6 janvier 2022

Funeste colonialisme

Après avoir vu de funestes documentaires sur le colonialisme, la conclusion est simple : «T’es pas beau l’humain!» ou comme le disait Mark Twain «Peu m'importe qu'il soit blanc, noir, jaune ou indien [rouge]. Il suffit qu'il soit un homme, il ne peut rien être de pire.» En réalité, il n’y a pas de mots pour qualifier les niveaux de haine et de cruauté de l’espèce humaine qui atteignent souvent des paroxysmes. C’est ce qu’on voit dans les séries «Décolonisations» et «Décolonisations, du sang et des larmes».

Comment coloniser

Si tu veux dominer

rafle des terres et chasse

les communautés locales.

Fais en sorte qu’elles n’aient

ni toit, ni eau, ni nourriture

et parque-les comme du bétail.

Elles seront à ta merci.

Puis, n’oublie pas de leur dire

que c’est toi qui les «sauveras»

de la famine, avec les ressources

... que tu leur as volées

Boudabla, 2017

Le colonialisme et l’esclavage n’ont pas disparu, ils perdurent simplement sous un autre nom : mondialisation

En réalité, les Premières Nations du Canada n’ont jamais été décolonisées... Il y avait tout simplement du "nettoyage ethnique" (ethnic cleansing)

Décolonisations (3 épisodes) 


TV5 Saison 1 – À contre-courant de l'histoire officielle des colonisateurs, une fresque percutante qui inverse le regard pour raconter, du point de vue des colonisés, 150 ans de combat.

Diffusé sur : https://www.tv5unis.ca/decolonisations

Décolonisations, du sang et des larmes (2 épisodes)


TV5 Saison 1 – Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que la France étend sa domination à travers les cinq continents, son empire colonial s'enfonce brusquement dans près d'un quart de siècle de sang et de larmes.

Diffusé sur : https://www.tv5unis.ca/videos/bande-annonces/80621

ARTE Boutique : https://boutique.arte.tv/detail/decolonisations

«Depuis qu’il y eu deux hommes sur la terre, cela a été un écœurant spectacle de les regarder agir; cela n’a pas changé depuis et ne changera vraisemblablement jamais. Pourquoi notre terre, qui pourrait être d’un séjour passablement agréable pour des êtres intelligents, est-elle transformée en enfer par la stupidité de ses habitants?» ~ Alexandra David-Néel

Dommage que notre ambassadeur québécois des nations autochtones, Serge Bouchard, soit décédé – il ne se serait pas privé de prendre la plume et la parole au sujet des cimetières autochtones récemment découverts. D’un autre côté, il n’aurait pas été surpris puisqu’il a côtoyé de nombreuses communautés autochtones durant toute sa vie.

Aux questions «pourquoi les autochtones vivaient-ils dans la misère (et encore aujourd'hui)» et «pourquoi cette diminution rapide de leurs moyens de subsistances»? il répondait : «Il y a des raisons à tout. Les colonisateurs ont utilisé et utilisent la sélection «naturelle» par l’assassinat silencieux : acculturation/assimilation (civiliser), métissage, transmission de maladies, dépossession de territoires (donc des sources de nourriture), parcage dans des prisons sans barbelés appelées réserves, etc. La population des Premières Nations de la colonie constituait, pour les Britanniques, un obstacle à sa croissance et à sa prospérité. En vue d’assimiler et de civiliser les Indiens, dans les écoles on forçait les enfants à renoncer à leurs langues, à leurs tenues, à leur religion et à leurs modes de vie traditionnels. C’est ainsi qu’on mit en place, partout au Canada, un réseau de 132 pensionnats de confessions catholique, unie, anglicane et presbytérienne en collaboration avec le gouvernement fédéral. De 1857 à 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont fréquenté les pensionnats.»

Quand j’observe ce qui se passe avec la pandémie, j’ai l’impression que le glas a sonné pour l’espèce humaine. J’avoue que ça ne me fera pas de peine si elle disparaît. J’ai déjà dit dans un article, que si j’étais une extraterrestre en visite touristique, en voyant les comportements des humains je virerais de bord à la vitesse de la lumière.

