette appellation reste l’insulte favorite des nos misogynes. (...) La réaction de la société devant celles qui se battaient pour leurs droits a été d’une constance admirable à travers les siècles : aucune compréhension, aucune estime, pas de pitié et la répression par tous les moyens, le tout se masquant derrière un raisonnement parfaitement arbitraire dont on se demande comment il a pu servir si longtemps à justifier les privilèges des uns et l’obéissance des autres. Un raisonnement en forme de prison.

...À chaque révolution, qu’elle ait eu lieu dans la jeune Amérique, dans le tiers monde ou en Europe, les femmes au début conquirent le droit de participer aux luttes contre l’oppression des privilégiés ou l’impérialisme des puissants, mais dans la nouvelle société, elles furent à chaque fois brutalement remises à leur ancienne place. Les notions de liberté et d’égalité ne semblaient jamais s’appliquer à cette moitié-là de l’humanité. Mieux, on les punissait d’y avoir songé.

Unis par un instinct de classe et de propriété, la grande majorité des penseurs confirment ce point de vue : « Une femme qui exerce son intelligence devient laide, folle et guenon. » (Proudhon)

...Ils [les hommes] ont lutté pas à pas, loi à loi, s’accrochant à toutes les branches, pour nous refuser des droits qui paraissent maintenant élémentaires et inoffensifs et que les esclaves noirs avaient obtenus avant nous. Mais le sexisme est plus profond et plus endémique encore que le racisme. On trouve dérisoires ou ignobles aujourd’hui les prétextes qui ont servi hier à nous priver de liberté, sans s’apercevoir que les procédés utilisés aujourd’hui sont tout aussi misérables.
   Bien sûr, il ne s’agit pas d’un complot organisé. Des conspirateurs, ça se démasque. Il s’agit d’une réaction instinctive, inconsciente, d’un besoin éperdu de maintenir cette suprématie qui a, pour notre malheur à tous, été considérée comme l’essence de la virilité. Cette vanité imbécile a saccagé l’histoire des hommes et des femmes, l’amour des hommes et des femmes. Elle a été la cause de comportements grotesques, terrifiants ou névrotiques, à toutes les époques de l’histoire ou presque, et dans tous les pays, ou presque.

L’excision pratiquée de plus en plus tôt sur les fillettes. L'Ined s'alarme du développement de la médicalisation de l'excision, reconnue par la communauté internationale comme une violation des droits humains. Trop longtemps décrite comme un rite de passage à l'âge adulte, l'excision tend à être pratiquée de plus en plus tôt : avant 10 ans pour la majorité des femmes dans la plupart des pays, et avant 5 ans pour les plus jeunes générations, s'inquiète l'Institut national d'études démographiques (Ined) dans son bulletin d'avril. 200 millions de filles mutilées en 2016. (Europe1, 13 avril 2017)  

...Au Yémen, en Arabie Saoudite, en Éthiopie, au Soudan, on excise encore les petites filles. En Égypte, sous le nom de Knifâdh, la totalité des filles de la campagne et un grand nombre de celles des villes sont encore soumises à cette mutilation sexuelle. Elle est fréquente en Guinée, en Irak, en Jordanie, en Syrie, en Côte-d’Ivoire, chez les Dogons du Niger et obligatoires dans de nombreuses tribus africaines. ... Vous pensiez vaguement que c’était un usage des âges barbares, tombé en désuétude. ... Ce petit truc uniquement voué au plaisir, c’est indécent. Et puisque cet organe est inutile à l’homme et à la procréation, il faut l’ignorer ou le détruire. Ce qu’on fait. ... Pis qu’inutile, ce détail anatomique est nuisible car il procure aux femmes un plaisir gratuit, même sans le concours du mâle. Or le plaisir de la femme, lui aussi est inutile à l’homme pour qui compte d’abord la propriété exclusive d’un sexe féminin réduit à l’essentiel. ...
   En somme, en Orient, en Afrique ou en Europe, la religion et la science habilement manipulées ont toujours fourni les justifications nécessaires à l’asservissement physiologique, moral et intellectuel des femmes.

Si les femmes demeurent aujourd’hui la survivance la plus massive de l’asservissement humain, c’est qu’il reste facile, donc tentant, d’exploiter chacune d’elles séparément.
   Car il faut prendre conscience d’un fait et il ne faut pas l’oublier : les abus et les méthodes des gens au pouvoir, où qu’ils soient, se ressemblent. Les seigneurs hier, les riches ou les puissants aujourd’hui, les mâles de tout temps se sont conduits exactement de la même façon vis-à-vis de ceux qu’ils dominaient par la naissance, la fortune ou le sexe.

Combien de temps encore serons-nous dupes des grands principes, des beaux discours ou des vilains sentiments concernant notre dignité et notre salut, sans voir ce qu’ils dissimulent, ce qu’ils ont toujours dissimulé : le refus de notre liberté, le refus de nous laisser déterminer ce que NOUS jugeons digne ou indigne? Sommes-nous dépourvues de jugement, de courage, du sens des responsabilités?

