18 août 2020

Le confinement : une dure épreuve

La pandémie nous a précipités dans une multitude de situations irritantes, physiques et psychologiques. Et la perspective d’un rebondissement est assez anxiogène. Dürckheim propose une manière de passer à travers les expériences indésirables qui ne dépendent pas de nous et que nous ne pouvons esquiver. Ça pourrait nous aider à surfer sur la prochaine vague... 

Mais d'abord :

Paroles de lycéens : Les bonnes surprises du confinement
La nouvelle république, 20/05/2020


Du calme, de la solidarité, de l’oisiveté, un livre : les belles découvertes de lycéens en 55 jours confinés. Sans regret pour le baccalauréat…


Pratique de la voie intérieure 
Le quotidien comme exercice  
Le Courrier du livre 1968   

Karlfried Graf Dürckheim 

Revenons à ces moments qui, brusquement, nous font sentir au fond de notre être «quelque chose» qui nous touche et nous ébranle du plus profond de nous-mêmes. Nous devons écouter ce «quelque chose», lui obéir et lui demeurer fidèle, malgré, ou, plutôt parce que, ce que nous venons de sentir est stupéfiant pour le «moi». La peur de l’annihilation disparaissant lorsque nous l’acceptons, ainsi surgissent des instants privilégiés. Comblés et bouleversés, devant un phénomène de ce genre, nous sentons en nous ce qui est indestructible, de qui, pas sa plénitude et sa force, nous donne une nouvelle confiance dans la vie. Et alors, en effet, une nouvelle confiance surgit. Peut-être, une fois, avons-nous été entraînés dans le désespoir le plus noir, peut-être nous sommes-nous heurtés à l’absurdité de l’existence; mais l’acceptation même de l’inconcevable nous a permis de découvrir un sens plus profond. Alors tout ce qui constituait jusque là l’«avant-plan» de notre réalité ordonnée, telle que nous la concevions et telle que nous la vivions, se trouve subitement dépassé, traversé par une tout autre réalité dont le sens est révélé au moment précis où notre capacité de raisonnement atteint ses limites. Ainsi peut-il arriver, au moment même où s’écroule notre croyance en un «sens» de l’existence, en une justice du monde étayée par des arguments solides, que, pour la première fois, surgisse une foi créatrice en la Vie et en son véritable sens.
   On peut éprouver quelque chose de similaire lorsqu’un «coup du sort» nous rejette vers un isolement total. L’homme est fait pour le dialogue et ne peut pas vivre isolé. Il a besoin d’un partenaire. Il cherche un abri dans la communauté humaine et dans l’amour. Si l’existence le lui refuse ou le lui prend, il atteint une limite où il croit qu’il va dépérir; mais s’il s’incline et accepte, il transperce ce qui s’est endurci par la menace d’un isolement, et s’il peut s’abandonner intérieurement, il éprouve le soutien d’une force incompréhensible qui le «rattrape» et, en l’embrassant, lui permet l’ouverture totale. En s’abandonnant à elle, de «séparé» qu’il était dans l’existence, il se trouve relié et sauvé dans le refuge de l’amour.
   Grâce à des expériences de ce genre, le «tournant» vers l’Être peut être pris. C’est par elles que la profondeur de notre Être nous appelle. Nous pouvons l’entendre lorsque le «moi» et toutes les forces existentielles s’écroulent, forces au moyen desquelles l’homme pensait pouvoir comprendre et maîtriser la vie, tout en se réalisant. Ce sont justement ces moments où se brise la coquille construire pour donner sécurité, signification et abri au «moi» dans le monde, qui apportent une chance à l’homme. Une chance, à condition qu’il accepte l’«inacceptable», qu’il accepte de se trouver subitement porté par l’Être, à l’abri dans l’Être où tout a un sens, sans vouloir chercher à comprendre au moyen de sa conscience ordinaire.  
   Les expériences d’une vie plus grande nous donnent la force d’envisager la mort. Il y a des instants pendant lesquels nous sentons le sens profond de l’existence alors que tout nous semblait absurde un instant auparavant. Il y a d’autres instants pendant lesquels nous nous sentons subitement «un» avec tout ce qui nous entoure alors que nous sommes apparemment abandonnés. Ce sont ces instants  qui mettent «hors des gonds» la prédominance de notre façon habituelle d’envisager le monde. Et c’est bien pour cela qu’il s’agit des purs sommets de notre vie. Cependant la virtualité d’une transformation, qu’ils contiennent, devient vite la proie du diable toujours à l’affût qui, sous la forme de notre scepticisme, met en doute ce qu’il y a de vrai et de réel dans chacune de nos expériences, parce que cette vérité semble ne pas pouvoir trouver sa place dans un système rationnel.