Pour faire suite à l’article «Excès et résolutions» (Situation planétaire) je republie ce passage d’une interview avec Serge Bouchard.

La pandémie, une remarquable leçon d’humilité

Danielle Beaudoin / Radio-Canada Société, 27 décembre 2020

«La pandémie nous rappelle des choses élémentaires : la vie et la mort. Qui vit, qui meurt. Et nous l'avons en pleine face.» – Serge Bouchard

Comme un coureur des bois, l’anthropologue Serge Bouchard a consacré sa vie à parcourir les territoires oubliés de notre histoire en Amérique, à apprivoiser les cultures autochtones et à apprendre le langage des épinettes. Aujourd’hui, il nous parle de la pandémie, et à travers elle, de nous, sans concession.

Vous, l'anthropologue, l'ancien, le sage, que vous dit la pandémie sur nous, les humains?

La première remarque qui me vient à l'esprit, toujours, c'est qu'il n'y a aucune surprise dans l'existence et l'apparition de cette pandémie. Et non seulement il n'y a aucune surprise, mais c'est probablement une avant-garde qui nous annonce des pandémies bien pires à l'avenir.

C'est lié au fait que nous sommes maintenant presque huit milliards sur la Terre. Huit milliards d'humains, c'est beaucoup de monde. Et la loi naturelle des espèces veut que si vous êtes trop nombreux comme espèce, la nature va réguler, elle va couper dans le tas. Et sa façon de le faire, ce sont des pandémies. Ce sont des maladies, ce sont des bactéries.

Bon, je ne suis pas très optimiste, mais c'est comme ça. On est vraiment vraiment vraiment devant l'inconnu. Et ce n'est même pas une grosse pandémie pour une population de huit milliards. On est rendus à 1 536 000 morts. Du point de vue de Sirius, ce n'est rien.

La nature, c'est un tout. La planète Terre, c'est un tout. Nous ne sommes pas extérieurs à la nature. La pathologie qui s'est développée dans l'histoire de l'humain, c'est qu’à cause de notre intelligence, j'imagine, à cause de notre mémoire, de notre accumulation du savoir, on a été capables de modifier nos environnements naturels. On a été capables de se reproduire sans fin, avec des systèmes économiques et des systèmes de production qui nous permettaient de manger, de nous sauver, etc. Mais pour le faire, le prix qu'il y a eu à payer, c'est qu'on s'est extirpés de la nature, on s'est placés en face de la nature. En fait on s'est dénaturés, on s'est enculturés. On est devenus des êtres de culture.

Et regardez-nous aujourd'hui, nous sommes des caricatures. C'est-à-dire que nous sommes prisonniers d'un système économique, d'un système de consommation. Et d'un environnement. Et on ne peut plus en sortir. Cet environnement, c'est le pétrole, c'est l'électricité, c'est l'énergie. Ce sont les chaînes de distribution. On a transformé nos environnements immédiats. Nous vivons dans des villes, dans des banlieues. Même dans les campagnes, nous ne vivons plus dans la nature.

Tout ça fait qu'on a détruit l'environnement. On a extirpé du métal, on a extirpé du pétrole, on a pollué l'eau. Il n'y a rien qu'on n'a pas fait. Et puis aujourd'hui, la nature se venge. De la même façon que la nature va se venger sur les caribous. Quand les caribous deviennent 800 000, un million dans le Nord, ils mangent tout le lichen, ils mangent tout. Puis ils modifient l'environnement. Ils sont trop nombreux, ils n'ont plus à manger, etc. Et là arrive soudainement une pandémie caribouesque, et les trois quarts meurent. C'est la nature qui fait ça. C'est la nature qui dit : «Bon, assez, c'est assez». [...]

Le retour à la nature est impossible. Et ce qui existe aujourd'hui, ce sont des restants. Mais ce n'est même plus ça. La nature est devenue un terrain de jeu pour les sports extrêmes. Les jeunes s'habillent dans je ne sais pas quel magasin spécialisé, ils sont tout en velcro, en ci, pis en ça. Et leur peau n’a même plus contact avec la nature. [...]

