On aimerait
servir à Poutine, ce despote rusé, perfide, dépourvu de sens moral,
d'honnêteté, d'intégrité et d'humanisme, ses poisons préférés. Quelqu'un pourrait-il
mettre dans sa tasse de thé une dose de Novitchok ou de polonium 210, de ricine
ou de dioxine comme il en a servi à ses opposants? Mais, je suppose que comme
Cléopâtre, le parano dispose de "goûteurs/détecteurs".
Je refuse d'imaginer
le sort de la productrice / journaliste Marina Ovsiannikova qui a osé contester
le régime de Poutine au journal télévisé de la chaîne d'État Pervy Kanal et
diffuser une vidéo justifiant son geste sur Internet. Il faut vraiment être
exaspéré pour défier Poutine et risquer 15 ans d'emprisonnement dans un goulag.
Les Ukrainiens
continuent de fuir en masse les zones de combat. Au total, près de 3 millions
de personnes, incluant femmes, enfants et personnes âgées ont fui et trouvé
refuge en Pologne, Roumanie, Hongrie et Moldavie depuis le début de l'invasion.
Au 15 mars, on estimait que 1,4 million
d'enfants avaient fui; ces enfants sont soumis au risque significatif de
séparation, de violences, d'exploitation sexuelle et de trafic selon l'ONU.
Photo : Human Rights
Watch
[...] si tout homme avait la possibilité
d'assassiner clandestinement et à distance, l'humanité disparaîtrait en
quelques minutes. ~ Milan Kundera (La
valse aux adieux)
Voilà ce que
Poutine essaie de faire avec les Ukrainiens…
Ce pervers utilise
des armes à sous-munitions. Cette
arme est par nature indiscriminée, c’est à dire qu’elle ne fait pas la
distinction entre combattants et civils. Une bombe à sous-munitions se présente
comme un gros conteneur largué le plus souvent par avion. Une fois en l’air, ce
conteneur s’ouvre et disperse des centaines de petites bombes qu’on appelle des
«sous-munitions». Les bombes à sous-munitions n’ont donc aucune précision. Leur
rayon d’impact peut équivaloir à un terrain de football. Si vous visez un
entrepôt militaire, vous toucherez inévitablement les habitations alentour.
Cette imprécision les rend particulièrement dangereuses pour les civils. C’est
inacceptable. 98% des victimes d'armes à sous-munitions enregistrées en 2016 étaient
des civils. Ces armes tuent, blessent, mutilent et causent de graves
traumatismes psychologiques. Jusqu'à 40% des sous-munitions n'explosent pas à
l'impact, rendant inhabitables des zones entières, empêchant le retour d'une
vie sociale et économique normale et faisant de nombreux déplacés. Ces restes
explosifs constituent une menace pour les civils des décennies après la fin
d'un conflit. Les armes à sous-munitions sont interdites depuis 2010, avec
l’entrée en vigueur de la Convention d’Oslo qui en interdit l’utilisation. Le secteur
de l'armement n'est pas très transparent. 16 États (Brésil, Chine, Corée du
Nord, Corée du Sud, Égypte, États-Unis, Grèce, Inde, Iran, Israël, Pakistan,
Pologne, Roumanie, Russie, Singapour, Turquie) sont suspectés de continuer à
produire des sous-munitions ou se réservent le droit d’en produire dans le
futur. Le manque de transparence et de données ne permet pas d’établir si ces
pays en ont produit récemment.
Comment ça
marche
Ukraine : des vidéos prouvent
l'utilisation d'armes à sous-munitions en zone civile
Le Monde https://www.youtube.com/watch?v=mX2xTdDdTEU
À sa mort, une place VIP attend Vladimir
Poutine en enfer, là où le Diable est un personnage positif!
_____
David Remnick,
du journal The New Yorker, s'est entretenu avec l'écrivain Stephen Kotkin, célèbre spécialiste de l'histoire russe (11 mars
2022).
Quelques passages,
juste pour donner une idée (préférable de lire l'article intégralement en
anglais)
Les sanctions
sont une arme que vous utilisez lorsque vous ne voulez pas mener une guerre
chaude parce que vous êtes face à une puissance nucléaire. C'est une chose de
bombarder des pays du Moyen-Orient qui n'ont pas d'armes nucléaires, c'en est
une autre d'envisager de bombarder la Russie ou la Chine à l'ère nucléaire. Il
est compréhensible que les sanctions économiques, y compris les plus
puissantes, soient les outils que nous utilisons.
La Russie
dispose d'un grand nombre d'armes qu'elle n'a pas encore utilisées, mais il y a
plusieurs facteurs à prendre en compte. Tout d'abord, l'Ukraine ne gagne cette
guerre que sur Twitter, pas sur le champ de bataille. Ils ne sont pas en train
de gagner cette guerre. La Russie progresse très bien dans le sud, qui est un
endroit extrêmement précieux en raison du littoral de la mer Noire et des
ports. Ils avancent à l'est. Si les avancées du sud et de l'est se rejoignent,
elles encercleront et couperont les principales forces de l'armée ukrainienne.
Ce qui a échoué jusqu'à présent, c'est la tentative russe de prendre Kiev dans
une avancée fulgurante. Sinon, leur guerre se déroule bien. Cela ne fait que
quelques semaines; les guerres durent beaucoup plus longtemps.
Mais voici
quelques considérations : après trois ou quatre semaines de guerre, vous avez
besoin d'une pause stratégique. Vous devez remettre en état vos blindés,
réapprovisionner vos dépôts de munitions et de carburant, réparer vos avions.