...Les raisonnements qui fondaient «scientifiquement» l’infériorité féminine se sont effondrées; les arguments de moralité se sont révélés ce qu’ils sont : un moyen de coercition; les fanfaronnades viriles ne sont plus désormais qu’une survivance d’attitudes rituelles, vides de sens. Mais beaucoup se battent encore, bêtement, pour l’honneur! Pourtant le jour n’est pas éloigné où ils accepteront de ramener leur fameuse supériorité phallique à ce qu’elle est : un problème de robinet et de se laisser persuader que l’instinct profond des êtres humains n’est pas de dominer, mais de se faire plaisir.

Il faudrait que nous puissions dire ensemble : c’est fini, cette oppression-là est révolue. Mais tout est dans cette condition : ensemble.

...Les hommes ont eu tous les pouvoirs depuis 10 000 ans. Qu’avons-nous à perdre à associer les femmes à ce pouvoir? ... Il faut que les femmes crient aujourd’hui. Et que les autres femmes – et les hommes – aient envie d’entendre ce cri. Qui n’est pas un cri de haine, à peine un cri de colère, car alors il devrait se retourner aussi contre elles-mêmes. Mais un cri de vie. Comme celui du nouveau-né, dans lequel on ne peut s’empêcher d’enclore, à chaque fois, un nouvel espoir.

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Monothéismes comme polythéismes n’ont jamais accepté que la femme occupe un rang égal au mâle dans leurs sociétés, l’accuser sournoisement des perversions masculines est un meilleur rempart contre l’aspiration à ses droits légitimes.

La misogynie des textes religieux
Jocelyn Bézecourt, docteur en astrophysique

7 juillet 2017

La saison du roadkill


Un roadkill que le photographe SHAUN GLADWELL commente ainsi :

There is a moment
Of darkness before we see
Another highway, another death
It is a moment of ending,
An apology 

Apologies finds a performer – Gladwell himself – riding a motorbike on the Australian open road. Gladwell accelerates, then slows down before coming to a stop alongside ‘roadkill’ – kangaroos and wallabies which he cradles as if wishing them back to life. Celebrating their small lives, these animals represent the physical front-line in the collision between humankind and the natural world.
https://www.mca.com.au/collection/work/2011.12/

Pressé d’aller relaxer en vacances? La vitesse tue. Pas seulement des chats, des chiens, des mouffettes, etc., mais aussi des enfants qui jouent dans la rue. Je salue l’initiative du maire de l’arrondissement Ville-Marie : la limite de vitesse baissera à 40 km max.

Photo : «Autour de»
http://autourde.over-blog.com/article-un-chat-blanc-aux-yeux-vairons-110787109.html

Châtiment d’un chat renversé

Blanc cassé sur le goudron
Sang en éclat de haine
Rouge comme ultime rempart d’une vie
écourtée par une roue broyant l’évidence
Nous l’avons déplacé des yeux du monde
Au versant de cette aventure qu’il ne connaîtra plus
Un regard triste de tendresse
Parfumait notre repas de midi sans volupté
Une seconde a suffi
Interminable
Animal désavoué par la civilisation
Gravure de sève vermeille
Épitaphe

Sybille Rembard, 2009

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Les collisions à l’échelle internationale

Photo : Joe O’Donnell, Nagasaki 1945

Siglo de Oro – Siècle d’or

Il y eut Adolf, Joseph et Benito,
avant eux : Francisco!
par tous les Diables de l’Enfer qu’ils soient bénis!
disaient les uns
qu’ils soient maudits!
fut-il ensuite admis.

Par bonheur, au Pays
de la Démocratie un brave commerçant nommé Harry
en père de famille gouvernant, appuya
sur le bouton : Hiroshima!

Puis encore une fois : Nagasaki!

Qu’il soit béni
au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit
au nom aussi
de la Démocratie.

Villebramar, 2016 

Via http://www.poetica.fr/a-propos/

Aujourd’hui il y a Kim Jong-un et Donald Trump. On retient son souffle en attendant une solution au duel entre Pyonyang et Washington...


Les humains n’apprennent rien de l’histoire. Les nouvelles armes résultent toujours du concept de «l’équilibre de la terreur». Toutes les guerres sont des «crimes contre l’humanité», quelles que soient les justifications invoquées. Attaques, ripostes, attaques, ripostes. Que vaut la vie des civils dans une dictature communiste ou capitaliste?

Rappelons que le Japon avait livré une guerre sans merci à la Chine. Le nouveau voyage d’Alexandra David-Néel en Chine en 1937 tourne au désastre dès son départ à la gare de Pékin car la guerre sino-japonaise vient de débuter. Elle écrit à ce sujet : «Tous les voyageurs sont tenus d’ouvrir leurs colis et de les soumettre à la fouille. Raison invoquée : la recherche d’opium et d’héroïne. Les principaux trafiquants sont des Japonais qui utilisent ce commerce pour affaiblir les populations qu’ils souhaitent conquérir. Les petits "Jap" sont les bosches de l’Extrême-Orient. Le même esprit qui a dicté le Deutchland über alles pénètre tout le Japon, du monde de la cour jusqu’au dernier des balayeurs de rue. Ils veulent tout avaler.» 
   Alors, que penser de l’épidémie de dépendance aux opioïdes qui sévit dans les pays occidentaux? La plupart de ces substances vendues sur Internet sont fabriquées en Asie. Et que penser du slogan de Reagan Let’s make America great again récupéré par Trump? L’histoire se répète.