La pandémie est-elle, selon vous, un miroir grossissant des inégalités?

Disons que l'inégalité, c'est la loi. Et l'humanité est un échec. On a plein de gadgets, d’inventions. On va avoir des autos qui se conduisent toutes seules; c'est parfaitement inutile! La partie riche de l'humanité est rendue beaucoup trop loin. Ça s'appelle les classes moyennes de l'Occident. Et pendant ce temps-là, dans la vraie réalité du monde, il y a des enfants qui ne vont pas à l'école, qui meurent faute de remède. Il y a des enfants qui n'ont pas d'eau et vivent dans la misère la plus extrême.

Juste ce que je viens de dire devrait déclencher une opération générale d'urgence universelle planétaire. On ne le fait pas. Toute ma vie, j'aurai entendu parler des enfants, et toute ma vie, j'aurai entendu qu'il faut faire quelque chose. Alors, sur le plan politique de la santé universelle, l'organisation universelle de la santé, c'est un échec total. Et c'est la responsabilité de tous. Évidemment, ça tient à la culture des choses, ça tient au système économique, ça tient à l'histoire coloniale. Et nous sommes trop nombreux, et il y a beaucoup de laissés pour compte. [...]

J'ai 73 ans, je me suis usé, j'ai vécu, et à un moment donné, je vais mourir. Et puis je suis vieux. Je déteste qu'on me dise que je suis jeune. Je vais avoir bientôt 75 ans, et 75 ans sur Terre, c'est un bon morceau de temps. C'est un bon morceau de temps pour des mortels comme nous.

Donc, nous sommes mortels, mais nous ne voulons pas être mortels. Et notre réflexe naturel depuis toujours, c'est universel, c'est de dire : "Bon, je vais penser à autre chose ce soir".

Alors la pandémie, c'est une claque sur la gueule. En fait, c'est une leçon d'humilité. La pandémie, la COVID, c'est vrai. Ce n'est pas une abstraction. On peut vraiment l'attraper, on peut vraiment mourir. Alors ça nous replace dans notre fragilité fondamentale.

«Un être humain qui est bien équipé pour vivre, c'est un être humain qui sait mourir. Qui sait qu'il va mourir, et qui apprivoise cette idée.» ~ Serge Bouchard

[...] Être politicien, politicienne, c'est un métier que moi je ne voudrais pas faire. Alors, je respecte. Comme un monteur de ligne, je ne voudrais pas faire ça en janvier. Être premier ministre, pour moi, c'est pareil. C'est d'une complexité inouïe.

Ce que je condamne, c'est la bêtise. Je pourrais vous dire que je condamnerais la présidence de M. Trump. Oui, volontiers, mais ce n'est pas très difficile ni à dire ni à faire. C'est la bêtise, quelle qu'elle soit. Mais la bêtise, je la condamne en politique, comme partout. Dans les médias, dans la vie privée, dans les gens que je rencontre.

Évidemment, je hurle quand je vois de la corruption, quand je vois de la bêtise. Mais je ne suis pas rapide à condamner les gouvernements. Et je n'ai pas de position politique particulière. Parce que de façon générale, sur la planète, il n'existe aucun système politique qui soit notre sauveur pour le moment. On avait pensé au communisme, on avait pensé au socialisme, on avait pensé à tout et à n'importe quoi. Mais en vérité, on n'a jamais trouvé la solution politique sur la planète. [...]

Article intégral – ô combien intéressant :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1754081/pandemie-nature-peur-mort-vieux-serge-bouchard-anthropologie  

19 décembre 2021

Dumber and dumber

Mais qu’est-ce que les bébelleux compulsifs ne comprennent pas?

Leitmotiv : vidons nos portefeuilles et remplissons les dépotoirs!  

L’environnement, parent pauvre du temps des Fêtes

Alexandre Shields / Le Devoir 11 décembre 2021

Le temps des Fêtes met en lumière notre propension à la surconsommation matérielle, et ce, même si les Québécois affirment, sondage après sondage, qu’ils se préoccupent de la protection de l’environnement. Il existe néanmoins des avenues pour sortir de la spirale consumériste, pour notre mieux-être et celui d’une planète qui souffre des excès de notre système économique.

