11 janvier 2018

Tolérance des oiseaux à nos rudes hivers

Après le froid polaire, la pluie et le verglas, du froid et de la neige en fin de semaine... Encore trois mois de capricieuse météo. Si au moins, à l'instar des mésanges, l'hiver nous rendait plus intelligents...! 

Saut périlleux (Montréal). Photo : Charles Contant, ICI Radio-Canada

Après des pluies diluviennes, des coulées de boue dans la région de Santa Barbara en Californie. Une voiture coincée à Montecito. Photo : Reuters / Handout

J’ai vu quelques mésanges hier – elles ont survécu aux -25/30C. Ouf.

Voici pourquoi ces minuscules boules de plumes réussissent leur parcours du combattant. En tout cas si vous pouvez les fournir en graines de tournesol, ne vous gênez pas! 

Comment les oiseaux survivent à l’hiver glacial du Canada
Publié le jeudi 28 décembre 2017

Les oiseaux ont dû trouver leurs propres méthodes pour survivre aux températures glaciales. Selon le naturaliste Brian Keating, ils ont trois options : «migrer, hiberner ou tolérer» le froid.

L’hiver, les mésanges survivent en mangeant autant de nourriture grasse que possible (comme des graines de tournesol), avant de se blottir toutes ensemble la nuit.
   «Pendant les nuits les plus glaciales, quand il y a du givre, elles entrent en hypothermie, précise le naturaliste Brian Keating. La température de leur corps baisse et elles le tolèrent.»
   Quand le mercure baisse sous les -30 degrés Celsius, certaines mésanges trouvent aussi refuge sous la neige.

Plus intelligentes l’hiver

Mésange à tête noire. Photo : © Michel Bury (photographe québécois).

Les mésanges entrent en hypothermie pendant les nuits les plus glaciales de l'hiver.

Les mésanges deviennent plus intelligentes lorsque le froid s’installe, pour qu’elles puissent se souvenir des endroits où trouver de la nourriture.
   Myrna Pearman, une naturaliste de Red Deer, explique dans son livre Beauty Everywhere que l’hippocampe des mésanges, soit la partie du cerveau responsable de la mémoire et de l’organisation spatiale, s’accroît de 30 % chaque automne.

Quant au gibier d’eau, comme les bernaches du Canada, il possède un atout supplémentaire qui empêche ses pattes de geler sur la glace quand il fait trop froid.

Les bernaches du Canada ont une caractéristique physique qui empêche leurs pattes de geler sur la glace. Photo : John Rieti / CBC

«[Ces oiseaux bénéficient] du sang chaud de leurs artères qui enveloppe le sang des veines, avec des capillaires plus petits, comme un gant; cela leur permet de réchauffer le sang qui remonte dans leurs pattes et leurs jambes, explique Brian Keating. Comme ça, ils peuvent préserver cette chaleur précieuse et garder leur tronc au chaud.»

Le sizerin blanchâtre, champion de l’hiver

Mais le véritable champion de la survie dans des températures glaciales, c’est le sizerin blanchâtre, un oiseau minuscule qui se trouve dans la toundra en Eurasie et en Amérique du Nord.

Sizerin flammé (redpoll). Photo : © Michel Lamarche (photographe québécois).
À voir : http://www.findnature.com/oiseaux/index-oiseaux-fr.html

«[Les sizerins blanchâtres] peuvent survivre jusqu’à 20 heures sans nourriture, même si la température baisse à -54 degrés Celsius», raconte le naturaliste Brian Keating. Ces oiseaux ont de petites pochettes dans leur oesophage qui leur permet de conserver des graines pour être digérées plus tard.

La température dans leur tronc est toujours maintenue à 40 degrés Celsius. «Leur température interne peut être de 73 degrés plus chaude que l’air autour d’eux, avec moins d’un centimètre de plumes pour séparer les deux extrêmes», précise Brian Keating.

Dans les arpents de neige... Photo : Daniel Doucet / Parcs Canada

Avec des informations de CBC News

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Les changements climatiques posent de grands défis aux petits oiseaux
Un texte d’Ariane Perron-Langlois
Publié le mercredi 21 décembre 2016

Si le froid fait frissonner bien des Québécois, il pose un défi encore plus grand pour les nombreuses espèces d'oiseaux qui vivent à l'année dans la Belle Province. Les changements climatiques pourraient rendre la vie plus difficile à certaines espèces.
   Les mésanges ne pèsent que 10 grammes, mais elles sont des championnes de la résistance au froid. C’est tout leur corps qui se transforme pour leur permettre de maintenir leur température corporelle à 40°C malgré la rigueur de l’hiver québécois.
   Puisque les mésanges se réchauffent en frissonnant, leur musculature devient plus importante.
   La majorité de leurs organes grossissent, notamment leur système digestif et leur cœur. Leur sang contient davantage de globules rouges.
   «C’est un remodelage corporel pratiquement complet», illustre François Vézina, chercheur en écophysiologie à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Étudier la résistance au froid

Photo : Radio-Canada

Depuis une vingtaine d’années, M. Vézina observe comment différentes espèces d'oiseaux, dont les mésanges, résistent à de grandes variations de température.
   Jusqu’ici, ses données suggèrent que les mésanges sont assez résistantes aux variations de température que connaît normalement la province.
   Le chercheur veut maintenant comprendre comment cette espèce pourra s’adapter à des variations de température de plus en plus importantes, qui devraient être causées par les changements climatiques.
   «Ironiquement, plusieurs personnes s’imaginent que ce n’est pas un problème si nos hivers deviennent plus chauds. En fait, ils ne deviennent pas simplement plus chauds, ils deviennent aussi beaucoup plus variables. On devrait avoir plus de redoux, des redoux qui vont durer plus longtemps et, surtout, on revient rapidement aux conditions thermiques normales», explique M. Vézina.
   Il explique que la température passe, par exemple, de 5 à 10 degrés au-dessus de zéro, puis revient à -15 ou -20 degrés Celsius.
   Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les impacts des changements climatiques sur les oiseaux, selon M. Vézina. Il prévoit poursuivre ses recherches pendant plusieurs années.

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