«Courage ou bêtise. Parfois c'est bien la même chose. Surtout chez les militaires.» ~ Henning Mankell (Profondeurs)

Dans les années 1940, on utilisa le napalm dans les bombes incendiaires et les lance-flammes. La formule contient de l'essence gélifiée destinée à brûler à une température précise pour coller aux objets et aux personnes. Il fut inventé à l'université Harvard en 1942 par le chimiste américain Louis F. Fieser (1899-1977). Il en était si fier qu'il collectionnait les coupures de presse relatives à son utilisation. En vue de pousser le Japon à capituler, on déclencha une tempête de feu sur Tokyo. [Lors de l'invasion de l'Irak en 2003 les États-Unis utilisèrent des bombes incendiaires de type 77, dont le contenu n'est pas techniquement du napalm-B mais qui est similaire en composition, avec du kérosène et moins de benzène.]
   Les bombes au napalm furent éclipsées par la bombe atomique, l’ultime arme de destruction massive instantanée. 21 millions de Japonais – faudrait-il tous les tuer se demandaient les conseillers militaires américains. Ne serait-il pas préférable de négocier une capitulation? Harry Truman refusa de négocier : «nous devons les détruire, les tuer».
   Dans le cadre du projet Manhattan, la première bombe atomique fut testée à Trinity au Nouveau-Mexique le 16 juillet 1945. Puis, sans avertissement, Truman autorisa le bombardement d’Hiroshima le 6 août 1945 (80 000 morts) et de Nagasaki le 9 août (70 000 morts). Un million de civils tués, 15 millions de sans-abris, contamination radioactive et mort à petit feu pour les survivants. Face à un réquisitoire impitoyable contre les vainqueurs, le secrétaire à la Guerre, Henry Lewis Stimson, déclara qu’il s’agissait «d’un mal nécessaire» (formule reprise par Obama d’ailleurs). La raison d’État justifie n’importe quoi.
   Même si l'importance des dévastations et des effets des bombes atomiques étaient mal connus, Truman, comme la plupart des Américains, était peu enclin à la clémence envers les Japonais après les longues années de guerre. «Même si les Japonais sont des sauvages impitoyables et fanatiques, nous, dirigeants du monde pour le bien commun, ne pouvons pas laisser tomber cette terrible bombe sur le vieux Capitol [Kyoto] ou sur le nouveau [Tokyo]» – il y précise avoir demandé à son secrétaire à la Guerre que les objectifs soient militaires, et non civils. Truman a toujours affirmé que sa décision de bombarder le Japon avait sauvé de nombreuses vies des deux côtés : les estimations militaires pour une invasion de l'archipel japonais envisageaient un an de combats et la mort de 250 000 à 500 000 soldats américains. Il savait également que le projet Manhattan avait coûté deux milliards de dollars et il n'était donc pas prêt à renoncer à une alternative qui pourrait mettre rapidement fin à la guerre. 
   En 1954, Eleanor Roosevelt déclara : «Truman a pris la seule décision possible;  l'emploi de la bombe était nécessaire pour éviter l'immense sacrifice de vies américaines[]». D'autres ont avancé que l'usage d'armes nucléaires était inutile et profondément immoral. Truman écrivit plus tard «je savais ce que je faisais lorsque j'ai arrêté la guerre... Je n'ai aucun regret et, dans les mêmes circonstances, je le referais».

Autre similitude avec le présent conflit :
Lorsque la Corée du Nord a envahi la Corée du Sud en 1950, Truman envoya immédiatement des troupes américaines et obtint l'approbation des Nations Unies pour initier la guerre de Corée. Après des succès initiaux, les forces des Nations Unies furent repoussées par une intervention chinoise et le conflit entra dans une impasse qui dura jusqu'à la fin de la présidence de Truman.

Source du mixe de données historiques et de citations : Wikipédia

Les militaires prenaient le temps d’écrire des insanités sur les bombes :
“Only the beginning”
“Have this one on me”

Le pilote français Jules Roy, membre du Bomber Command lors de la seconde guerre mondiale, disait que les aviateurs étaient devenus les agents d’une guerre atroce : «L’âme tranquille, nous devenions les déménageurs de la mort, les massacreurs industriels, l’élite de la destruction.» 

4 juillet 2017

Triple wow!

Je n’ai pas vu Moonlight (L’Histoire d’une vie), mais ça donne envie de le voir – ne serait-ce que pour la musique, je serais gagnante. Splendide.  

Chapeau au compositeur Nicholas Britell, au violoniste Tim Fain et à tous les musiciens!

Clip intéressant  https://www.youtube.com/watch?v=4isV4dZLJn4

Nicholas Britell - End Credits Suite [Moonlight Soundtrack]