Un sondage mené récemment par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) saluait «l’optimisme retrouvé» des consommateurs, malgré le spectre toujours omniprésent de la pandémie. Selon les données recueillies par l’association, les Québécois sont nombreux à avoir profité des soldes du Vendredi fou et à vouloir magasiner au Boxing Day, mais ils prévoient aussi de dépenser plus qu’avant la crise sanitaire durant la période des Fêtes, notamment pour l’achat de cadeaux, de nourriture, de vêtements et d’alcool. Bref, on assiste à un retour à la normale, avec tout ce que cela suppose comme excès de consommation matérielle.

«Le temps des Fêtes est de toute évidence propice à la surconsommation et exacerbe le gaspillage, tant pour les objets qui ne seront pas utilisés que pour les repas et aliments qui prendront le chemin du bac brun ou de la poubelle plutôt que d’être mangés», déplore Amélie Côté, analyste en réduction à la source chez Équiterre. «On analyse souvent la crise climatique sous la lorgnette des secteurs comme celui de l’industrie fossile, des transports ou de l’agriculture, mais ceux-ci ont tous quelque chose en commun : ils sont intrinsèquement liés à notre consommation.»

Même son de cloche du côté du titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau. «Comme notre mode de vie n’est globalement pas cohérent avec les objectifs climatiques, nos célébrations du temps des Fêtes ne le sont pas plus. Nos modes de transport sont trop énergivores, nos achats sont encore trop axés sur des biens matériels neufs, et notre alimentation est trop axée sur des produits animaux, soit les viandes et les produits laitiers.»

Les repas en famille, où on retrouve le plus souvent viandes, volailles ou fruits de mer, viennent en effet avec une empreinte environnementale non négligeable. Uniquement en tenant compte de la production, chaque kilogramme (kg) de bœuf génère environ 30 kg de gaz à effet de serre (GES, en équivalent CO2), selon les différentes données disponibles. Pour le porc, le compte s’élève à 12 kg pour chaque kilo produit, contre 10 kg pour la dinde et 7 kg pour le poulet. Quant aux crevettes d’élevage, leur bilan carbone avoisine les 27 kg par kilo, selon des données publiées par un organisme associé à l’Université d’Oxford.

Le bilan carbone de l’alcool est généralement moins élevé, avec une moyenne de 1,1 kg par bouteille de vin pour la France, mais cela, sans compter son transport jusqu’ici. La viticulture nécessite cependant une très grande quantité d’eau.

Déchets

En exacerbant notre consommation matérielle, la période des Fêtes amplifie aussi la production de déchets, dont les Québécois sont déjà de gros producteurs sur une base annuelle : 710 kg par Québécois en 2020, selon les données de Recyc-Québec. Même si les bacs de récupération et de compost font partie de notre quotidien depuis longtemps, il reste encore beaucoup à faire.

«L’achat de cadeaux, mais surtout leur grosseur et leur prix, va donner, aux gens qui les achètent comme aux gens qui les reçoivent, une idée de leur statut social dans la hiérarchie de nos sociétés. Une partie de cela est liée au fait que nous sommes des sociétés très inégalitaires et on cherche à se démarquer. La consommation peut servir en partie à démontrer que nous sommes plus riches que nous ne le sommes véritablement.» Arnaud Theurillat-Cloutier (Pour une écologie du 99 %, Éditions Écosociété)

Article intégral :

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/653862/l-environnement-parent-pauvre-du-temps-des-fetes

Photo : Tree Hugger. La junk non recyclée et/ou non recyclable des Fêtes.

Cessons d’acheter des cochonneries!