Karlfried Graf Dürckheim (1896 – 1988) docteur en philosophie et docteur en psychologie, rencontre le zen pendant son séjour au Japon (1937 à 1947). Il pratique la méditation sans objet appelée zazen et le tir à l’arc (kyudo) avec Kenran Umeji Roshi.
   À son retour du Japon, Karlfried Graf Dürckheim écrit : «Face au zen deux attitudes sont possibles : on peut soit se convertir au bouddhisme, soit accueillir et réaliser ce qu’il renferme d’universellement humain. Seule m’importe la seconde attitude.»
   Entre 1951 et 1988, dans le Centre de rencontre qu’il crée et anime en Forêt Noire, il propose une Voie de la Technique qui, tout en servant l’esprit du zen japonais sans la moindre concession, est dégagée des rites et des formes culturelles propres à l’Extrême-Orient.


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Autre complément zen :

The New Normal
By Leo Babauta

It’s time for us to accept that this pandemic, and social isolation, are here for awhile.

But in addition to that, our reality has changed, possibly for good.

We’re in a new normal.

Some things that have changed for many of us:

1. A sense of restriction: We’re not able to do our usual things – not only work and school, but things like haircuts, dentists, coffee shops, restaurants, bars, shops and more. That can feel very restricted.
2. Heightened uncertainty & anxiety: Things are incredibly uncertain right now, for all of us – for our health, the health of loved ones, the state of the world, the shaky economy, our individual financial situations. And that’s just the start of it. All of this uncertainty is triggering feelings of stress, fear and anxiety in most people, in different ways.
3. A feeling of isolation but also (possibly) togetherness: For many people, social distancing has created a feeling of isolation that can be very hard to handle. But for many, there can also be a feeling of togetherness – we’re all in this together, no one is excluded. Some are creating that feeling of togetherness by doing video calls, by connecting others online, or by taking part in community or group efforts to help.
4. Contraction when we’re feeling overwhelmed: It can all be too much. And when we feel that sense of overwhelm, we can want to shut down, exit, turn away, avoid. We avoid hard tasks, we go to distraction, we avoid our healthy habits. This is all completely normal!
5. A sense of disruption: Our old habits have been disrupted – we can’t do all the things we’re used to doing, and that gives us a feeling of being upended. It’s frustrating to have things disrupted, and can make us feel afloat.
6. Irritation with others: Being isolated with the same people every day can cause friction. And that brings up all of our issues, all the ways we respond (and they respond) when we get triggered.
7. Wanting it all to be over: Impatience! We just want to go back to normal. It’s hard to accept the way things are.
8. Wanting to feel something meaningful: This can all feel very unanchored. And in this feeling of groundlessness and instability, we can yearn for some kind of meaning. Some sense of purpose.

You might not be experiencing all of these, because every person is experiencing the new normal differently.

But it is a new normal.

So the question is: will we resist it, or can we use it as an opportunity?

We can complain about the new normal. Hate it. Stew in frustration about it. That’s one possibility.

Another possibility is to use it as a growth opportunity.

Les suggestions de Leo pour renverser la vapeur (suite de l’article) :   

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