Vous devez faire venir des réserves. Il y a toujours une pause planifiée après
environ trois ou quatre semaines.
Si Kiev peut
tenir pendant cette pause, alors potentiellement elle pourrait tenir plus
longtemps, parce qu'elle peut être réapprovisionnée pendant que les Russes sont
réapprovisionnés pendant leur pause. En outre, la considération la plus
importante est que la Russie ne peut pas réussir à occuper l'Ukraine. Elle n'a
pas l'ampleur des forces en présence. Ils n'ont pas le nombre d'administrateurs
dont ils auraient besoin ni la coopération de la population.
Pensez à tous
ces Ukrainiens qui continueraient à résister. Les nazis sont entrés dans Kiev,
en 1940. Ils ont pris tous les hôtels de luxe, mais quelques jours plus tard,
ces hôtels ont commencé à exploser. Ils étaient piégés. Si vous êtes un
administrateur ou un officier militaire dans l'Ukraine occupée et que vous
commandez une tasse de thé, allez-vous boire cette tasse de thé? Allez-vous
mettre le contact dans votre voiture? Allez-vous allumer la lumière dans votre
bureau? Il suffit d'une poignée d'assassinats pour déstabiliser toute
l'occupation.
‒ Sous Poutine, y a-t-il une possibilité
de coup d'État?
Il y a toujours
une possibilité de coup d'État. Il y a deux problèmes ici. La première est que
[l'Occident] fait des heures supplémentaires pour inciter à la défection. Nous
voulons qu'un haut responsable de la sécurité ou un officier militaire prenne
un avion pour Helsinki, Bruxelles ou Varsovie et tienne une conférence de
presse pour dire : "Je suis le général Untel, j'ai travaillé sous le
régime de Poutine et je m'oppose à cette guerre et à ce régime. Et voici à quoi
ressemble l'intérieur de ce régime".
Dans le même
temps, Poutine fait des heures supplémentaires pour empêcher toute défection de
ce type, tandis que nos services de renseignement font des heures
supplémentaires pour inciter à une telle défection ‒ non pas de personnalités
culturelles, ni d'anciens politiciens, mais de responsables actuels de la
sécurité et de l'armée au sein du régime.
Poutine s'entoure volontairement de
personnes qui ne sont peut-être pas les outils les plus affûtés du tiroir. [...] Cela fait deux choses. Cela lui permet de se sentir plus sûr,
malgré toute sa paranoïa, qu'ils ne sont pas assez intelligents pour le faire
tomber. [...] La sélection négative protège le leader, mais elle sape aussi
son régime. Mais, encore une fois, nous n'avons aucune idée de ce qui se passe
à l'intérieur. [...] Poutine fait semblant d'être fou afin de nous effrayer et
d'avoir un effet de levier.
‒ Pensez-vous que c'est le cas avec
cette menace nucléaire?
Je pense qu'il
n'y a aucun doute que c'est ce qu'il essaie de faire. Le problème est que nous
ne pouvons pas supposer que c'est du bluff. Nous ne pouvons pas supposer qu'il
s'agit d'une posture de fou, car il en a la capacité; il peut appuyer sur le
bouton.
‒ [...] Les États-Unis et l'OTAN
peuvent-ils aider à construire un moyen pour la Russie de mettre fin à cette
invasion horrible et meurtrière avant qu'elle ne s'aggrave encore?
Nous avons
quelques options ici. L'une d'elles consiste à faire voler en éclats l'Ukraine
: si je ne peux pas l'avoir, personne ne
peut l'avoir, et il fait à l'Ukraine ce qu'il a fait à Grozny ou à la
Syrie. Ce serait un résultat incroyable et tragique. C'est la voie sur laquelle
nous sommes maintenant.
Même si les
Ukrainiens réussissent dans leur insurrection, dans leur résistance, il y aura
d'innombrables morts et destructions. Nous devons trouver un moyen d'éviter ce
genre d'issue. Cela signifierait catalyser un processus visant à engager
Poutine dans une discussion avec, disons, le président de la Finlande, qu'il
respecte et connaît bien, ou le Premier ministre israélien, qui a été en
contact avec lui; moins probablement, avec les dirigeants chinois, avec Xi
Jinping. [...]
Il y a une
pression de notre côté pour "faire quelque chose" parce que les
Ukrainiens meurent chaque jour alors que nous restons sur la touche,
militairement, d'une certaine manière. (Bien que, comme je l'ai dit, nous leur
fournissions des armes, et nous faisons beaucoup dans le domaine de la
cybernétique). La pression est forte pour être maximaliste de notre côté, mais
plus vous les acculez, plus il n'y a rien à perdre pour Poutine, plus il peut
faire monter les enchères, malheureusement. Il dispose de nombreux outils qu'il
n'a pas utilisés et qui peuvent nous nuire. Nous avons besoin d'une désescalade
de la spirale maximaliste, et nous avons besoin d'un peu de chance et de bonne
fortune, peut-être à Moscou, peut-être à Helsinki ou à Jérusalem, peut-être à
Pékin, mais certainement à Kiev.
https://www.newyorker.com/news/q-and-a/stephen-kotkin-putin-russia-ukraine-stalin?fbclid=IwAR3o2ZLhLcuTSCTrwLWYBekRj-MdrTRtn9WSNKEji4c3gR5kKqZ4mGlWAzM