Les pires déchets sont les décorations et les jouets fabriqués en Chine – en plus d’être non sécuritaires, ils sont TOXIQUES. La ville de Yiwu (province chinoise de Zhejiang) est en un marché colossal d’objets non durables, un véritable monument érigé à la surconsommation globale, à la pollution et à l’esclavage. Les ouvriers y travaillent 10 heures par jour, 7/7. Ce marché fournit 60 % de toutes les décorations de Noël vendues en Europe, aux États-Unis (on peut inclure le Canada) et en Amérique du sud. La chaine de fabrication requiert quantité de matières toxiques – à la fois pour la main-d’oeuvre et les acheteurs – plastique (PVC), polystyrène, métal, aluminium, colorants et peintures, ignifugeants, etc. Les manufactures fabriquent les mêmes babioles inutiles année après année pour répondre à la demande des grands fournisseurs, comme Wal-Mart par exemple. Source :

https://www.1millionwomen.com.au/blog/chinas-yiwu-village-produces-around-60

La meilleure façon de se libérer du stress des fêtes est d’apprendre à dire «non». Non à la pollution, à la surconsommation, aux réceptions où l’on ne veut pas aller, aux fausses obligations, etc. Cela dit, je me réjouis pour ceux qui adorent la période des fêtes. Si les récompenses valent les efforts, pourquoi se priver? 

Toutefois je compatis avec ceux qui détestent, non pas les congés, mais l’odieuse machine à fric, les déplacements dans les bouchons de circulation, les files d’attente, les partys «obligés», le magasinage, et toutes les formes possibles de pollution – visuelle (partout), sonore (dans les rues, les boutiques et les épiceries) et olfactive (parfums synthétiques et chandelles potpourri). L’orgie donne la migraine, la nausée. Même si, par choix, on ne participe pas, on subit la dictature de l’industrie. La fête des rebuts commence au début de novembre et s’étend jusqu’à la mi-janvier. Les fêtes créent des millions de tonnes de déchets qui prendront le chemin de la poubelle donc du dépotoir parce qu’ils ne sont pas recyclables.

Une saison des Fêtes minable?

C’est certain que la présence du variant «Omicron» rendra la Fêtes semblables à l’an dernier – le comité caquiste responsable de gérer la situation a cessé de jouer au yo-yo. Il était temps! Impossible qu’il n’ait pas vu arriver ce variant au grand galop. Or ils ont laissé les entreprises, les restaurants, les hôtels et les individus commander des fournitures et des denrées pour des réceptions. C’est cruel car après le point de presse de jeudi, les gens ont commencé à annuler leurs réservations. Qui paiera les factures?! Au plan individuel, consolez-vous, 10 invités coûtent moins cher que 25 quand on n’est pas millionnaire comme François Legault. Et puis dans certaines familles, les réunions des Fêtes ressemblent souvent à des affrontements désagréables, alors dans ces cas-là, s’en passer n’est pas une punition. Enfin, beaucoup d’entreprises ont annulé leurs horribles partys de bureau; qui s’en plaindra? Bénéfice : quand même un peu moins de pollution! Bref, voyons le bon côté des choses. 

Des Fêtes merdiques

Dr Kelly Flanagan, psychologue 

Durant une saison des Fêtes merdique qui, selon la pub devrait être quand même joyeuse, le psychologue n’oublie pas que la souffrance ne prend pas de vacances. En fait, elle est souvent plus intense.

Que se passerait-il si, au lieu d'essayer d'avoir l’air heureux, nous acceptions de révéler et d’avouer les luttes ordinaires de nos vies humaines? C'est plus facile à dire qu'à faire, quand on s’est fait dire toute sa vie comment on devrait être, se sentir et agir.

Besoin de permissions pour être différent?  En voici huit pour être un «vrai» humain (ordinaire), c’est-à-dire vous-même, pendant la saison des Fêtes.

Photo : Bored Panda. Aujourd’hui / hier, «La vendeuse épuisée à la veille de Noël, par Norman Rockwell, 1947». 

1. Les émotions vont et viennent. Personne ne peut être constamment joyeux pendant quatre semaines consécutives. Mais, durant cette période de l'année, nous nous fouettons si nous ne nous amusons pas tout le temps. Les émotions sont comme des montagnes russes. Si nous essayons de nous accrocher à l'une d’elle, nous allons être très déçus. Vous avez la permission de vous sentir comme des montagnes russes, de vivre de nombreux bas, et d'être surpris par des moments de joie.

2. Nous nous sentons comme des enfants. Mais pas dans le bon sens du terme. Si vous vous croyez capable de passer par-dessus vos blessures d’enfance, testez-vous en passant quelques jours en famille. Pendant les fêtes, nous revoyons la famille et, en dépit de nos meilleures intentions, nous avons souvent le sentiment d’être toujours à la case de départ. Ce n’est pas le cas. Nous réapprenons simplement à pardonner. Ce n'est pas un événement unique. Il se produira encore et encore. Vous avez la permission d'être un être en progression, de vous pardonner encore une fois, et de vous sentir un peu plus libre d'aller de l'avant.

3. Les repères. Les rituels et les traditions nous ramènent ensembles d'une saison à l'autre, mais ils fournissent également un repère distinctif propice à nous demander : «Comment était la vie à pareille date l'an dernier?» En vérité, depuis l'année dernière, plusieurs personnes ont perdu quelque chose de précieux. Un être cher. La santé. Un travail. Une maison. La foi. Les fêtes sont l'occasion de célébrations et de souffrances. C'est correct. Les célébrations finissent souvent par une gueule de bois, mais la souffrance se termine dans l'acceptation et un sens inné de la paix. Vous avez la permission de souffrir et de ressentir la perte à votre façon pour en définitive atteindre une paix durable.

4. Vendredi noir. Donner et recevoir des cadeaux est une belle chose, mais c'est le mois où nous allons tous nous endetter davantage en essayant de faire quelque chose de bien, mais les dettes nous asservissent et nous dépriment. Pourquoi faisons-nous cela? Parce que nous avons peur de décevoir. Que se passerait-il si, cette année, nous donnions du temps aux gens qui désirent notre présence et non pas des présents? Et si nous restions dans le noir et reprenions notre liberté? Vous avez la permission d'être frugal en cette saison, d’être une présence au lieu d'un présent, et de profiter de choses qui sont totalement gratuites.

5. Parlant de cadeaux. Quand arrive le dixième catalogue par courrier électronique, nos enfants se déchaînent et se croient autorisés à recevoir tout ce qu’ils veulent. Alors, on commence à se demander ce que nous avons fait de travers en tant que parents. Mais notre seule faute est d’avoir oublié. Nous sommes de grands enfants maintenant, avec des emplois et des chèques de paye, et si nous voulons quelque chose, nous pouvons habituellement trouver une façon de l'obtenir. Les enfants doivent attendre. Vous avez la permission de laisser vos enfants être des enfants. Vous avez la permission d'être un adulte qui a oublié ce que c'était, de vous rappeler que l'attente était souvent aussi amusante que le cadeau, et d'attendre les bonnes- choses-pas-encore-présentes avec anticipation au lieu de désespoir.

6. La nourriture. Soyons honnêtes, dans toute l'histoire de l'humanité, il n’y a jamais eu personne qui s’est réveillé en se disant : «mon but est de trop manger à répétition, constamment, pendant un mois». Nous valorisons la santé et la modération, mais pas la surconsommation. Pourtant, durant la période des fêtes, nous y succombons. Nous ne connaissons pas la paix, parce que ce sentiment de plénitude émerge quand ce que nous faisons est conforme à ce que nous pensons. Vous avez la permission de vivre selon les désirs de votre cœur – non pas de votre estomac – mais vous avez aussi la permission de tout gâcher parce que le chocolat a un goût de paradis, et puis de tout recommencer à chaque fois que le choix se présente.

7. Partys. C’est une saison pour se rassembler, être à son meilleur, et partir du bon pied. Mais, si nous sommes un peu fissurés sous la joyeuse façade, la foule heureuse peut devenir un lieu d'isolement. Vous avez la permission d'être honnête à propos de vos fissures jusqu'à ce que quelqu'un vous réponde : «Moi, aussi», puis de trouver un coin où jaser avec cette personne et ignorer tout le monde.

Photo : Bored Panda. Aujourd’hui / hier, «La vie américaine, par Norman Rockwell». 

8. L'énergie est contagieuse. Avez-vous déjà été dans un centre commercial durant les dernières heures de shopping de la saison des achats, ou attendu dans une longue file avec des enfant fatigués et affamés pour voir Santa, ou attendu au comptoir de bouffe rapide pour vous faire dire qu’il n’y avait plus ce que les enfants veulent? L'énergie négative est un malaise qui se propage rapidement. Il y a quelques anges parmi nous qui peuvent transformer cette énergie négative en amour. Vous avez la permission de ne pas en être un. Vous avez la permission d'en être un, la permission de sourire au regard sombre d’un inconnu, d’acheter un café à l’impatient derrière vous, de vous rappeler que la commis du magasin travaille en temps supplémentaire pour des peanuts, et de lui donner un cadeau, même si c’est aussi petit que l’appeler par son nom.

Vous avez la permission d'être le meilleur et le pire de l'humanité, de vous sentir minable, et de vous sentir heureux parce que vous être vous-même. Tous.

   Joyeuse saison merdique! de la part d’un psychologue de bureau

12 décembre 2021

On trouve encore de la beauté

Généralement, elle n’a pas été créée par des humains! La notion de beauté est très flexible et subjective. Cependant certaines choses obtiennent l'approbation générale : je n'ai jamais entendu personne dire que les autores boréales, c'était moche... 

Kamouraska, Bas-St-Laurent © FredPéron Aurora Photography

Des aurores boréales dans le sud du Québec?

Par Frédéric Péron, le 21 mars 2018

On peut admirer ce phénomène toute l’année, dans le sud du Québec. Et partout au Québec! Si l’intensité des aurores est suffisante, les meilleurs sites d’observation sont loin des villes et des sources de pollution lumineuse. À moins de trois heures de Montréal, on trouve déjà des zones très intéressantes, comme les environs de Sutton, en voie d’être qualifiée de réserve de ciel étoilé; la région du Mont Mégantic (première réserve internationale de ciel étoilé au monde); les parcs nationaux, comme celui du Mont-Tremblant; ou les réserves fauniques, comme celle de la Vérendrye.

Lac Taureau, Lanaudière © FredPéron Aurora Photography

Petit guide du chasseur d’aurores boréales dans le sud du Québec

• Connaître le phénomène.
• Savoir lire les données et les prévisions (Solarham, Spaceweatherlive) et les comprendre.

• Surveiller les prévisions à moyen terme de l’indice Kp, elles seront très utiles pour repérer de futurs et éventuels sites d’observation.

• Consulter les prévisions météo pour cibler les régions avec un ciel dégagé, et surveiller éventuellement les conditions routières (après une tempête hivernale).

• Surveiller l’état de la lune : si elle est pleine, elle nuira beaucoup à l’observation, et il faudra donc prévoir une chasse uniquement si les conditions géomagnétiques sont très intéressantes.

• S’éloigner des sources de pollution lumineuse (consulter par exemple Astrometeo.ca).

• Savoir s’orienter pour trouver une vue dégagée vers le nord.

• Garder patience, même s’il n’y a pas d’aurore ou si elle diminue d’intensité. Il faut donc être prévoyant (porter des vêtements adéquats, apporter des boissons chaudes et de la nourriture…)

• Persévérer et multiplier les sorties dès que les données sont intéressantes, même après dix essais infructueux.

• Croiser les doigts pour un Bz négatif pendant une longue période!

Article intégral :

https://www.espaces.ca/articles/activites/autres-activites/observation-de-la-nature/2784-des-aurores-boreales-dans-le-sud-du-quebec

Bio

L’astrophotographe amateur Frédéric Péron s’intéresse depuis toujours à l’astronomie et à tout ce qui se passe au-dessus de nos têtes, la nuit. Chasseur d’aurores boréales passionné, il a eu le déclic pour la photographie de ce phénomène lors d’un voyage en Islande, en 2013. Depuis, il a photographié une bonne centaine d’aurores boréales à travers l’Islande et tout le Canada, de la Gaspésie au Yukon en passant par le sud du Québec. On peut consulter ses images répertoriées chronologiquement sur sa page facebook FredPéron Aurora Photography.

1 décembre 2021

Procès de Ghislaine Maxwell, la co-proxénète de Jeffrey Epstein

Je me souviens d’un article où l’on soupçonnait les prédateurs sexuels Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell d’utiliser leur réseau de prostitution juvénile pour faire chanter leurs richissimes clients pédophiles. Une allégation non négligeable car dans les résidences des comparses, tout était filmé - des vidéos qui valent des millions on s'en doute... Prison à vie, même si elle hyper riche? À suivre.

Pas très «glam» la proxénète après quelque 17 mois de prison... Photo : Reuters / JANE ROSENBERG, illustration de tribunal.

Rien ne laissait présager la chute brutale vécue par Ghislaine Maxwell. Elle est le pur produit de la haute société britannique, fille adorée d’un magnat de la presse, Robert Maxwell, reconnu comme un mégalomane cruel et violent, mort dans des circonstances nébuleuses en 1991 alors que son empire s’effondrait.

À 59 ans, Ghislaine Maxwell n’a rien du parcours qu’on imagine d’une délinquante sexuelle. Diplômée d’Oxford, mondaine et sophistiquée, elle avait un carnet d’adresses qui incluait les Clinton et des membres de la famille royale. Pourtant, depuis le 2 juillet 2020, elle croupit dans une prison de Brooklyn, en attente d’un procès pour six chefs d’accusation de crimes sexuels concernant quatre victimes adolescentes.

Elle aurait formé un duo infernal avec le richissime financier new-yorkais Jeffrey Epstein, qui avait été accusé de trafic sexuel un mois avant sa mort, pour l’aider à piéger des adolescentes dans des parcs et devant des écoles, notamment.

L’arrestation de ces personnes riches et puissantes constitue une charnière dans le mouvement de dénonciations #MoiAussi.

Ghislaine Maxwell gagnait leur confiance, selon la poursuite, "en posant des questions aux victimes sur leur vie, leur école et leur famille". Elle les emmenait magasiner et au cinéma. Elle se déshabillait devant elles, parlait de sexualité, comme pour "normaliser" les agressions sexuelles. Elle aurait assisté à des agressions sexuelles pour que les victimes se sentent plus "à l’aise parce qu’une femme adulte était présente".

Ghislaine Maxwell aurait de plus elle-même "participé aux agressions sexuelles" de certaines mineures.

Depuis son arrestation dans une luxueuse villa de Bradford, dans le New Hampshire, le 2 juillet 2020, Ghislaine Maxwell multiplie en vain les requêtes afin d’être libérée en échange d’une caution de près de 30 millions de dollars.

La dernière offensive de sa famille a été d'interpeller des experts de l’Organisation des Nations unies en dénonçant les traitements "indignes et dégradants" qu’elle subirait derrière les barreaux depuis 17 mois : cellule insalubre, nourriture avariée, agents correctionnels voyeurs. Malgré de nombreux arguments, ses demandes de libération ont toutes été rejetées, étant donné le risque de fuite de la femme, qui compte trois nationalités.

La Britannique nie avoir participé à quelque stratagème que ce soit pour permettre à Jeffrey Epstein d’agresser sexuellement des adolescentes.

"Ce sera très difficile, je crois, mais elle va essayer de dire que c’était entièrement la faute d'Epstein", estime le criminaliste new-yorkais Matthew J. Galluzzo, qui explique que Ghislaine Maxwell se plaint d’être "sacrifiée" dans un procès qui vise en fait à punir Jeffrey Epstein.

Selon l’avocat, le procès sera suivi de très près sur le plan international en raison des personnalités connues qui pourraient être mentionnées dans les témoignages des plaignantes. "Maxwell avait des amis très puissants, très connus. C’est très possible qu’on ait de l’information au sujet de Bill Clinton, du prince Andrew et des autres amis d’Epstein".

Article intégral :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1843395/proces-ghislaine-maxwell-epstein-agression-sexuelle